Réchauffement climatique

Un réchauffement lourd de conséquences

Mis à jour le 8/9/2011, mis en ligne le 29/11/2010


Fonte de la banquise, disparition de certaines espèces, mais aussi épidémies ou récession économique... Les conséquences du réchauffement climatique pourraient être lourdes. Mais elles provoquent une prise de conscience individuelle et politique porteuse d'espoir.

Des jeunes de plus de 40 nations manifestent
contre le réchauffement climatique pendant le sommet
de Cancun, Mexique, décembre 2010.
© AFP / Cris Bouroncle

Un climat déréglé

L'élévation des températures peut entraîner en cascade d'autres conséquences climatiques,
qui représentent pour les scientifiques autant d'indicateurs du réchauffement à l'œuvre :

   • retrait des glaciers ;

   • fonte de la banquise ;

   • élévation du niveau moyen des océans ;

   • modification des régimes de précipitations pouvant entraîner inondations et sécheresses ;

   • augmentation de la fréquence et de l'intensité des événements climatiques extrêmes comme les ouragans ou les cyclones ;

   • modification de la circulation de courants marins, comme le Gulf Stream et la dérive
nord atlantique, qui pourrait conduire au refroidissement de certaines régions, notamment
à l'ouest de l'Europe.

Certaines conséquences du réchauffement climatique, comme la fonte des glaciers, sont déjà visibles.

Certains de ces changements, comme le retrait des glaciers des zones tempérées, ont déjà commencé. Ils vont évidemment avoir un impact sur la faune et la flore : de nombreuses espèces animales risquent de disparaître en même temps que leur habitat naturel. On cite souvent l’exemple des ours polaires dont le mode d’alimentation est fortement lié aux glaces des mers.



Des populations entières affectées



En augmentant les catastrophes naturelles, en modifiant le cycle des précipitations et les rendements agricoles, le changement climatique perturbe l'approvisionnement en eau et en nourriture et menace donc la santé de populations. Les effets réels ne sont pas les mêmes partout dans le monde, car ils dépendent de la qualité et de la performance des systèmes de santé. Les menaces les plus graves touchent d’abord les pays en développement, où sévit déjà la malnutrition et où les infrastructures du système de santé sont fragiles.

Les zones où sévissent des maladies comme le choléra ou le paludisme pourraient s'élargir.
De nombreuses populations qui vivent dans des zones tropicales pourraient en particulier être affectées. On parle de l'afflux possible de "réfugiés climatiques" suite à la montée des eaux qui inonderait certaines îles ou territoires côtiers. 

En outre, la modification du mode de vie peut parfois prendre un tour inattendu, comme pour ces Inuits de Kuujjuaq (nord du Canada) dont le maire a commandé en juin 2006 des climatiseurs car la température atteignait 31 °C !


Une économie perturbée



L'impact économique du réchauffement climatique est très difficile à estimer. En fonction des économistes, le coût varie de 2 à 50 euros par tonne de carbone émise.

Autre estimation : le réchauffement climatique pourrait coûter jusqu'à un point de croissance du PIB mondial. Les pays en voie de développement sont les plus exposés, mais le risque touche également l’agriculture, le secteur bancaire, et les assurances des pays industrialisés.

L'optimisme reste cependant permis : l'économie peut s'adapter, en s'appuyant notamment sur le développement des technologies "vertes".


Une prise de conscience globale



Kyoto
, Copenhague, Cancùn... Enjeu mondial, le réchauffement climatique pousse les gouvernements à s'entendre pour lutter contre un problème qui les concerne tous. Il accélère également la prise de conscience individuelle et politique de l'impact de l'activité humaine sur l'environnement.

Le réchauffement climatique et les problématiques liées à l'énergie incitent par ailleurs au développement de solutions technologiques innovantes (stockage du carbone, véhicules hybrides ou électriques, bâtiments basse consommation, pile à hydrogène, etc.).

Enfin, il existe des conséquences positives, même si elles sont ponctuelles :

   • une plus faible mortalité hivernale dans les zones tempérées ;

   • une augmentation de la production de bois des zones tempérées ;

   • une hausse des rendements agricoles dans les zones tempérées ;

   • un accroissement des ressources en eau dans certaines zones sèches proches des tropiques ;

   • une baisse des consommations d'énergie pour se chauffer (compensant, en partie l'augmentation de celles nécessaires à la climatisation).

Prendre conscience de la réalité du réchauffement climatique et de ses conséquences est la première étape vers la mise en œuvre de solutions, depuis les gestes quotidiens jusqu'aux politiques internationales.


Une démarche globale d'adaptation


On sait aujourd'hui que l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre ne pourra pas être freinée suffisamment rapidement pour éviter l'augmentation de la température. Ainsi, il est nécessaire de mettre en place des démarches globales d'adaptation aux impacts du changement climatique.

Contrairement à la réduction des émissions qui relève d’abord d’actions internationales sur un nombre limité de secteurs d’activités, l’adaptation relève d’une multitude d’actions, le plus souvent locales, touchant tous les secteurs. À titre d’illustration, une démarche de gestion des risques de santé, lors des épisodes de canicule extrême, peut être considérée comme faisant partie de démarche d'adaptation.

En France, par exemple, un « Plan national d’adaptation au changement climatique1 » va être mis en place pour la période 2011-2015. Il établit un catalogue de 80 actions déclinées en 230 mesures, et de recommandations dans plusieurs domaines (notamment la biodiversité, la santé et l’agriculture). Cette disposition représente un budget de 171 millions d’euros, qui s’ajoutent aux 391 millions d’euros affectés au titre des « Investissements d’Avenir2  ». En outre, 500 millions d’euros financent déjà plusieurs mesures du Plan sécheresse3  et du Plan submersion rapide4  (période 2011-2016).

La majorité des actions seront engagées en 2011 et 2012 et concernent 4 axes :

   • la réduction de la consommation d’eau, tous secteurs confondus (- 20 % d’ici à 2020) ;

   • le renforcement des dispositifs de surveillance des maladies émergentes (allergies, asthme) ;

   • une adaptation de la politique d’aménagement du territoire (transports, niveau de la mer…) ;

   • la prévention des incendies de forêts.

La mise en place d’un tel dispositif est une première au niveau européen. Il fera l’objet d’un suivi annuel des indicateurs et une évaluation finale sera réalisée en 2015.




[1] http://www.developpement-durable.gouv.fr/Une-premiere-en-Europe-la-France.html
[2] http://investissement-avenir.gouvernement.fr/
[3] http://www.developpement-durable.gouv.fr/La-gestion-des-secheresses.html 
[4] http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/synthese_concertation_v7.pdf
Favoris Rss Partager Envoyer à un ami Imprimer