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Que peut-on attendre de la COP27 en Egypte ?

La COP27, la réunion annuelle internationale destinée à lutter contre le réchauffement climatique, se tient du 7 au 18 novembre 2022 à Charm el-Cheikh, en Egypte, au bord de la mer Rouge.

Que peut-on attendre de la COP27 en Egypte ?
@ Wikimedia Commons / Rafaat

La COP27 en chiffres

La « Conference of parties » (COPLes « conférences des parties » (COP) rassemblent chaque année depuis 1995 ... ) réunit les 198 signataires de la Convention des Nations Unis sur les changements climatiques. Et comme le climat est l’affaire de tous, y participent également des milliers de représentants de régions, de villes, d’entreprises, d’ONG et d’associations de citoyens. Plus de 2 000 personnes se relaient à la tribune pour parler de sujets très variés. Les organisateurs égyptiens ont listé plus de 300 thèmes de discussions relatifs au développement durableIl s’agit d’un « développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». et au climat. Au total c'est plus de 35 000 personnes qui sont attendues cette année.

 

Un contexte international instable

La COP27 se tient dans un contexte international tendu, déjà marqué par la pandémie de la Covid-19 :

  • La guerre en Ukraine a bouleversé les équilibres énergétiques et provoqué des hausses considérables des prix du gaz et de l’électricité ;
  • Elle menace également les productions alimentaires, notamment de céréales, un sujet particulièrement sensible pour l’Afrique ;
  • L’été 2022 a été marqué par des phénomènes climatiques extrêmes, notamment la canicule en Chine, en Inde, en Europe et dans le Maghreb, provoquant de nombreux incendies de forêts.

 

La longue histoire des COP

La décision de réunir chaque année les pays du monde a été prise lors de l'adoption de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) au sommet de la Terre à Rio de Janeiro, en 1992. Les COP se sont succédé depuis 1995 avec des résultats plus ou moins importants. Les deux plus marquantes ont été la COP3 au Japon, qui avait abouti au Protocole de KyotoLe Protocole de Kyoto est un traité international organisé dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques... et la COP21 à Paris en 2015.

L’ Accord de Paris, le premier de portée universelle, a fixé un objectif : contenir le réchauffement climatiqueLe réchauffement climatique, appelé aussi réchauffement planétaire ou réchauffement global, est un phénomène d'augmentation de la température moyenne des océans... « nettement en dessous » de 2 °C (si possible +1,5 °C) d’ici la fin du siècle par rapport aux niveaux du XIXe siècle, avant la révolution industrielle.

Des prévisions climatiques pessimistes

En septembre 2022, un rapport supervisé par l’Organisation météorologique mondiale a noté que les sept dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées.

Après un répit dû aux effets de la Covid-19, les émissions provenant des combustibles fossiles dépassent aujourd’hui les taux antérieurs à la pandémie.

Or il faut absolument arrêter les émissions nettes, c’est-à-dire ne pas émettre plus que ce que la nature peut absorber. Les experts internationaux du GIECLe GIEC est le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat... (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), qui viennent de finaliser leur 6e rapport, estiment que pour rester sous le seuil des 1,5 °C, les émissions nettes doivent commencer à décroître dès 2025 pour atteindre zéro (la « neutralité carbone ») en 2050.

De Glasgow à Charm el-Cheikh

La COP26 de Glasgow a été jugée décevante, même si elle avait fait quelques « petits pas » :

La COP27 va comporter deux points principaux qui poursuivent des efforts engagés depuis plusieurs années : 

  • Inciter les États membres à renforcer leurs « contributions nationales » d’ici 2030. L’ Accord de Paris avait en effet préféré ne pas fixer un objectif mondial de réduction, que personne ne respecte en général, mais plutôt demander à chaque pays de déterminer lui-même l’effort réaliste qu’il peut faire ;
  • Accroître l’aide en faveur des pays en développement, et notamment  finaliser l’aide financière annuelle de 100 milliards de dollars dont le principe avait été adopté dès 2010.

 

 

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