Brésil, un colosse énergétique parfois fragile

Actualisé le 02.03.2026

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Collège Lycée
Histoire, géographie et géopolitique
Gros plan détaillé du globe terrestre représentant l'Amérique du Sud

1. Un colosse énergétique, une forêt primaire fragile

Des barrages hydrauliques parmi les plus puissants du monde, des gisements d’hydrocarbures prometteurs, une longue expérience dans le nucléaire : le Brésil a d’énormes ressources énergétiques.

Mais le pays doit aussi concilier ce développement avec la protection de la forêt amazonienne, un écosystème majeur aujourd’hui sous pression du et de la déforestation.

1. Le barrage de « la pierre qui chante »

2. Le barrage de « La pierre qui chante »

Construit entre 1975 et 1982 sur le Rio Paraná, à la frontière entre le Brésil et le Paraguay, le barrage d'Itaipu (« La pierre qui chante » en langue guarani) est le 2e au monde en (14 000 MW au maximum, soit plus de 10 réacteurs nucléaires), derrière le barrage des Trois Gorges en Chine.

Il est le symbole de la hydroélectrique du Brésil, qui assure plus des trois quarts de l’ du pays.

3. 40 ans de controverses

3. Le barrage du Belo Monte : 40 ans de controverses

Le Belo Monte, en pleine forêt amazonienne, sur le Rio Xingu, est le 4e plus grand du monde (11 000 MW). Projet emblématique, il cumule dépassements de coûts, performances réduites en raison de l’irrégularité du fleuve et critiques des peuples amazoniens.

Ceux-ci lui reprochent de fragiliser les écosystèmes de la forêt primaire et d’obliger de nombreuses tribus locales à changer de mode de vie. Ici, une manifestation à Brasilia des Indiens Munduruku.

5. Un éolien au fort potentiel

4. Éolien et solaire en rapide progression

Face aux difficultés de son parc hydroélectrique, le Brésil a entrepris de diversifier sa production d’électricité, notamment via l’éolien et le solaire. De multiples projets sont en cours, principalement dans la grande région pauvre du Nordeste, où les vents sont réguliers pendant la saison sèche (ici, à Fortaleza). L’ progresse aussi très rapidement depuis 2017 et a produit près de 10 % de l’électricité du pays en 2024.

Des représentants de sociétés pétrolières et gazières assistent à une vente aux enchères de blocs pétroliers organisée par l'Agence nationale du pétrole et du gaz (ANP) du Brésil.

5. Relance de l’exploitation pétrolière en Amazonie

En 2025, le Brésil a relancé l’exploitation de nouvelles réserves de pétrole dans la région amazonienne, y compris en offshore à plus de 500 km des côtes. 20 ans plus tôt, le président Lula da Silva avait déjà engagé l’exploitation des gisements pré-salifères (gisements situés sous de très épaisses couches de sel, à grande profondeur sous la mer). Sur la photo, une vente aux enchères de lots pétroliers , en juin 2025.

Un employé pilote un drone pour surveiller les fuites potentielles de méthane sur un FPSO au Brésil

6. Le Brésil : grands producteurs et exportateurs de pétrole

Grâce à ses gisements offshore, le Brésil fait désormais partie des dix premiers producteurs mondiaux de pétrole. Une part importante est exportée, notamment vers la Chine, via des FPSO — des unités flottantes qui extraient, traitent et stockent les hydrocarbures en mer. Ici, des employés d’un de TotalEnergies utilisent un drone pour détecter les fuites de méthane dans le bassin de Santos, au large de Rio de Janeiro.

6. Des réacteurs nucléaires en projet

7. Des réacteurs nucléaires en projet

Le Brésil, qui dispose d’importantes réserves de minerai d’ , s’est intéressé au nucléaire depuis 1959 avec la construction de plusieurs réacteurs de recherche. Deux réacteurs (Angra I et II) ont été construits à la fin des années 1970, à mi-chemin entre Rio et São Paulo (photo). Un 3e réacteur est en chantier sur le même site mais il a provoqué de nombreuses polémiques et ne devrait pas être opérationnel avant 2031.

11.La difficile reconversion des favellas

8. La difficile reconversion des favelas

Les grands travaux sont à la fois une chance et une menace pour ce qui constitue une image malheureuse du Brésil, les favelas. S’ils dopent l’activité économique, ils sont aussi à l’origine de nombreux déplacements de populations pauvres pas toujours relogées. L’alimentation en eau, en électricité, la gestion des déchets restent très difficile dans les favelas.

13. La canne à sucre, richesse du Brésil

9. La canne à sucre, richesse du Brésil

Le Brésil est le premier producteur mondial de sucre. La canne sert aussi à fabriquer des biocarburants et de nombreuses molécules utilisées dans la chimie ou les cosmétiques. Son résidu fibreux, la bagasse, est un très répandu dans le pays (photo).

14.Vers l’éthanol de 2e génération

14. Vers l’éthanol de 2e génération

Dans les années 1970, en pleine crise mondiale du pétrole, le Brésil a lancé une filière sucrière destinée à la production d’éthanol. Depuis, ce secteur s’est fortement développé et reste aujourd’hui un pilier de la du pays. En 2026, plus de la moitié du parc automobile brésilien continue de rouler grâce à l’éthanol ou aux carburants flex-fuel. Le pays accélère sur l’éthanol de 2ᵉ génération, obtenu à partir des résidus non alimentaires de la plante, afin de limiter la pression sur les terres agricoles. L’usine de Piracicaba, près de São Paulo, fait partie des sites engagés dans ces innovations technologiques.

15. La déforestation reste une menace

11. La déforestation de la région amazonienne menace le “poumon de la planète”

Par l’étendue et la densité de sa végétation, l’Amazonie est ce qu’on appelle un « puits de carbone » qui absorbe le et le stocke dans ses sols. Mais les pratiques agricoles et les exploitations minières favorisent la déforestation. Jusqu’aux années 1990, la forêt amazonienne absorbait jusqu’à 5 % des émissions mondiales de . Mais cette capacité d’absorption s’est fortement réduite au point que certaines études considèrent que l’Amazonie tend à devenir « neutre », émettant autant de CO2 qu’elle n’en capte.