J'approfondis

Décryptages

Les enjeux de la transition énergétique

Les énergies fossiles ne sont pas inépuisables et, étant émettrices de CO2, elles contribuent au réchauffement climatique. Face à ce constat, la plupart des pays du monde ont engagé une « transition énergétique ». Mais quel est le chemin pour y parvenir ? L’Agence internationale de l’énergie a publié un scénario qui permettrait à notre planète d’atteindre en 2050 la « neutralité carbone ».

fr - mix energetique transition
Eoliennes à Rio Vista en Californie : les énergies renouvelables sont en progression partout dans le monde. © FOTOLIA

La « transition énergétiqueLa transition énergétique désigne le passage du système actuel de production d'énergie...  » désigne le passage d’un système de production et de consommation d'énergie, aujourd’hui axé sur des énergies non renouvelables (pétrolePétrole non raffiné. , gaz, charbon), à un autre mix énergétiqueLe mix énergétique, ou « bouquet énergétique », décrit la répartition des différentes sources d’énergies utilisées pour la consommation énergétique d’un territoire... plus efficace et plus décarbonéUne énergie décarbonée est une énergie qui n’émet pas (ou très peu) de dioxyde de carbone (CO2) lors de sa production. . Ce type de « transition » n’est pas un phénomène sans précédent. Le charbon au milieu du XIXe siècle, le pétrole au milieu du XXe, le nucléaire civil dans les années 1970 ont introduit des évolutions majeures dans les mix énergétiques, même si ces différentes sources ne se sont pas substituées les unes aux autres mais plutôt additionnées.

Pas de mix énergétique idéal et universel

60 % : la part des voitures électriques dans le monde dès 2030 (objectif AIE). 

La plupart des experts se retrouvent sur un certain nombre de constats :

  • il n’y a pas de mix idéal qui s’imposerait partout dans le monde. La transition énergétique est propre à chaque pays ou groupe de pays, même si l’adoption de grands objectifs mondiaux est recherchée lors de sommets climatiques internationaux ;
  • les systèmes énergétiques présentent une grande inertie, les transitions énergétiques sont lentes ;
  • les transitions énergétiques ne pourront pas être réussies sans ruptures technologiques et sans modifications profondes des usages de l’énergie par les consommateurs. L’Agence internationale de l’énergie a néanmoins travaillé sur des scénarios globaux, à l’échelle de la planète, et a insisté sur l’exigence d’aller vite - horizon 2050 - si l’on veut limiter à 1,5 °C l’augmentation de la température moyenne avant la fin du siècle.

L’AIE est l’organisation spécialisée qui regroupe les pays occidentaux développés, mais elle accueille depuis 2015 des « membres associés » comme la Chine, l’Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud, ce qui lui confère une audience mondiale.

Pour la première fois, elle a publié en mai 2021 un rapport spécial qui dessine un monde de « neutralité carbone » en 2050, c’est-à-dire où il n’y ait pas plus d’émissions de CO2Dioxyde de carbone. Avec la vapeur d'eau, c’est le principal gaz à effet de serre (GES) de l'atmosphère terrestre... que l’on peut en capter1. L’AIEL'AIE (IEA en anglais) est une agence autonome au sein de l'OCDE, créée en 1974 lors du premier choc pétrolier... estime que le chemin est « étroit mais possible ».

Que serait un monde neutre en carbone ?

Le saviez-vous ? L’électricité dans le monde pourrait être entièrement « décarbonée » dès 2040 (objectif AIE).

Selon cette vision de l’avenir, qui n’est bien sûr pas une certitude, et qui pourra être variable d’un pays à l’autre :

Mais il faudra être vigilant dans différents secteurs :

  • Attention au contrôle de l’intermittence de l’éolien et du photovoltaïque, pour ne pas perturber les réseaux électriques.
  • Attention à la cybersécurité pour protéger des systèmes de plus en plus « intelligents » mais piratables.
  • Attention aux métaux dont les réserves sont limitées (cobalt, lithium…) et aux « terres rares » qui seront indispensables pour produire de telles quantités de voitures électriques, d’éoliennes, de parcs solaires.

« L'âge de pierre ne s'est pas terminé par manque de pierres. L'âge du pétrole ne s'achèvera pas avec le manque de pétrole ». Telle est la célèbre formule utilisée par Cheikh Yamani, ancien ministre saoudien du pétrole saoudien, dans une interview au Daily Telegraph, le 25 juin 2000. 

Sources :

(1) Net Zero by 2050 – Analysis - IEA