Copenhague veut être « neutre en carbone »

Actualisé le 19.01.2019
Collège
Histoire, géographie et géopolitique

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Depuis plusieurs décennies, Copenhague mène des actions de fond pour améliorer son environnement et réduire son . En 2009, l’année du sommet mondial sur le climat qui s’est tenu chez elle, la capitale danoise a élaboré un « Plan d’adaptation au climat », en se fixant un objectif ambitieux, celui de devenir en 2025 la première métropole « neutre en carbone ». 

Le parc éolien de Middelgrunden près de Copenhague

La « neutralité carbone » consiste, pour un territoire, à réduire au maximum ses émissions de CO2 et à « compenser » les émissions restantes en investissant dans des projets de réduction des gaz à (GES), sur le même site ou ailleurs dans le monde. Ces projets peuvent concerner par exemple le développement des énergies renouvelables, la promotion de l’ ou le reboisement pour améliorer les puits naturels de carbone.

C’est ce que veut faire la capitale danoise1. Elle prévoit d’utiliser toute la palette des mesures pour réduire ses émissions de GES : amélioration de ses réseaux de , isolation des bâtiments, nouvelles centrales électriques, limitation de l’usage de l’automobile, participation citoyenne. Et pour « neutraliser » le reste de ses émissions de carbone, elle a promis d’investir dans des projets extérieurs comme la création de nouveaux parcs éoliens qui pourront bénéficier à tout le pays.

En octobre 2019, le bourgmestre de Copenhague a tiré un premier bilan : « Nous avons réduit nos émissions carbone de 42 %, ce qui a été largement possible grâce à notre réseau de chauffage urbain ».

Le chauffage urbain et la climatisation centralisée

L’habitat est en effet un des plus gros consommateurs d’énergie. Copenhague possède le réseau de chauffage urbain le plus efficace au monde, qui couvre 98 % des besoins des habitants. La ville est certes avantagée par sa petite taille (500 000 habitants) mais elle a eu le mérite d’avoir engagé l’installation de conduites souterraines depuis 1979, sous l’impulsion du gouvernement danois désireux de réduire ses importations de pétrole. Ce réseau utilise la chaleur résiduelle des installations d’ de déchets et de production d’électricité. Habituellement rejetée dans la nature, cette chaleur est distribuée dans les maisons de la ville.

En même temps, Copenhague a été précurseur dans la construction d’un réseau de climatisation centralisé qui tire parti des eaux froides du port de la ville. Comme toutes les villes modernes, la capitale danoise doit refroidir ses serveurs informatiques et la technique qu’elle utilise permet de réduire de 70 % les émissions de CO2 par rapport aux méthodes traditionnelles. Le couplage des deux réseaux - chaud et froid – assure en outre une grande efficacité.  

 

98 % :
la part de la population de Copenhague qui bénéficie du chauffage urbain.

La production d’électricité

Près des trois quarts de l’électricité de Copenhague provient encore de combustibles fossiles, en particulier charbon et gaz. Un des axes essentiels du plan de 2009 consiste donc à adapter les centrales électriques existantes pour qu’elles utilisent des sources renouvelables, du , de la (principalement du bois) et même de la paille.

 

Le plan prévoit aussi d’installer une centaine d’éoliennes dans et autour de la ville. Elles l’alimenteront mais, quand le vent soufflera fort, l’électricité ira sur le réseau national. Le Danemark est le pays qui accueille la plus forte éolienne installée par habitant. Symbole de cet essor : le parc éolien de Middelgrunden, avec ses 20 turbines qui dessinent à 2 km au large de Copenhague un arc visible depuis une grande partie de la ville et produit 3 % des besoins de la capitale.

 

Les habitants de la ville pourront investir dans ces sources d’énergies « vertes » à parts égales avec la municipalité, une façon de motiver les citoyens qui est une signature de la capitale danoise.

Transports en commun et autoroutes cyclables

Beaucoup est fait à Copenhague pour limiter l’utilisation de la voiture. Le tissu urbain est fondé sur un plan à 5 doigts (« Fingerplan ») qui s’articule autour des lignes de transport en commun. Ce réseau est renforcé régulièrement depuis 2000 et trois lignes de métro sont actuellement en construction.

Au fil des années, les pistes cyclables se sont développées pour encourager l’utilisation du vélo. Au total, Copenhague compte plus de 400 km de pistes, dont des autoroutes cyclables (cykelsuperstier) qui permettent aux habitants les plus éloignés d’atteindre le centre-ville très rapidement. Aujourd’hui, malgré le froid hivernal, le vélo représente 40 % des déplacements à Copenhague, et 60 % des habitants possèdent un vélo.

60 %
des habitants de Copenhague possèdent une bicyclette.

La gouvernance et l’économie circulaire

Copenhague, comme beaucoup de villes attentives à une transition harmonieuse vers la cité du futur, a accordé une attention particulière à la participation de nombreux acteurs à la gouvernance, à savoir les associations, les entreprises et les citoyens en général. Les mécanismes de financement ont été diversifiés pour assurer le maximum d’opérations grâce à la combinaison de fonds publics et privés.

 

L’économie circulaire est mise en avant.  Grâce à de nombreuses déchetteries, Copenhague recycle 90 % de ses déchets. Des objectifs ambitieux ont été fixés pour valoriser les déchets organiques des ménages et pour développer la collecte des déchets d’équipements électriques et électroniques.

 

 

Sources :
  1. Voir Forbes Greentech

 

 

Économie et politiques énergétiques

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