Dossier : Captage, stockage et valorisation du CO2

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Décryptages

Le transport et stockage du CO2

Après la phase de captage (Voir le décryptage : « Le captage du CO2 »), le dioxyde de carbone (CO2) doit être transporté jusqu'à un site de stockage permanent puis injecté dans le sous-sol. Certaines précautions doivent être prises pour que le CO2 puisse rester confiné pendant des milliers d’années.  

Les projets de captage stockage
Un pilote de captage et de stockage a été testé plusieurs années sur l'ancien site gazier du groupe Total à Lacq (France). Ici des tours de séchage du CO2. ©DUFOUR MARCO / TOTAL

Le transport du CO2 , deuxième étape

Le transport du CO2Dioxyde de carbone. Avec la vapeur d'eau, c’est le principal gaz à effet de serre (GES) de l'atmosphère terrestre... n’est pas une étape techniquement compliquée puisque les méthodes de transport des gaz naturels en général sont maîtrisées. Deux solutions existent : 

  • le transport par canalisation : le COdoit être comprimé au point d'atteindre un état quasi liquide. Ce type de transport est déjà en place aux États-Unis, où plus de 40 millions de tonnes de CO2 sont acheminées chaque année grâce à un réseau de conduites de 4 000 km ;
  • le transport par camions ou navires : le CO2 est transporté sous forme liquide, à une pression de 15 bars et à une température de -30 °C. 

Reste à savoir si les capacités de stockage sont situées près des zones les plus émettrices de CO2, faute de quoi la question du transport deviendra insoluble.

Le stockage géologique du CO2 , troisième et dernière étape

Une partie du CO₂ capté peut être valorisé dans l’industrie agro-alimentaire ou chimique. Cependant les besoins sont très inférieurs aux quantités qu’il faudrait traiter en vue de la lutte contre le changement climatiqueVoir la définition du réchauffement climatique... , d’où la nécessité du stockage dans des sites adaptés.

Trois types de stockage retiennent pour le moment l’intérêt des experts : 

L’eau des aquifères les plus profonds est salée et donc impropre à la consommation et à l’usage agricole et industriel.

Ce type de stockage est celui dont on considère que les capacités sont les plus importantes : le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIECLe GIEC est le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat... ) estime qu’elles sont comprises entre 1 000 et 10 000 milliards de tonnes de CO2. À titre de comparaison, les émissions anthropiques annuelles de CO2 s’élèvent à environ 30 milliards de tonnes. Mais, pour être utilisables, les aquifères salins doivent être situés à plus de 800 mètres de profondeur et recouverts de couches étanches, capables de résister à la pression du gaz, qui doit y rester confiné pendant des milliers d’années. Le sous-sol doit donc faire l’objet d’études approfondies.

Il reste à confirmer que dans les plus grandes régions émettrices de CO2 dans le monde, il existe des capacités de stockage suffisantes dans ce type de formation.

800 mètres : la profondeur minimale en sous-sol de la Terre pour le stockage de CO2