1. L'essor mondial de la production offshore
L'exploitation en mer du pétrole et du gaz ne cesse de croître : en 2024, elle assure 30 % de la production mondiale de pétrole et 32 % de la production de gaz. Et dans ce domaine, l' dit "ultra-profond" (au-delà de 1 500 mètres de profondeur d'eau) prend une place de plus en plus importante. Les plateformes posées sur le fond de la mer sont remplacées au-delà de 400 mètres par des plateformes semi-submersibles ou d'immenses barges flottantes. Ici, la plateforme du champ de Laggan, près des îles Shetland.
2. Les plateformes de la mer du Nord
Les premières plateformes offshore ont été installées dans des eaux peu profondes (moins de 400 mètres). Elles sont soutenues par des piliers ou des socles en béton posés sur le fond de la mer. La mer du Nord comporte plus de 450 installations de ce type, généralement constituées d'une plateforme principale d'exploitation, de quartiers de vie reliés par une passerelle et d'une piste d'atterrissage pour hélicoptères.
3. Une surveillance de tous les instants
La salle de contrôle de la plateforme de Grondin, au large de Port Gentil, au Gabon. Elle permet de gérer d’un point unique toutes les opérations, de surveiller les appareils de mesure et de transmettre les messages vocaux, notamment d’alerte, aux différentes équipes au travail.
4. Le transport du personnel
Les transferts de personnels s'effectuent par hélicoptère et bateau. Le port d'une combinaison étanche dotée de gilets de sauvetage est obligatoire afin d'assurer, en cas d'accident, la survie en mer dans l'attente des secours. Les contrôles des bagages sont très stricts : pas d’objets dangereux, pas d'alcool, pas de briquets. Il est interdit de fumer sur les plateformes.
5. Travail de nuit
Le travail dans l’industrie d’extraction d’hydrocarbures (pétrole et gaz) ne s’interrompt jamais.
Sur une plateforme offshore — comme ici sur la photo, la Paragon L1115 au large du Qatar — les opérations se déroulent en continu, 24 h/24. Deux équipes, l’une de jour et l’autre de nuit, se relaient sans discontinuer afin d’assurer la sécurité, la surveillance permanente et la production.
Les personnels travaillent généralement plusieurs semaines consécutives en rotation (par exemple deux semaines en mer), puis bénéficient de périodes de repos d’une durée au moins équivalente, généralement à terre, conformément aux pratiques du secteur.
6. La zone de vie en dehors du travail
Les quartiers de vie abritent les chambres - généralement 2 ou 3 couchettes, quelquefois individuelles - le restaurant, des aires de repos, des salles de sports. Ici, la salle de télévision sur la plateforme L7CC en mer du Nord, au large des Pays-Bas. Une infirmerie assure les premiers soins en cas d’accidents.
7. Les impératifs de la sécurité
La sécurité est une préoccupation constante à bord des plateformes. Un moteur spécifique alimente les pompes qui seraient utilisées en cas d’incendie. Les pétroliers gardent le souvenir du terrible accident de Piper Alpha, le 6 juillet 1988, qui fit 167 morts, au large de l’Écosse, et celui de la plateforme d'exploration Deepwater Horizon, le 20 avril 2010, dans le golfe du Mexique (11 morts). Ici, deux électriciens à bord de Grondin, au large de Port Gentil (Gabon).
8. Les plateformes semi-submersibles
Quand la profondeur dépasse 400 mètres, on utilise des plateformes flottantes, dotées de ballasts et ancrées sur le fond de la mer pour les fixer et éviter qu'elles ne dérivent. Ici, la plateforme West Phoenix du champ gazier de Laggan, à 125 km à l'ouest des îles Shetland, couplé au champ de Tormore. Les forages se font à 600 mètres de profondeur d'eau et pénètrent les couches sédimentaires jusqu'à 3 000 mètres. Des conduites sous-marines transportent la production à terre.
9. Les navires de forage
Les forages sous-marins en eaux profondes sont effectués par des navires spécialisés à positionnement dynamique, les drillships. La location en Europe d'un navire de forage coûte environ un million d'euros par jour. Ici, le « West Gemini », lors d'opérations au large des côtes angolaises.
10. Comme un immense paquebot immobile
L'exploitation des champs en offshore très profond ou très éloignés de la côte s'effectue avec d'immenses barges, les FPSO (Floating Production Storage and Offloading). Elles produisent, stockent et chargent les hydrocarbures à bord des tankers. Le FPSO Pazflor, ancré au large des côtes angolaises, couvre 49 puits sous-marins, répartis sur 600 km² (six fois la surface de Paris), par des profondeurs d'eau allant de 600 à 1 200 mètres.
11. Une véritable usine sous la mer
Schéma de développement du champ offshore en eaux profondes d'Akpo, au large du Nigeria. Vingt conduites flexibles remontent les hydrocarbures, vingt-deux autres injectent l'eau et le gaz utilisés pour les déplacer en direction du puits de production. De plus en plus d'opérations techniques sont effectuées sur le fond de la mer, ce qui implique la pose et la gestion de nombreux équipements. Le champ d'Akpo produit des condensats et du gaz.
12. Les champs offshore vivent longtemps
Le champ Anguille, au large des côtes gabonaises, est un exemple de rénovation d'un champ mature, exploité depuis 60 ans. A partir d'une nouvelle plateforme, 21 puits supplémentaires seront forés par 30 mètres de fond. La plateforme n'est pas habitée mais pilotée à distance. Dans ce nouveau projet, le volume de gaz brûlés à la torche a été réduit de 90 %. Les compagnies pétrolières ont engagé un effort pour éliminer ou réduire l'utilisation des torchères destinées à éliminer les gaz associés à la production pétrolière.
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