Transition énergétique en Inde : un pays en croissance face à des besoins énergétiques immenses

Actualisé le 26.03.2026

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L’Inde a engagé un impressionnant programme d’ . Mais sa consommation de charbon et de pétrole va continuer à croître dans les années à venir. Cela montre qu’il est difficile de réussir une lorsque la population augmente et que les habitants aspirent à un meilleur niveau de vie, ce qui fait fortement croître la demande en énergie.  

Panneaux photovoltaïques transition énergétique Inde

L’Inde, un géant démographique aux besoins énergétiques colossaux 

Le saviez-vous ?
L’Inde a désormais dépassé la Chine et atteint près de 1,5 milliard d’habitants.

Avec 1,47  milliard d’habitants en 2025, l’Inde est aujourd’hui le pays le plus peuplé du monde, devant la Chine. Sa population devrait continuer à croître pour atteindre près de 1,5 milliard d’habitants vers 2030. À l’horizon 2035, le pays ambitionne de s’imposer parmi les toutes premières économies mondiales, porté par l’essor de ses classes moyennes. L’expansion et la modernisation des villes ont été spectaculaires. Dans les campagnes, selon , environ 700 millions d’habitants ont obtenu un accès à l’ depuis le début des années 2000. L’Inde a ainsi presque totalement résolu la question de l’accès à l’électricité, un facteur essentiel du développement. 

Une croissance économique rapide qui fait exploser la demande d’énergie 

L’Inde dispose d’un autre atout : son excellence dans le domaine de la recherche et des technologies nouvelles. Elle est aujourd’hui au premier rang dans le traitement des données informatiques, de l’intelligence artificielle et de l’automatisation industrielle. Disposant d’une très ancienne expérience dans le secteur nucléaire, l’Inde développe sa propre technologie et mène des recherches actives sur les réacteurs de 4ème génération (réacteurs à neutrons rapides).  

Cet essor démographique et économique fait que le sous-continent indien a un besoin sans cesse croissant d’énergie. La consommation d’ a doublé depuis 1990 et devrait encore doubler d’ici 2040. La consommation d’électricité a augmenté de 50 % de 2014 à 2024 et le   va encore accroître les besoins en climatiseurs. Une progression impressionnante en valeur absolue même si, par habitant, la consommation reste le tiers de la moyenne mondiale. 

Un mix énergétique dominé par le charbon malgré les renouvelables en plein essor 

75%
la part du charbon dans le mix électrique indien

Cet essor de l’électricité continue de se faire grâce au charbon. Même si l’Inde a augmenté ses capacités solaires (x 25) et éolienne (x 2) entre 2014 et 2024, la part du charbon n’a pratiquement pas bougé dans le mix électrique : près de 75 %.  

C’est que le charbon est une source locale abondante, bon marché avec des centrales thermiques souvent récentes. L’Inde possède les cinquièmes plus importantes réserves de charbon dans le monde. Le secteur charbonnier emploie des millions d’ouvriers non qualifiés. Le gouvernement tente de promouvoir le gaz, moins polluant, pour produire l’électricité, mais cela est difficile pour des raisons de coût et de stabilité sociale. 

Pourtant le gaz naturel progresse dans un secteur très consommateur d’énergie, à savoir le chauffage et la cuisson des aliments. Les Indiens utilisent massivement la  , notamment le bois, ce qui pose des problèmes de déforestation et de santé en milieu rural. La situation est pire en milieu urbain, en raison des centrales au charbon en périphérie des villes et de la circulation en forte croissance. La pollution a atteint des niveaux alarmants dans la capitale New Delhi. Le taux de particules fines y est le plus élevé du monde, selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé). 

Réduire les émissions de CO₂ tout en poursuivant le développement économique 

Les émissions de gaz à (GES) en Inde n’ont cessé d’augmenter au cours des dernières décennies. Mais un rapport publié à la COP30 à Belém, au Brésil, a noté une inflexion en 2025, due à des conditions météorologiques plus favorables et à la progression des capacités en énergies renouvelables.  

L’Inde a été longtemps réticente à des engagements internationaux sur le climat, faisant valoir les besoins de sa croissance et pointant du doigt la responsabilité historique des pays riches. 

Mais les effets potentiellement désastreux du changement climatique sur le régime des moussons, la fonte des glaciers himalayens, les inondations et cyclones à répétition l’ont persuadée de s’engager résolument dans la réduction de ses émissions. 

Pour y parvenir, l’Inde s’efforce de promouvoir le gaz par rapport au charbon et de développer les véhicules électriques (surtout les petites citadines, les bus, les taxis et les innombrables deux-roues et rickshaws qui congestionnent les métropoles indiennes). Le pays fait des efforts pour améliorer l’ . Comme dans beaucoup de pays qui ont de gros besoins de croissance, l’Inde se réfère à un indicateur autre que les émissions en chiffres absolus : celui de l’intensité carbone du PIB2. Celle-ci devrait être réduite d’au moins un tiers d’ici à 2030 par rapport au niveau de 2005. 

Sources :  

  1.  L'intensité en carbone d'une économie est le rapport entre ses émissions de  et son PIB. L’objectif est de la réduire au maximum, en ayant des émissions faibles tout en maintenant une forte croissance.