COP21 : l’engagement des nouveaux acteurs

Actualisé le 18.02.2016

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L’Accord de Paris a invité les villes, les territoires, les entreprises, les citoyens en général à poursuivre leurs efforts pour limiter les émissions de gaz à (GES) et donc contenir le . Il officialise ainsi un mouvement né il y a quelques années et susceptible de jouer un rôle considérable, aux côtés des États.

COP21 : l’engagement des nouveaux acteurs

Le Sommet de Paris a formellement salué l’action des entités non étatiques, marquant ainsi solennellement l’entrée des territoires, des entreprises, des institutions financières, des associations de citoyens dans le champ de l’action climatique. Dans la décision de la , ces entités sont invitées à « amplifier leurs efforts ». Le Sommet souligne en particulier leur rôle dans la tarification du carbone

Un site des Nations unies (la plateforme NAZCA)1 recense déjà ce type d’actions, qui fait partie de l’« Agenda des solutions » promu par la présidence française de la COP21. En janvier 2016, plus de 2 250 villes, 150 régions et plus de 2 000 entreprises avaient publié leurs engagements. Cette plateforme sera développée pour l’échange des données d’expérience et la mise en commun des meilleures pratiques.

Les grandes villes en première ligne

Fortes de leur pouvoir sur les transports, l’habitat, le traitement de l’eau et des déchets, les grandes villes du monde se sont organisées et ont engagé les actions les plus visibles. Elles sont souvent conduites par des personnalités médiatiques : Arnold Schwarzenegger, l'ex-gouverneur de la Californie, a fondé R20 Regions of Climate Action et l’ex-maire de New York, Michael Bloomberg, C40 Cities.

L’ONU encourage les initiatives locales en faveur du climat et les liste dans l’ « Agenda des solutions ».

L’implication croissante des entreprises

En mai 2015, le Business & Climate Summit a réuni à Paris 25 associations patronales, regroupant six millions d’entreprises dans 130 pays, pour discuter de la question climatique. Les grandes entreprises mondiales s’y sont retrouvées pour demander entre autres une tarification du carbone, même si ses modalités restent à définir.

En octobre 2015, les dirigeants de 10 des plus grandes compagnies pétrolières et gazières mondiales, réunis au sein de l’Oil and Gas Climate Initiative (OGCI), ont adopté une déclaration commune sans précédent, s’affirmant « prêts à jouer leur rôle » pour contenir le réchauffement climatique à 2 °C2. Sans fixer d’objectifs chiffrés, elles prévoient des investissements significatifs dans le gaz naturel (deux fois moins émetteur que le charbon), le captage et le stockage de CO2 (CSC), les , ainsi que dans la R&D afin de réduire les émissions de . Six majors européennes avaient même été plus loin à l’été 2015 en prônant des mécanismes de tarification du carbone3. Donner un « prix » au carbone entrainera certes un surcoût pour les opérations et produits de la plupart des sociétés, mais elles y voient un avantage majeur : une meilleure visibilité pour leurs futurs investissements.

A titre individuel, un nombre grandissant de grands groupes et d’entreprises de taille intermédiaire annoncent des plans destinés à réduire leur . Autrefois accusées de greenwashing, c’est-à-dire d’opérations essentiellement marketing, elles incorporent aujourd’hui la question climatique dans leur stratégie globale.

Dans le monde de la finance, certains fonds d’investissement ont commencé à moduler leurs opérations en fonction de leur impact sur les émissions de GES. Selon une étude du cabinet américain Arabella, 436 institutions et 2 040 investisseurs, représentant 2 600 milliards de dollars d’actifs, ont annoncé leur intention de se retirer des investissements dans les énergies fossiles, et en particulier du charbon.

6 millions :
le nombre d’entreprises présentes ou représentées lors du Business and Climate Summit sur le climat en mai 2015.

Les territoires mondiaux

De nombreuses régions mondiales, à un niveau infra-étatique, ont elles aussi engagé des actions destinées à limiter leurs émissions. L’initiative la plus spectaculaire est venue de Californie qui, avec d’autres États américains, a mis en place la Western Climate Initiative (WCI) aboutissant notamment à la mise en place de marchés régionaux du carbone. La WCI s’est étendue aux provinces canadiennes du Québec et de l’Ontario, sans passer par un accord bilatéral entre les États-Unis et le Canada.

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