L'avenir des énergies actuelles

L'énergie hydraulique demain

Le 14/10/2010



L’hydroélectricité fait partie des énergies renouvelables et non polluantes : pas de dégagement de gaz à effet de serre, ni de production de déchets toxiques. Elle représente aujourd’hui près de 20 % des capacités électriques mondiales et possède un potentiel de développement 3 fois supérieur à son niveau actuel ! Si l’investissement nécessaire ainsi que les impacts humains et écologiques pèsent sur les projets de grands barrages, l’avenir semble prometteur pour la petite hydroélectricité.


Des avantages qui promettent l’hydraulique à un bel avenir…


L’énergie hydraulique exige peu de frais d’exploitation et d’entretien. Sa durée de vie est exceptionnelle et son exploitation très fiable grâce une technologie bien éprouvée. Rien qu'en France, parmi la soixantaine de grands barrages encore en activité, nombreux sont ceux à avoir été construits avant 1960. Le plus ancien, situé dans la Nièvre, a été achevé en 1858.

L’énergie hydraulique répond aux besoins d’ajustement de la production électrique
lors des brusques fluctuations de la demande.

Elle apporte également une réponse aux besoins d’ajustement de la production électrique lors  des pics de consommation ou de brusques fluctuations de la demande d’électricité. Car, si l’on ne peut stocker l’électricité à grande échelle, on peut en revanche retenir l’eau dans de grands réservoirs au moyen de barrages ou de digues. Une façon simple et efficace d'emmagasiner de l’énergie potentielle. D’autant plus qu’une centrale hydroélectrique peut atteindre sa puissance maximale en quelques minutes. À titre de comparaison, une dizaine d’heures sont nécessaires à une centrale thermique pour monter à sa pleine puissance. Un délai multiplié par quatre pour un réacteur nucléaire.


… Mais de gros freins à lever


A priori, l'énergie hydraulique semble réunir tous les atouts. Mais l'implantation d'ouvrages colossaux et la création de retenues d'eau ne sont pas sans conséquences sur l'environnement et l'activité humaine :

   •    si elles ne sont pas prises en compte, certaines conséquences de la création d’un barrage peuvent se révéler graves sur un plan écologique : blocage de la migration de certaines espèces aquatiques, affection du niveau des nappes phréatiques, transferts de matières en suspension et sédiments, pollution sonore, etc. En outre, les structures écologiques en place sont perturbées par la création de la retenue d’eau en amont et la baisse du débit en aval.
Pour retrouver un équilibre écologique durable, plusieurs décennies peuvent être nécessaires. Dans tous les cas, des études longues et coûteuses s’imposent pour mesurer l’impact écologique de l’édification d’un barrage ;

   •    outre des impacts écologiques, l’implantation d’une retenue d’eau a des conséquences sur l’activité humaine. Un déplacement de populations ou d’activités économiques (agricoles par exemple) peut parfois se révéler nécessaire : en amont, en raison de la création d’une étendue d’eau, et en aval, en raison de l’assèchement de certaines zones limitrophes au cours d’eau.

Par ailleurs, les grands et moyens barrages coûtent très cher : les gouvernements cherchent de plus en plus à faire appel à des fonds privés ou aux grands organismes internationaux comme la Banque mondiale pour les financer. Mais jugés trop longs à amortir et rentabiliser, les projets hydroélectriques peinent à convaincre les investisseurs. 

L’avenir de l’hydroélectricité dépend donc, pour une bonne part, de la force de persuasion des États et de potentiels accords public / privé.

Vrai ou Faux ?
On peut produire de l’énergie à partir des vagues.
Vrai. Utiliser l’énergie des vagues est un mode d’exploitation de l’hydraulique moins massif mais plus respectueux de l’environnement. Le plus grand projet mondial utilisant l’énergie des vagues se trouve au large de la côte de St. Ives en Cornouailles. Appelée Wave Hub, cette centrale sera fixée au fond de l’océan. Une série d’appareils y seront branchés pour produire de l’énergie à partir des vagues. Le projet pourrait un jour permettre de générer
20 mégawatts d’électricité.


Des pistes pour l’avenir


L’énergie hydraulique continue d’occuper le premier rang des énergies renouvelables et reste une source essentielle : l’hydroélectricité représente aujourd’hui près de 90 % de la production d’électricité d’origine renouvelable dans le monde.1

Reste à exploiter le plein potentiel hydroélectrique de la planète, qui serait d’environ
15 000 TWh, soit 3 fois plus que le niveau d’exploitation actuel.2

Dans l’avenir, d’autres modes d’exploitation de l’hydraulique, moins massifs et plus respectueux de l’environnement, sont envisageables : les projets de petite hydraulique qui utilisent les courants naturels des rivières, de simples roues (norias) pour produire de l’énergie ou l’énergie des marées et des vagues. Auquel cas, l’idée n’est pas de modifier mais de s’appuyer sur le cycle naturel de l’eau pour produire de l’énergie. Des techniques ainsi moins invasives et donc plus écologiques.

Partout dans le monde, plusieurs moyens sont ainsi envisageables pour développer la production :
 
   •    renforcer les installations hydroélectriques de 10 à 50 MW du parc existant, par l’ajout de nouvelles turbines par exemple ;

   •    construire de nouveaux barrages ;

   •    développer la petite hydroélectricité (PHE), c’est-à-dire les unités de 0,1 à 10 MW ;

   •    rénover les anciens moulins à eau (pico-hydraulique, puissance entre 10 et 100 kW) déjà installés, nombreux étant les projets en cours ou achevés (Moulin de Chappes, Aube).



Favoris Rss Partager Envoyer à un ami Imprimer