Les pays émergents : un besoin croissant d’énergie

Actualisé le 08.12.2023

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Histoire, géographie et géopolitique

La croissance de la demande mondiale d’énergie n’est plus portée par les pays développés, dit l’ , mais par les pays émergents comme la Chine, l’Inde et le Brésil, et demain l’Afrique. Le recours aux y occupe une part importante.

Les pays émergents : un besoin croissant d’énergie

Selon le scénario moyen de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande mondiale en énergie primaire va croître de 37 % d’ici 2040. Pour les deux-tiers environ, cette croissance de la demande sera tirée par les pays hors OCDE : d’abord par la Chine jusqu’au milieu des années 2020, puis par l’Inde qui prendra le relais à partir de 2025. Dans l’Afrique subsaharienne, la demande en énergie devrait croître de 80 % d’ici 2040, poussée notamment par la forte augmentation de la population, qui doublera à près de 1,8 milliard d’habitants.

Et pourtant, malgré cette croissance forte, l’énergie consommée par habitant dans les pays hors OCDE sera encore bien en dessous de ce qu’elle était dans les années 1970 dans les pays développés (à niveau comparable de PIB par habitant).1

Électricité : grands réseaux et solutions locales

L’électrification passe à la fois par des solutions centralisées et massives et des solutions localisées, fondées sur des micro-réseaux ou des solutions autonomes.

Par exemple, l’Éthiopie bâtit sur le Nil bleu un barrage hydroélectrique qui sera le plus grand en Afrique. Au Vietnam, le gouvernement a augmenté de 20 fois en 35 ans l’accès à l’ par une politique volontariste d’industrialisation. Plusieurs pays asiatiques et africains, comme l’Afrique du sud, misent aussi sur le nucléaire.

Dans l’Afrique subsaharienne, la demande en énergie devrait croître de 80 % d’ici 2040.

Dans le même temps, le développement du solaire photovoltaïque et les progrès techniques en matière d’utilisation de la permet des solutions décentralisées et autonomes. Cette double approche a notamment été mise en œuvre au Kenya, pays engagé dans un vaste programme : il s’agit d’une part d’étendre les réseaux électriques à partir des grandes villes vers les zones rurales proches, d’autre part de développer des systèmes locaux dans les zones excentrées, alimentés par utilisation de la biomasse, de la micro-hydraulique, du solaire photovoltaïque, de la ou des carburants classiques comme le .

Ces efforts pour le transport de l’énergie à longue distance et pour les solutions décentralisées sont appuyés par la Banque mondiale.

L’accent mis sur les renouvelables

Pour l’Organisation des Nations unies (ONU), les progrès en matière d’accès à l’énergie doivent être l’occasion de faire progresser l’effort général pour la réduction des émissions de gaz à , donc contre le . L’ONU souhaite qu’ils contribuent à doubler à la fois le taux global d’ et la part des énergies renouvelables dans le mix mondial.

Dans leur quête de toutes les sources possibles d’énergie – gaz et nucléaire compris – pour alimenter leur développement, les pays émergents sont actifs dans le déploiement des énergies renouvelables. En Afrique subsaharienne, les renouvelables, y compris l’hydraulique, devraient assurer la moitié de la croissance de la capacité électrique, qui devrait quadrupler d’ici 2040. Chine et Inde ont placé en avant l’éolien et le photovoltaïque et le Brésil favorise l'énergie hydroélectrique et la biomasse (déchets organiques, biocarburants, etc.). 

Le défi de l’urbanisation

Les pays en développement, qui comportent tous une forte population rurale, sont confrontés à une urbanisation rapide, d’ailleurs générale dans le monde entier. Selon un rapport de l’ONU, 2,5 milliards de personnes supplémentaires devraient vivre dans les zones urbaines d’ici 2050, portant à 66 % leur part de la population mondiale (contre 54 % aujourd’hui). Cet exode rural touchera en priorité l’Inde, la Chine et le Nigeria.

66 % :
la part de la population urbaine en 2050

Les grandes métropoles mondiales vont croître mais le phénomène le plus nouveau sera la multiplication des villes petites et moyennes, selon l’ONU2. La vie urbaine suppose une forte intensité énergétique : dans le monde développé, 1 megahabitant = 1 gigawatt, c’est-à-dire qu’il faut 1 milliard de watts pour 1 million d’habitants. La concentration urbaine permet en revanche, toujours dans le monde développé, une meilleure efficacité énergétique qu’un étalement des populations dans l’espace. À condition bien sûr que l’urbanisme soit maîtrisé. Dans les pays développés, les infrastructures précèdent (en principe) les mouvements de population, dans les pays en développement elles courent derrière la croissance de la ville.

Économie et politiques énergétiques

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