Dossier : L’énergie dans la vie quotidienne

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Décryptages

Consommation : l’affichage carbone et environnemental

 L’« indice carbone » s’invite peu à peu sur les étiquettes, pour le moment à titre expérimental. Objectif : un affichage environnemental, secteur par secteur, avec plusieurs critères. De son côté, l’Union européenne planche sur un projet d’éco-étiquette communautaire.

Des informations sur le coût énergétique des produits apparaissent dans les rayons de supermarchés © THINKSTOCK

Après avoir familiarisé les consommateurs au CO2Dioxyde de carbone. Avec la vapeur d'eau, c’est le principal gaz à effet de serre (GES) de l'atmosphère terrestre... quand ils achètent une voiture (Voir le décryptage « Transports : des déplacements plus respectueux de l'environnement ») ou entrent dans un logement (Voir le décryptage « Habitat : le Diagnostic de Performance Énergétique »), les pouvoirs publics s’efforcent de faire entrer le paramètre "effet de serrePhénomène naturel permettant un accroissement de la température de l'atmosphère d'une planète grâce à la présence de certains gaz..." dans le "caddy de la ménagère", selon une expression imagée du ministère du développement durableIl s’agit d’un « développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».1

Souhaitée par le Grenelle de l’Environnement, une expérimentation conduite avec 168 entreprises a été menée de juillet 2011 à juillet 2012 et ses enseignements ont été transmis au Parlement en vue d’élaborer à terme une généralisation progressive de l’affichage2.

Prendre en compte tout le cycle de vie

Le paramètre « effet de serre » est mesuré par l’indice carbone, appelé aussi empreinte carboneL’empreinte carbone (ou inventaire GES) d'un produit (bien ou service) est l'un des outils destinés à mesurer l’impact des activités humaines..., qui est une évaluation de l’émission totale de dioxyde de carboneAvec la vapeur d'eau, c’est le principal gaz à effet de serre (GES) de l'atmosphère terrestre... (CO2), principal gaz à effet de serre produit par les activités humaines.

Depuis les années 90, un principe essentiel a été admis : l’indice carbone d’un produit doit prendre en compte toutes les étapes de son cycle de vie. L’analyse du cycle de vie (ACVL'ACV est une méthode d'évaluation de l'impact d'un produit, d'un procédé ou d'une entreprise sur l'environnement...) doit inclure la production des matériaux qui le composent, sa fabrication, son conditionnement, sa distribution, son utilisation, et même sa destruction ou son recyclage.

Cette approche réserve des surprises : des tomates espagnoles vendues en Grande-Bretagne peuvent paraître énergivores en raison de leur transport par camions, mais celles produites localement le seront peut-être davantage s’il faut les cultiver en serres chauffées au fioul en raison du climat britannique… Le yaourt conditionné en pot de verre n’aura pas le même indice CO2 que celui livré dans un pot en plastique.

Produits alimentaires : des conditionnements étudiés pour éviter le gaspillage

Le plastique a souvent une mauvaise image dans les supermarchés et pourtant il présente de multiples avantages en matière de consommation d’énergie… Ceux-ci apparaissent avantageux si l’on considère le « cycle de vie » des divers produits.

Transport : les emballages plastiques sont bien plus légers que les contenants en verre. Ils permettent une moindre consommation de carburantUn carburant est un combustible liquide (comme l'essence), gazeux (comme le GPLc) ou solide (comme un propergol)... lors de l’acheminement des marchandises vers le consommateur. Ils permettent aussi un meilleur remplissage des camions, du fait que le packaging occupe moins de volume. Chaque année en Europe, le conditionnement plastique permet d’économiser 10 millions de tonnes de carburant.

Conservation : les conditionnements en plastique protègent efficacement les aliments. Un concombre emballé d’un film plastique se conserve 11 jours de plus qu’un concombre non emballé. En supermarché, on constate que les fruits et légumes en vrac génèrent 26 % de déchets en plus par rapport aux produits préemballés dans du plastique.

Recyclage : les emballages plastiques réduisent le poids des déchets à recycler ou à incinérer après consommation du produit. À condition bien sûr que les consommateurs ne les abandonnent pas partout dans la nature…

Adopter une approche multi-critères

L’affichage « environnemental » (impact sur l’eau, la pollution de l’air, les sols) est plus large que l’affichage carbone

L’expérimentation française a introduit un autre principe : l’indice CO2 ne doit pas être le seul critère pris en compte. L’épuisement des ressources, la pollution possible de l’air, de l’eau, des sols, les atteintes à la biodiversitéLa biodiversité désigne la diversité naturelle des organismes vivants... sont des impacts à considérer. On parle alors d’affichage environnemental plutôt que d’affichage carbone. Les coordinateurs de l’expérimentation ont donné les exemples d’une lessive ou d’un produit agricole, qui peuvent avoir, outre leur impact sur le changement climatiqueVoir la définition du réchauffement climatique..., un impact sur la qualité de l’eau. La quantité de déchets produits et rejetés dans l’environnement est un autre effet possible. Améliorer un critère ne doit pas en aggraver un autre …

La complexité et le nombre de ces critères posent aussi la question de la méthode la plus efficace pour attirer l’attention du consommateur, juge en dernier ressort : faut-il une étiquette sur le produit ou en rayon à côté du prix, une ligne sur le ticket de caisse, des affiches en magasin, des informations sur un site web ?

La dimension européenne

Le développement du marché unique européen a conduit Bruxelles à engager de son côté une expérimentation de trois ans à l’échelle du continent. Des appels à projets ont été lancés en mai 2013 et en janvier 2014 pour déterminer des référentiels communs, des modalités de vérification et de communication au consommateur.

Il s’agit aussi de coordonner les actions menées dans les divers pays membres. En Angleterre par exemple, de grandes enseignes ont lancé ce type d’affichage depuis plusieurs années. L’harmonisation des calculs de l’impact climatique ou, plus largement, environnemental, peut rapidement se transformer en casse-tête.

Ainsi, des outils de calcul standardisés ont été mis au point, avec en France :

 

Sources :

(1) Ministère de l'Ecologie, du Développement Durable et de l'Energie
(2) Ministère de l'Ecologie, du Développement Durable et de l'Energie