Dossier : Le transport du gaz et le GNL

5 contenus dans ce dossier

Je maîtrise
Imprimer

Décryptages

GNL : le transport par méthanier et la regazéification

Une fois liquéfié, le gaz naturel est chargé à bord de navires spécialement adaptés, les méthaniers. À l’arrivée dans un terminal méthanier, le Gaz Nature Liquéfié (GNL) est regazéifié. Compte tenu de la place croissante du gaz dans le mix mondial, le transport du GNL apparaît une filière d’avenir pour l’approvisionnement énergétique des États.

Arrivée au Japon du méthanier Arwa Spirit, avec à son bord du gaz naturel liquéfié à -162 °C © ZAMORA PHILIPPE / TOTAL

Produit dans un « train de liquéfactionSuccession d'échangeurs thermiques en série permettant d'abaisser progressivement la température du gaz naturel jusqu'à - 160 °C... », le GNLLe GNL est du gaz naturel liquéfié (LNG en anglais), constitué presque exclusivement de méthane... est ensuite placé à bord d’un méthanierLes méthaniers sont des navires qui permettent de transporter du gaz naturel liquéfié (GNL). en vue de son transport (Voir le décryptage : « GNL : la liquéfaction du gaz naturel »). Actuellement, environ 380 méthaniers sillonnent les océans du monde entier. Ces navires gigantesques, longs de 200 à 350 m, et équipés d’une double coque, transportent jusqu’à 260 000 m3 de GNL. Ils sont capables de le maintenir à -160 °C tout au long des milliers de kilomètres qu’ils parcourent sur les océans.

Principalement deux types de méthaniers sont actuellement en service :

  • des méthaniers équipés de cuves sphériques en aluminium, ancrées à la coque du navire par une jupe en acier et recouvertes d'une isolation ;
  • des méthaniers à membrane, dont les cuves sont intégrées à la double coque du navire et en épousent les contours.

Cependant, le système d’isolation des cuves ne peut empêcher qu’une partie du GNL repasse à l’état gazeux par réchauffement. Cette évaporation concerne environ 0,15 % de la cargaison par jour. Le gaz évaporé est récupéré et sert à la propulsion du navire.

Inodore, le gaz naturel est « parfumé » pour que les fuites éventuelles soient plus facilement détectées.

Enfin, pour assurer la sécurité de l’installation, la conduite, l’exploitation et la maintenance des méthaniers requièrent une extrême vigilance de la part de l’équipage : contrôles de la température, de la pression, de l’absence d’oxygène, inspection des cuves selon des procédures rigoureuses… Les méthaniers répondent également à des codes de construction parmi les plus exigeants.

L’arrivée du GNL au terminal méthanier

Une fois arrivé dans un terminal de réception, le méthanier est déchargé et le GNL stocké dans de grands réservoirs maintenus à pression atmosphérique. Il est ensuite pompé, porté à haute pression et regazéifié par réchauffement, soit grâce à la chaleurAujourd'hui, en thermodynamique statistique, la chaleur désigne un transfert d'agitation thermique des particules composant la matière... provenant de l’eau de mer, soit en chauffant de l’eau. Enfin, le gaz ainsi produit est expédié dans le réseau de transport du gaz naturel.

Le GNL, qui a la même composition que le gaz naturel et est essentiellement composé de méthane, n’a pas d’odeur. Au niveau du terminal méthanier, le GNL retrouve son état gazeux. Mais comme le gaz naturel n’a pas d’odeur, il est « parfumé », ou « odorisé », grâce à l'adjonction de tétrahydrothiophèneLe THT est un gaz odorant, utilisé comme additif en très faible quantité au gaz naturel commercialisé, qui, sans lui, resterait inodore. (THT), pour pouvoir être détecté facilement en cas de fuite. 

Le transport du GNL, une filière d’avenir

Le gaz naturel, troisième source d’énergie primaireL’énergie primaire désigne l’ensemble des sources d’énergie non transformées, c’est-à-dire à l’état naturel... mondiale derrière le pétrolePétrole non raffiné. et le charbon, connaît une croissance moyenne de 3 % depuis plusieurs dizaines d’années. Sa production devrait même augmenter de 50 % d'ici à 2030, pour en faire la deuxième source mondiale d’énergie fossile.

260 000 m3 : le volume de GNL que peut transporter un grand méthanier.

Le transport du GNL devrait accompagner cette croissance de la demande en gaz naturel, en raison de ses nombreux avantages :    

  •  pour de longues distances, le transport par méthaniers est plus économique que par gazoducCanalisations destinées à transporter du gaz sur de longues distances (sur terre ou au fond de la mer)., même si l’industrie du GNL utilise des matériaux nobles et donc coûteux (Voir le décryptage : « Le transport du gaz par voie terrestre ») ;
  •  la réalisation des gazoducs peut poser des problèmes techniques (par exemple dans les fonds sous-marins) ou géopolitiques. Le transport maritime permet de s’affranchir de ces contraintes et de connecter plus facilement pays producteurs et consommateurs. Il rend possible l'exploitation d'importantes réserves éloignées des grandes zones de consommation ;
  •  une cargaison de GNL peut être redirigée en cours de route, contrairement au gaz transporté par gazoduc. C’est une souplesse appréciée des pays consommateurs (qui peuvent gérer plus librement leurs approvisionnements) et des pays producteurs (qui peuvent ainsi optimiser la valorisation de leurs ressources).

Ces atouts font du transport du GNL une filière d’avenir pour l’approvisionnement énergétique des États.