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Décryptages

L’énergie est à la base de tout développement

De la disponibilité de l’énergie dépend la satisfaction de tous les besoins humains fondamentaux – l’eau, l’alimentation, la santé, l’éducation. Pour tous les habitants de la planète, aussi bien dans les pays développés que dans les pays en voie de développement, sans énergie il n’y aurait pas d’eau potable, pas d’hôpitaux, pas d’écoles, pas de logements, pas de moyens de transports...

Panneaux solaires dans le village de Safo Nassarawa, près de Maradi, au Niger. © I. SANOGO / AFP

Une énergie à la base du développement

1,3 milliard d'êtres humains – sur 7 milliards au total – n'ont toujours pas accès à l'électricité et 2,6 milliards sont privés de combustibles et de technologies modernes de cuisson et de chauffage. Cette précarité énergétiqueLa précarité énergétique désigne l'état de personnes ou groupes qui n'ont pas d'accès suffisant et régulier, dans leur logement ou lieux de vie... a des conséquences désastreuses sur leur vie quotidienne et plus largement sur l’avenir de la planète.

Les plus touchés sont les citoyens de pays du Sud. Ils sont souvent privés d’une source fiable d’énergie et des services de base qui en découlent.

Sans carburantsUn carburant est un combustible liquide (comme l'essence), gazeux (comme le GPLc) ou solide (comme un propergol)... pour leurs générateurs électriques, ils ont du mal à pomper l’eau des nappes souterraines et donc à irriguer leurs champs.  Un assainissement efficace des eaux n’est par ailleurs pas envisageable sans énergie disponible. Le manque de sources d’énergies fiables conduit à un recours massif à la biomasseDans le domaine de l'énergie, la biomasse se définit par l'ensemble des matières organiques d'origine végétale ou animale..., donc à la déforestation. Le recours à des combustibles de mauvaise qualité sur des équipements peu performants entraîne une pollution de l’air et contribue à l’émission de gaz à effet de serrePhénomène naturel permettant un accroissement de la température de l'atmosphère d'une planète grâce à la présence de certains gaz.... Outre le risque d’incendie, des fumées toxiques sont responsables de deux millions de morts par an.

Sans électricité, les écoles et les hôpitaux ne peuvent fonctionner correctement. De toute façon, sans moyens de transport efficaces, les enfants et les malades ne peuvent quitter leur village pour s’y rendre. Les travailleurs n’ont pas davantage accès aux zones d’emploi, elles-mêmes handicapées par l’absence d’énergies fiables.

Sans éclairage au sein du foyer, les enfants ne peuvent faire leurs devoirs le soir et leurs parents ne peuvent envisager une activité artisanale ou autre activité rémunératrice. Bien sûr, l’utilisation d’un ordinateur, si tant est que son prix soit abordable, devient une utopie !

Vers des actions coordonnées

Le concept de Social Business a été initié par Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix

Compte tenu de l’ampleur des problèmes, les solutions nécessitent de plus en plus l’action concertée des institutions internationales, telles que les Nations unies ou la Banque mondiale, des entreprises mondiales, des ONG, des gouvernements et des acteurs locaux.

Faisant de la période 2014-2024 une « Décade internationale de l’accès à l’énergie durable pour tous », l’ONU a lancé un programme pour assurer « une énergie durable à tous »1.

Au début des années 2000, un concept nouveau, le Social business, a été introduit par un économiste bangladeshi, le Pr Muhammad Yunus, futur prix Nobel de la Paix et fondateur de la Grameen Bank spécialisée dans le financement de petits projets des populations pauvres. Il l’a défini comme une initiative entrepreneuriale qui vise à résoudre un problème social, ne verse pas de dividendes mais assure un profit suffisant pour ne pas enregistrer de pertes. Les profits sont réinvestis pour assurer le développement de l’entreprise, mais celle-ci ne doit pas être dépendante de donations ou de fonds publics ou privés. Ainsi qu’il l’a résumé, « un dollar de donation n’a qu’une vie, un dollar de Social business peut être investi et réinvesti ».

Quelques exemples

Cette philosophie inspire de nombreuses actions visant à doter les populations de moyens techniques simples et peu coûteux dans le domaine de l’alimentation en énergie.

Lighting Africa est un programme de de la Banque Mondiale et l’International Finance Corporation. Il vise à développer en Afrique sub-saharienne l’usage de lampes solaires, fonctionnant en dehors de tout réseau électrique. Des lampes rechargeables et des chargeurs de mobiles fonctionnant à l’énergie solaire sont vendues ou louées aux particuliers, avec pour ambition de développer des solutions de micro-crédit et d’entreprenariat local. Il a déjà touché 7,7 millions de personnes dans ces régions2.

L’association Grameen Shakti3 a installé au Bangladesh plus de 200 000 systèmes solaires domestiques, composés d'un petit panneau photovoltaïqueUn panneau solaire photovoltaïque, ou module photovoltaïque, est un assemblage de cellules photovoltaïques reliées entre elles... connecté à une batterie.

L’association SKG Sangha, active en Inde, encourage notamment la production de biogazLe biogaz est l'un des produits de la méthanisation (digestion anaérobie) de déchets d’origine biologique... à partir des déchets domestiques4.

 

Sources :

(1) Se4all
(2) Lightingafrica
(3) Gshakti
(4) Skgsangha