Réchauffement climatique

Un réchauffement lourd de conséquences

Mis à jour le 23/10/2012, mis en ligne le 29/11/2010


Fonte de la banquise, disparition de certaines espèces, mais aussi épidémies ou récession économique... Les conséquences du réchauffement climatique pourraient être lourdes. Mais elles provoquent une prise de conscience individuelle et politique porteuse d'espoir.

Des jeunes de plus de 40 nations manifestent
contre le réchauffement climatique pendant le sommet
de Cancun, Mexique, décembre 2010.
© AFP / Cris Bouroncle

Un climat déréglé

De manière empirique, le public s’aperçoit des modifications climatiques en cours. Ainsi, la canicule exceptionnelle de 2003 reste dans les mémoires…

Pour les scientifiques, les indicateurs du réchauffement à l’œuvre sont les suivants :

•    augmentation de la fréquence des vagues de chaleur ;
•    diminution de la surface et de l’épaisseur des glaciers (retrait) ;
•    fonte de la banquise ;
•    perte de la masse des calottes polaires de l’Antarctique et du Groenland ;
•    élévation du niveau moyen des océans ;
•    cycle de l’eau perturbé, pouvant entraîner des pluies très intenses (inondations) ou des sécheresses prolongées ;
•    modifications de la végétation (dates de floraison, vendanges…) ;
•    migrations d’espèces animales (insectes par exemple).

Certaines conséquences du réchauffement climatique, comme la fonte des glaciers, sont déjà visibles.

Des populations entières affectées

Le réchauffement climatique a des impacts difficiles à quantifier sur la santé publique. En effet, de nombreux autres facteurs interviennent (organisation du système de santé, état de développement…).

Néanmoins, la santé publique est affectée par le climat :

•    Les vagues de chaleur ont des conséquences sur des populations particulièrement vulnérables (personnes âgées, nourrissons ou personnes souffrant de troubles respiratoires comme l’asthme, notamment).

•    La qualité de l’air est modifiée, ce qui touche également les personnes fragiles et celles souffrant de problèmes cardio-respiratoires.

•    Les changements de production de pollen  sont une des causes du  développement des allergies dans la plupart des pays.

•    Les déplacements d’insectes vecteurs d’épidémie (malaria, dengue) peuvent généner l’extension des zones de ces épidémies.

Les changements climatiques impactent également la production agricole ou les ressources de la  pêche, qui ont à leur tour des conséquences sur l’alimentation des populations. Enfin, des événements extrêmes (tsunamis, inondations) peuvent être accompagnés d’épidémies, tels que le choléra.

Des processus d’adaptation sont alors élaborés. Ainsi en France, le Haut Conseil de la Santé Publique a été chargé de mettre en place un groupe de réflexion sur l’adaptation au changement climatique.


Une économie perturbée

L 'impact économique du réchauffement climatique est très difficile à estimer. En fonction des économistes, le coût varie de 2 à 50 euros par tonne de carbone émise ! Certains experts annoncent même des chiffres plus élevés1

Selon l’économiste anglais Nicholas Stern2, le coût du changement climatique sera considérable au cours des prochaines décennies. Il pourrait entraîner une récession majeure (de l’ordre de 20 % du PIB mondial) – alors que la lutte contre le changement climatique coûterait 1 % du PIB mondial. Le débat sur la valeur de ces chiffres et sur les hypothèses  qui les sous-tendent  est intense, mais cette argumentation vise à convaincre les acteurs économiques et les décideurs de la nécessité d’agir.

Ainsi, il est possible de :

•    choisir des lignes d’action strictes, pour « décarboner » les économies développées, tout comme celle des pays émergents ;

•    s'appuyer notamment sur le développement des « technologies « vertes », pour prévenir et limiter les dommages environnementaux ; ainsi le stockage du carbone, les véhicules hybrides ou électriques, les bâtiments basse consommation, les piles à hydrogène, etc.

•    maîtriser l’augmentation des rejets de gaz à effet de serre (GES) et les réduire.


Une prise de conscience mondiale

Prendre conscience de la réalité du réchauffement climatique et de ses conséquences est la première étape vers la mise en œuvre de solutions, depuis les gestes quotidiens jusqu'aux politiques internationales.

On sait aujourd'hui que l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre ne pourra pas être freinée suffisamment rapidement pour éviter l'augmentation de la température. Ainsi, il est nécessaire de mettre en place des démarches globales d'atténuation et d’adaptation aux impacts du changement climatique.

Par ailleurs, agir pour maîtriser les rejets de gaz à effet de serre (et pour anticiper les conséquences du changement climatique) peut avoir d’autres conséquences positives, sur l’emploi, sur la qualité de l’air, sur la qualité de vie.


Une démarche globale d’adaptation

Si la réduction des émissions relève d’abord d’actions internationales, l’adaptation relève d’une multitude d’actions, le plus souvent locales, touchant tous les secteurs. Parmi ceux-ci : la gestion des eaux, de l’agriculture, des infrastructures et des installations humaines, des transports, des systèmes de santé, de l’énergie et des transports3. À titre d’illustration, une démarche de gestion des risques de santé, lors des épisodes de canicule extrême, peut être considérée comme faisant partie de démarche d'adaptation.

En France, par exemple, un « Plan national d’adaptation au changement climatique4 » a été mis en place pour la période 2011-2015. Il établit une liste de 80 actions déclinées en 230 mesures et de recommandations dans plusieurs domaines (notamment la biodiversité, la santé et l’agriculture). Cette disposition représente un budget de 171 millions d’euros, qui s’ajoutent aux 391 millions d’euros affectés au titre des « Investissements d’Avenir ».

La majorité des actions, engagées en 2011 et 2012, concernent 4 axes :

•    la réduction de la consommation d’eau, tous secteurs confondus (-20 % d’ici à 2020) ;

•    le renforcement des dispositifs de surveillance des maladies émergentes  ;

•    une adaptation de la politique d’aménagement du territoire (transports, niveau de la mer…) ;

•    la prévention des incendies de forêts, et l’anticipation des effets de long terme dans la gestion des forêts.

Dans le cadre de ce Plan, les grandes collectivités doivent adopter avant la fin de l’année 2012 un Plan climat-énergie territorial comprenant un bilan des émissions de gaz à effet de serre.

La mise en place d’un tel dispositif est une première au niveau européen. Il fait l’objet d’un suivi annuel des indicateurs et une évaluation finale sera réalisée en 2015.

[1] http://www.economics-ejournal.org/economics/discussionpapers/2011-40/ (en anglais)
[2] « The Economics of Climate Change », Nicholas Stern
[3] [4] http://www.developpement-durable.gouv.fr/-Impacts-et-adaptation-ONERC-.html
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