La production offshore de pétrole et de gaz
Lecture 5 min
La production de pétrole et de gaz , c’est-à-dire « en mer », est devenue un élément incontournable de l’approvisionnement énergétique mondial. Elle implique des technologies toujours plus avancées et une attention croissante aux impacts environnementaux.
© SORDOILLET PATRICK - TotalEnergies - La plateforme PARAGON L1115 à une centaine de kilomètres des côtes du Qatar.
La production offshore correspond en 2024 à 30 % de la production mondiale de pétrole et 32 % de la production de gaz. Ces pourcentages sont restés stables depuis le début du XXIe siècle, malgré le fort développement des hydrocarbures non conventionnels comme les et les hydrocarbures de schiste. Cette importance de l’offshore devrait se maintenir : on estime qu’il représente 20 % réserves mondiales de pétrole et 30 % de celles de gaz
Les principales contraintes sont économiques et environnementales.. Malgré les avancées technologiques, les coûts d’exploration, de construction des plateformes et navires spécialisés, de
et d’évacuation des hydrocarbures représentent des investissements qui se chiffrent en milliards de dollars par opération. Chaque projet doit être analysé au cas par cas pour déterminer sa compétitivité économique.
Quant aux accidents, comme celui de Macondo (Deep Water Horizon), dans le golfe du Mexique, en avril 2010, ils ont conduit toutes les compagnies à des révisions systématiques des installations existantes, des évolutions de la conception des installations en fond de mer, un renforcement des bonnes pratiques. L’ampleur des dégâts possibles, leurs effets sur l’environnement et la
font l’objet d’une attention particulière lors du design et d’un monitoring renforcé lors des opérations.
La progression de l’offshore profond : nouvelles zones, nouvelles profondeurs
L’exploitation offshore a commencé dès les années 1950 avec l’installation dans des eaux peu profondes – autour de 200 m de profondeur d’eau - de plateformes reposant sur le fond, par des piliers métalliques ou des socles de béton. La crise pétrolière de 1973 a conduit à la mise en exploitation intensive de la mer du Nord. Aujourd’hui encore, la moitié des 20 000 plateformes en exploitation sont fixes. À partir des années 1990, se développe l’exploitation en offshore profond, de 400 à 1 500 m, voire au-delà, en « ultra-profond ». Aujourd’hui, les profondeurs d’eau atteignent plus de 3 000 m et l’industrie a les 4 000 m en ligne de mire. Il faut bien sûr ajouter plusieurs milliers de mètres d’épaisseur de pour atteindre les réservoirs d’hydrocarbures les plus enfouis.
Ces opérations en eau profonde se déroulent de plus en plus loin des côtes. A titre d’exemple, le développement du champ Libra, à plus de 200 km au sud de Rio de Janeiro, vise des réservoirs de pétrole sous la couche de sel, c’est-à-dire à environ 3 500 m sous le fond de la mer, lui-même situé à -2000 m. Ces champs sont principalement opérés par des .
Schéma des différents types de plateformes offshore pétrolières et gazières :
L’offshore profond est en développement rapide : sa part pour le pétrole est passée de 3 % à environ 6 % de la production mondiale depuis 2008.
Technologies offshore profondes : vers de véritables « usines » sous-marines
À de telles profondeurs, les défis sont multiples1 :
- Aux plateformes fixes, reliées aux têtes de puits par des tubes rigides, il faut substituer des installations flottantes, reliées aux puits par des conduites flexibles (risers) qui remontent les hydrocarbures. Certains risers servent à l’injection d’eau et/ou de gaz dans les réservoirs d’hydrocarbures afin de favoriser la production . Ils doivent être enveloppés dans des gaines isothermes. Le brut, qui sort généralement à plus de 50 °C, doit être maintenu à une certaine température pour éviter l’apparition d’hydrates et de wax (substances de type glace ou cire qui sont susceptibles de boucher les risers et tuyaux). De plus en plus d’opérations sont effectuées sur le fond de la mer, comme la séparation du pétrole et du gaz, constituant ainsi une véritable « usine » sous-marine.
- Pour transporter la production des têtes de puits à la surface, un réseau de pipelines est déposé sur les fonds marins par des navires spécialisés et des robots sous-marins. Mais si le champ est loin des côtes et à plus de 1 000 m de profondeur, on préfère une barge ou un navire-citerne qui assure la triple fonction de production, de stockage et de déchargement (opération de transfert d’hydrocarbures entre la barge et le ). Ces FPSO peuvent stocker jusqu’à 2,5 millions de barils. Un même champ peut comporter plusieurs FPSO, qui peuvent rester en place 20 à 25 ans.
FLNG : la liquéfaction du gaz en mer, une nouvelle étape de l’offshore
Dans l’idée de rapprocher le plus possible toutes les opérations du lieu de production, les compagnies pétrolières et gazières réfléchissent à des projets de qui permettent de liquéfier le gaz dès sa production sur des bâtiments flottants. L’avantage est de ne pas avoir à construire de gazoducs et d’usines de sur les côtes, projets toujours coûteux et contestés pour leurs impacts environnementaux à terre.
Sources