Le Golfe et l'énergie en 12 images : pétrole, gaz, renouvelables et hydrogène

Actualisé le 26.02.2026

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Collège Lycée
Histoire, géographie et géopolitique
Le Golfe et l'énergie

1. La grande région du pétrole et du gaz

Le Golfe (appellation préférée à Golfe persique ou arabique pour ne pas froisser les susceptibilités régionales) est la région du monde où les hydrocarbures sont à la fois les plus abondants et les plus faciles à extraire. L’Arabie Saoudite est, avec la Russie et les États-Unis, dans le trio de tête des producteurs de pétrole. Le Qatar et l’Iran disposent des plus grandes réserves de gaz, avec la Russie. Le Koweït, l'Irak, les Émirats Arabes Unis. Bahreïn, Oman sont également riches en hydrocarbures. Sur la photo, les installations du   géant de Shayba en Arabie Saoudite.

2. Au cœur de la géopolitique mondiale

Tout au long du XX siècle, le pétrole a été un enjeu majeur de pouvoir. Le 14 septembre 1960, lors d’une conférence à Bagdad (photo) , l’Arabie Saoudite, le Koweït, l’Irak, l’Iran et le Venezuela créent l’ . Il s’agissait, dans un contexte de baisse des prix mondiaux, de réduire le pouvoir des « majors », les grandes compagnies internationales de pétrole qui contrôlaient alors 90 % de la production pétrolière.  

En 2025, l’OPEP regroupe 13 pays membres, tandis que l’OPEP+ en réunit 10 autres, avec lesquels elle coordonne régulièrement sa politique de production. 

Guerre du Koweit

3. Une sécurité souvent menacée

Les enjeux énergétiques et les rivalités régionales ont débouché sur de nombreux conflits : la guerre Iran-Irak (1980-88), la guerre du Koweït (1990-91), l’invasion de l’Irak par les États-Unis et leurs alliés (2003), les tensions avec l’Iran (2025-2026). Une des images les plus symboliques de ces conflits est l’incendie des puits de pétrole du sud du Koweït en mars 1991 (date de la photo). En se retirant après sept mois d’occupation, les troupes irakiennes détruisirent 727 puits, provoquant de graves pollutions atmosphériques, terrestres et marines. 

Pétrolier Golden Energy, port de Ras Laffan

4. Les débouchés stratégiques sur le Golfe

Le   extrait de la péninsule arabique est transporté par pipelines vers le Golfe et également vers la Mer Rouge et la Méditerranée, via la Jordanie et la Syrie, d’où il sera exporté vers les différents marchés du monde. Le Golfe assure 30 % du commerce mondial du pétrole. Les terminaux pétroliers et gaziers ont donc une importance majeure. Ici, le pétrolier Golden Energy dans le port de Ras Laffan au Qatar. En d’autres points, des îles artificielles ont été créées pour favoriser l’accostage des tankers de tous les pays. 

detroit d'ormuz

5. Des détroits sous surveillance

Cette importance stratégique fait que le Golfe est l’objet d’une surveillance permanente, notamment par les forces navales américaines. Cela d’autant plus que l’accès du Golfe est assuré par un détroit de 63 km, le détroit d’Ormuz, entre l’Iran et le sultanat d’Oman, par où passent plus de 2 000 pétroliers par an. Plus au sud, un autre détroit, celui de Bab-El-Mandeb, entre la péninsule arabique et l’Afrique, est également essentiel à la libre circulation du pétrole.  

Raffinerie de Jubail

6. Des infrastructures géantes

L’Arabie Saoudite dispose sur le Golfe de très importantes infrastructures portuaires de  , de   de gaz et d'exportation, notamment à Ras Tanura, Ras Juaymah et Jubail. La  de Jubail (photo) est l’une des plus grandes au monde. Mise en service en 2013, elle peut atteindre une capacité de raffinage de 400 000 barils par jour et occupe l’équivalent de 700 terrains de football.

Raffinerie de Jubail

7. Des capacités de stockage pour le pétrole

Le niveau très élevé des quantités de pétrole brut traité et exporté conduit à de vastes unités de stockage. De grands bacs sont destinés à recevoir le pétrole brut. Sur la photo, des opérations de maintenance sont en cours au fond de l’un d’eux dans l’enceinte de la raffinerie de Jubail. Pour éviter d'éventuelles fuites, l’état des cuves et leur degré de  sont régulièrement vérifiés.

Raffinerie de Jubail

8. Capacités de stockage aussi pour le gaz

Sur la photo, à la raffinerie de Jubail, les cuves de stockage de gaz de pétrole liquéfié (GPL) sont à demi enfouies dans le sable. Le GPL est un mélange d'hydrocarbures légers, essentiellement du propane et du butane. Stocké à l'état liquide, il est issu du raffinage du pétrole pour 40 % et du traitement du gaz naturel pour 60 %.

Ras Laffan

9. Les filières de transformation du Qatar

Bénéficiant de près des deux tiers du grand gisement gazier du Golfe (appelé de ce côté North Field ou North Dome), le Qatar est devenu un géant du secteur. Le pays s’est doté de puissantes unités de liquéfaction de gaz, dans la nouvelle ville industrielle de Ras Laffan (photo). Selon un processus peu répandu dans le monde, le gaz y est également transformé en hydrocarbures liquides (essence et  ). 

Îles artificielles de la "Palm Jumeirah", Dubaï

10. Des besoins croissants en énergie

La consommation d’énergie des pays du Golfe a connu depuis l’an 2000 un rythme de croissance plus fort qu’en Chine ou en Inde. À cela, plusieurs raisons : l’essor démographique, les besoins de l’industrie, le dessalement de l’eau de mer et le développement exponentiel de villes ultra-modernes qui veulent attirer les investisseurs du monde entier. Le quart de la production d’hydrocarbures de la région est consommé localement. Sur la photo, les îles artificielles de la "Palm Jumeirah" de Dubai.

Shams 1

11. Des hydrocarbures aux énergies renouvelables ?

La croissance des besoins énergétiques pousse les pays du Golfe à développer leurs capacités en  , notamment le solaire. Sur la photo, l’un des plus grands parcs solaires de la région, Shams 1, a été construit  près d’Abou Dhabi (100 MW, 258 000 miroirs paraboliques sur un espace de 2,5 km2). 

Parallèlement, les monarchies du Golfe investissent massivement dans la production d’ vert. Celui-ci, fabriqué à partir d' renouvelable, est un utilisable de multiples manières, peu polluant et peu émetteur de gaz à . Les Etats du Golfe ambitionnent d’en devenir des acteurs majeurs.

Voitures électriques, Masdar City

12. L’ambition d’être un laboratoire mondial

Plusieurs pays du Golfe se veulent à la pointe de l’innovation, bénéficiant pour cela de leurs grandes capacités d’investissements. Les Émirats Arabes Unis ont construit dans le désert, à 30 km d’Abou Dhabi, la ville-pilote de Masdar City, conçue comme une « Silicon Valley de l’énergie ». Elle abrite notamment l’Agence internationale des énergies renouvelables (IRENA). Son réseau de transports en commun teste les voitures électriques à conduite autonome (photo).