Énergie en Afrique : un potentiel immense entre hydrocarbures et renouvelables

Actualisé le 13.02.2026

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Histoire, géographie et géopolitique

Deux Africains sur trois n’ont pas accès à des sources d’énergie modernes et fiables. L’Afrique représente 20 % de la population mondiale mais seulement 3 % de la consommation d’énergie. Les besoins sont donc considérables, d’autant plus que la population du continent devrait doubler d’ici 2050. Le continent africain a des richesses exceptionnelles, en hydrocarbures mais aussi en . Reste à savoir à quel rythme l’Afrique va réaliser sa transition vers un plus durable.

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Le saviez-vous ?
Deux Africains sur trois n’ont pas accès à des sources d’énergie modernes et fiables.

Pétrole en Afrique : une exploitation ancienne aux bénéfices inégaux

L’exploitation du pétrole en Afrique, initiée dès les années 1930 par les grandes compagnies internationales a accompagné toute l’histoire contemporaine du continent. Encore limitée avant 1960, la production connait une forte accélération entre 1960 et1970, portée par le Gabon, le Nigeria, l’Algérie et la Libye. Un second essor se produit à la fin du XXe siècle, grâce aux importantes découvertes dans le golfe de Guinée et au large de l’Angola.

Cependant, cet essor ne profite que partiellement aux économies africaines. Faute de capacités de raffinage suffisantes, le continent exporte massivement du … tout en important des produits raffinés, ce qui pèse lourdement sur les balances commerciales.  

Après 2015, en raison de la forte baisse des prix du pétrole, les investissements dans le secteur des hydrocarbures avaient chuté, laissant entrevoir une transition rapide vers un mix énergétique plus durable. Mais ils repartent à la hausse à partir de 2021. En 2025, ils représentent encore plus de la moitié des investissements énergétiques.  

Plusieurs pays, comme le Sénégal, la Mauritanie, le Mozambique ou la Namibie, se sont lancés à leur tour dans l’exploration et l’exploitation pétrolière et gazière.  

Gaz naturel : un marché redynamisé par la géopolitique  

Les tensions géopolitiques autour du gaz russe provoquées par la guerre en Ukraine à partir de 2022 ont stimulé le commerce mondial du gaz naturel liquéfié (GNL). Cette évolution ouvre de nouveaux débouchés aux producteurs africains, déjà présents mais parfois en marge des grands flux mondiaux.

En revanche, le continent peine toujours à réduire le torchage, pratique qui consiste à brûler le gaz associé à la production pétrolière.  

Selon la Banque mondiale, environ 150 milliards de m³ de gaz sont gaspillés chaque année dans le monde, dont 40 milliards en Afrique — soit l’équivalent de la moitié de la consommation énergétique du continent.

30%
Part des minerais essentiels détenus dans les gisements du continent africain.

Énergies renouvelables : un potentiel immense encore sous-exploité

L’Afrique dispose d’un potentiel exceptionnel en énergies renouvelables et commence à l’exploiter de manière plus intensive, mais le rythme est trop lent.

Selon l' , les investissements dans les renouvelables sont passés de 17 milliards de dollars en 2019 à 40 milliards en 2024. Une progression notable, mais trois fois inférieure à celle observée en Europe.

Le moment de « bascule » dans le rapport entre hydrocarbures et renouvelables demeure difficile à anticiper, tant les trajectoires possibles sont variées selon les scénarios établis par l’AIE.

D’autre part, le continent pourrait devenir un acteur majeur dans l’extraction et le traitement des métaux rares, essentiels pour les batteries, l’ et les technologies renouvelables. Les experts estiment que l’Afrique détient 30 % des réserves mondiales de ces minerais.

Hydroélectricité : un retard structurel malgré des fleuves puissants

Malgré la de ses fleuves, l’Afrique n’exploite qu’environ 5 % de son potentiel hydroélectrique. Le haut barrage d’Assouan, construit en Egypte à la fin des années 1960, illustre cette situation : il n’occupe que le 49e rang mondial, loin derrière les barrages chinois ou brésiliens.

Des projets très ambitieux sont en cours mais ils se heurtent aux difficultés inhérentes à ce secteur : financement élevé, chantiers complexes dans des zones peu équipées, et nécessité d’accords entre plusieurs États partageant un même bassin fluvial.

Ainsi, Le « Grand Inga », sur le fleuve Congo, en RDC (Congo-Kinshasa), qui pourrait en théorie avoir une capacité presque double de celle grand barrage chinois des Trois-Gorges, n’était toujours pas en construction en janvier 2026.

Le « Barrage de la Renaissance », sur le Nil bleu, est terminé à 95 % et en production partielle mais le long litige entre l’Egypte, le Soudan et l’Ethiopie n’est pas complètement réglé.

Solaire et éolien : les moteurs de la nouvelle électrification africaine

De nombreux pays africains misent désormais sur le solaire - parc de Ouarzazate au Maroc, de Zagtoudi au Burkina Faso, de Nzema au Ghana - ou sur l’éolien, comme au lac Turkana au Kenya ou de Shegold en Éthiopie.

Dans les zones rurales, le solaire représente une véritable révolution. La baisse du coût des panneaux permet de déployer des installations hors réseau, directement au niveau des villages, avec des modèles simples, robustes et adaptés aux usages locaux.