Exploitation offshore : le souci de la sécurité

Publié le 20.01.2016

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Depuis son démarrage dans les années 1950, l’exploitation présente des risques comme toute activité industrielle complexe. L’accident en 2010 de Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique, suivi de la plus longue de l’histoire, et les campagnes environnementalistes contre l’exploitation en mer Arctique ont marqué les opinions publiques. Le développement technologique, notamment robotique, et l’anticipation des dangers peuvent sécuriser une forme d’exploitation appelée à se développer. 

Un robot utilisé pour une exploitation offshore

Le suivi des rejets aqueux et gazeux

La pollution de l’environnement marin est le premier risque pris en compte dans l’exploration offshore1. La mise en exploitation est précédée d’un « état des lieux » pour établir le « point zéro » des paramètres environnementaux d'un site : inventaire de la faune qui vit près du fond, analyses de l’eau et des de la zone, etc. Ce « point zéro » sera la référence des mesures ultérieures qui seront prises durant la vie du projet.

Le contrôle le plus drastique est celui des eaux de production, c’est-à-dire celles qui sont extraites des gisements, donc chargées en hydrocarbures. La règle est de les réinjecter dans les réservoirs. Si ce n’est pas possible, elles sont traitées avant d’être rejetées en mer, afin de baisser le contenu en huile en dessous de normes très strictes, généralement moins de 30 milligrammes/litre.

Les gaz associés à l’extraction des hydrocarbures sont soit réinjectés, ce qui contribue au maintien de la pression dans les réservoirs, soit stockés puis exportés vers des sites de de gaz naturel.

Pétrole offshore : des robots télécommandés assurent la surveillance et les opérations sur le fond de la mer.

La surveillance des équipements et des fonds

Ces exigences ont donné une forte impulsion aux recherches sur les engins robotisés de surveillance et de collecte des données. Des véhicules télécommandés, dotés de caméras, de capteurs et de dispositifs de mesure, peuvent séjourner des mois au fond de l’océan, avec une capacité de déplacement de dizaines de kilomètres. Ils rapportent des informations de toute nature :

 

  • la surveillance des « aléas géologiques » (failles, glissements de terrain…)
  • la surveillance des risers et des têtes de puits ;
  • la surveillance de la coque des .

    Les risques d’accidents

    Les risques d’accidents majeurs, enregistrés sur les plateformes elles-mêmes plus que sous la mer, existent depuis le début de l’exploitation offshore.

    Le 6 juillet 1988, une explosion suivie d’un incendie sur la plateforme Piper Alpha, d’Occidental Petroleum, au large des côtes d’Écosse, fit 167 morts et engendra une perte financière dépassant 3 milliards de dollars (au cours de l’époque).

    Le 20 avril 2010, l'explosion puis l’incendie de la plateforme Deepwater Horizon , dans le golfe du Mexique, a coûté la vie à 11 personnes avant de déclencher la plus longue marée noire de l’histoire, avec des dégâts environnementaux considérables. Outre les facteurs humains et écologiques, de tels accidents constituent une catastrophe financière, avec dans le cas de BP, des amendes de 37 milliards de dollars et jusqu’à 17 milliards de dollars au procès civil encore en jugement.

    Les fuites de gaz, comme celle sur la plateforme Elgin du groupe Total en mer du Nord, le 25 mars 2012 ont moins d’impacts environnementaux, mais nécessitent la mise en œuvre d’opérations très complexes pour les réduire. La fuite n’a fait aucun blessé mais il fallut près de deux mois pour la stopper, après injection de boue lourde dans le puits.

    Le contrôle de ces accidents réside dans l’amélioration des technologies, des observations continues sur les installations, l’évolution des normes et des pratiques, le développement d’outils d’intervention.

    Les territoires fragiles

    Le coût financier de l’accident de Deepwater Horizon et les dégâts potentiels en termes d’image ont conduit plusieurs compagnies internationales à revoir à la baisse leurs projets dans les zones fragiles, tout particulièrement l’Arctique.

    Dans cette zone qui entoure le pôle Nord à l’intérieur et aux abords du cercle polaire, les compagnies pétrolières ont engagé des campagnes d’exploration grâce aux progrès technologiques et à la fonte progressive de la banquise. Mais la dérive des icebergs présente un risque pour les équipements et les conditions de froid extrême rendent les coûts d’exploitation très élevés, dans un contexte de baisse des cours du pétrole. Cette faible rentabilité, ajoutée à l’hostilité des mouvements de défense de l’environnement et aux risques de pollutions aux conséquences dévastatrices, ont ralenti les investissements. L’essentiel des activités se concentre dans l'offshore norvégien et l'offshore peu profond au large de la Sibérie occidentale russe.

     

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