Prix des carburants : un mix de coûts et de taxes

Publié le 25.11.2014
Lycée
Sciences économiques et sociales

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Le prix de l'essence ou du dépend de nombreux facteurs. Parmi eux, le prix du , les coûts de , de transport et de distribution, les taxes prélevées par les États, la marge de la compagnie pétrolière et enfin le prix des éventuels biocarburants ajoutés. En France, la part de la fiscalité dans les prix à la pompe dépasse en 2016 la barre des 60 %.

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Le décalage entre le prix du brut et le prix à la pompe

Depuis le XXe siècle, les cours du pétrole brut peuvent varier rapidement en fonction de l’offre et de la demande et de certains évènements politiques et économiques. 

Cependant, le prix à la pompe ne connaît pas les mêmes fluctuations que le cours du  de pétrole brut. Par exemple, lors de la crise économique mondiale de 2007-2008, le prix du baril de pétrole brut s’est envolé, avec une hausse de 50 % entre janvier et juillet 2008. Sur la même période, les prix à la pompe en France n'ont progressé que de 19 % pour le gazole et 11 % pour l’essence sans plomb. À l’inverse, de juin 2014 à juin 2016, le cours du a baissé de 55 %, alors que le gazole n’a baissé que de 10 % et l’essence de 15 %.

Les raisons du décalage

1 centime d’euro par litre :
la part de la marge nette du distributeur dans le prix des carburants
Ce décalage s'explique par trois facteurs principaux :
  • Le prix de vente à la pompe inclut des taxes, fortes en France, en Allemagne ou au Royaume-Uni et beaucoup plus faibles aux États-Unis. En France notamment, les taxes représentent en juin 2016 plus de 60 % du prix des carburants. Les taxes ne dépendent bien sûr pas des fluctuations des cours du pétrole brut. Elles ont augmenté en France depuis 2014 alors que le prix du baril baissait.
  • Les prix du baril de pétrole brut et ceux des produits raffinés (essence et gazole en particulier) sont fixés sur des marchés internationaux distincts, qui obéissent aux lois de l'offre et de la demande qui leur sont propres. Ainsi, le prix des carburants peut augmenter pendant les vacances d'été parce que la demande est plus importante, alors que le prix du brut reste stable.
  • En Europe, les marchés du pétrole brut et des produits pétroliers utilisent des monnaies différentes : le prix du baril de brut est exprimé en dollars américains, celui du carburant en euros. Les variations de valeur entre ces deux monnaies jouent sur le prix de vente des carburants, indépendamment du cours du pétrole brut.

L'addition éventuelle de biocarburants  a également tendance à modifier le prix global à la hausse, parce que leur prix de revient est souvent supérieur à celui du pétrole brut.

La répartition des coûts et des taxes en France

La part des taxes représente en France en juin 2016 plus de 60 % des prix à la pompe des carburants
Deux séries de chiffres, fournies par l’administration française1, permettent de comprendre l’impact de la fiscalité :
  • s’il n’y avait aucune taxe, le gazole coûterait 0,46 euro le litre et le SP95-E10 coûterait 0,49 euro le litre (chiffres moyens de juin 2016). Ces coûts intègrent le prix de la matière première et le coût du raffinage, qui transforme le pétrole brut en carburants;
  • avec les taxes, le gazole coûte 1,17 euro le litre, et le SP95-E10 coûte 1,35 euro le litre (chiffres moyens de juin 2016).

En d’autres termes, les taxes représentaient en juin 2016 près de 61 % du prix du gazole et près de 64 % du prix de l’essence. Cette part de la fiscalité a augmenté : en juin 2014, elle était de moins de 50 % pour le gazole et de moins de 57 % pour l’essence.

Il existe deux taxes principales :
  • la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques (  anciennement appelée TIPP), fixée par la loi de finances. Depuis 2014, elle intègre une composante « carbone », appuyée sur la taxe carbone qui a cru de 7 euros par tonne en 2014 à 22 euros en 2016 et qui progressera encore pendant les prochaine années. D’autre part, le gouvernement a décidé de rapprocher la TICPE de l’essence de celle du gazole, nettement plus faible.

Au 1er janvier 2016, 1 centime d’euro par litre a été rajouté à la taxe sur le gazole, tandis qu’un centime a été retiré de celle sur l’essence. La même opération sera conduite au 1er janvier 2017. Notons aussi qu’une taxe variable peut être ajoutée à la TICPE par les Conseils régionaux ;

  • la TVA à 20 % qui s’applique sur le coût du produit raffiné et sur la TICPE, représentant dans ce dernier cas un « impôt sur l’impôt ».

Une marge très faible pour les distributeurs

Les coûts de logistique et de distribution interviennent pour moins de 10 % du prix hors taxes. La marge nette réalisée par les distributeurs, avant impôt, constitue la part la plus restreinte du prix du carburant : en moyenne 1 centime d’euro par litre pour l’essence sans plomb ou le gazole, soit moins de 1 % du prix à la pompe2.

Globalement, les prix de l’essence et du gazole en France sont supérieurs à ceux de l’Allemagne ou de l’Espagne, inférieurs à ceux de l’Italie et du Royaume-Uni (juin 2016).

 

 

Source :
  1.  Étude Ministère français du développement durable (juin 2016) 
  2.  Point UFIP sur carburants/réseaux (avril 2016) 

 

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