
Le mix énergétique
Le mix énergétique : définition, situation actuelle, évolution
Le 20/09/2010Pour satisfaire ses besoins énergétiques , chaque pays utilise dans des proportions différentes les énergies dont il peut disposer. Depuis le XIXe siècle, la palette d'énergies qui répond à la demande mondiale est majoritairement d'origine fossile. Aujourd'hui, pour poursuivre son développement tout en préservant l'environnement, l'humanité est amenée à diversifier son mix énergétique.
À chaque pays, ses ressources en énergie…
Le terme de "mix énergétique" (ou "bouquet énergétique") désigne la répartition, au sein d'une zone géographique donnée, de la consommation des diverses sources d'énergie (pétrole brut, gaz naturel, charbon, énergie d'origine nucléaire, énergies renouvelables).
Pour chaque région ou chaque pays, la composition du mix énergétique dépend de :
• la disponibilité de ressources exploitables sur le territoire ou la possibilité d'en importer ;
• l'ampleur et la nature des besoins énergétiques à couvrir ;
• le contexte économique, social, environnemental et géopolitique ;
• les choix politiques qui en découlent.
pour chaque pays ou chaque région du monde.
Par exemple, il existe des différences entre le mix énergétique des États-Unis et celui de la France. On note ces disparités en comparant la consommation d'énergie primaire (c'est-à-dire ce que l'on doit utiliser comme énergie pour produire de l'électricité) des deux pays. Pour l'année 2008, l'énergie d'origine nucléaire consommée aux États-Unis représente 8,5 % de l'énergie primaire dépensée dans ce pays.1 En France, durant la même année, cette ressource fournit un tiers de toute l'énergie primaire consommée2 : dans le mix énergétique français, la part du nucléaire est presque 4 fois plus importante que dans celui des États-Unis !
Cette situation s'explique par des facteurs historiques. Après le choc pétrolier de 1973, la France a largement misé sur le nucléaire pour assurer son indépendance énergétique, c'est-à-dire pour limiter sa dépendance aux importations d'énergie en provenance d'autres pays. Aujourd'hui, ce choix répond aussi aux nouveaux défis environnementaux : le nucléaire a permis à la France d'être performante dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à la production d'électricité, qui jouent un rôle essentiel dans le réchauffement climatique.
Un bouquet mondial dominé par les énergies fossiles
Les besoins énergétiques des hommes ne cessent d'augmenter. Depuis la révolution industrielle, le développement des sociétés s'appuie largement sur l'usage des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon). En 2007, l'énergie primaire consommée dans le monde provient, à plus de 80 %, des ressources fossiles qui occupent la première place dans
le mix énergétique mondial3.
Depuis quelques décennies, la croissance démographique et l'essor des pays émergents (Inde, Chine) accentuent la demande énergétique. Celle-ci est encore appelée à s'accroître. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE ), elle devrait connaître une hausse de 45 % entre 2006 et 2030.4
Dans ce contexte, les sources d'énergie fossiles sont précieuses en raison de leur important pouvoir énergétique : à titre d'exemple, la combustion d'un kilogramme de fioul fournit presque deux fois plus de chaleur que la combustion d'un kilogramme de bois !

Mix énergétique global : quels scénarios pour l'avenir ?
L'évolution du mix énergétique mondial dans les décennies à venir est liée à une multiplicité de facteurs, tels que :
• le rythme de la croissance démographique et des transformations des modes de consommation (accélération des économies d'énergie, usage accru des transports en commun, etc.) ;
• la généralisation de politiques énergétiques correspondant aux nouveaux enjeux environnementaux (aide à la recherche, réglementation spécifique, mesures fiscales incitant les consommateurs à s'équiper en véhicules hybrides, etc.) ;
• le rythme de développement et de diffusion des sources d'énergie non fossiles (chaque nouvelle technologie met environ 20 ans à devenir rentable économiquement et à se généraliser dans les parcs immobilier et automobile qui se renouvellent lentement) ;
• la découverte de nouveaux gisements pétroliers et gaziers ;
• les possibilités d'approvisionnement (liées au contexte politique) ;
• le prix de l'énergie.
Les experts du GIEC et de l'AIE se basent sur ces éléments pour échafauder des scénarios possibles d'évolution du mix énergétique. Outre la répartition des différentes sources d'énergie, ces scénarios prennent en compte l'ampleur des émissions de CO2 et la hausse des températures qui en résulterait (du fait de l'accentuation de l'effet de serre). Par exemple, l'AIE a élaboré un scénario possible, très ambitieux, de bouquet énergétique mondial pour 2030, dans le cas où la communauté internationale se fixerait l'objectif d'une augmentation des températures de 2 °C avec un contenu en CO2 de 450 ppm à l'horizon 2100. Ce bouquet se répartirait comme suit :
• le pétrole fournirait 30 % de l'énergie primaire consommée dans le monde contre 34 % en 2007 ;
• le gaz naturel en fournirait 20,5 % contre 20,9 % en 2007 ;
• le charbon en donnerait 16,6 % contre 26,5 % en 2007 ;
• le nucléaire en fournirait 9,5 % contre 5,9 % en 2007 ;
• les énergies renouvelables en donneraient 23,4 % contre 12,7 % en 2007.
Dans ce scénario, les consommateurs recourraient donc moins au pétrole et au charbon, au profit des énergies nucléaire et renouvelables moins émettrices de GES : on parle d'une décarbonisation du mix énergétique.
[1]Source U.S. Energy Information Administration,Annual Energy Review 2008.
[2]Source ministère français de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer, Chiffres clés de l'énergie (édition 2009).
[3]Source Internationale de l'Énergie, Key World Energy Statistics 2009
[4]Source Agence Internationale de l'Énergie, World Energy Outlook 2008













