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Paie doublée pour le patron de Shell qui a empoché 20 M EUR en 2018

Le directeur général de Royal Dutch Shell a vu sa rémunération plus que doubler l'an passé à plus de 20 millions d'euros, au moment où le géant pétrolier engrange des bénéfices très confortables, d'après le rapport annuel du groupe.

Ben van Beurden a touché un total de 20,138 millions d'euros en 2018, d'après des données publiées jeudi par Shell dans son rapport annuel.

Au sein de ce paquet, le salaire de M. van Beurden est resté peu ou prou stable (1,5 million d'euros), tout comme le montant provisionné pour sa pension (369.000 euros). Mais sa rémunération variable, qui constitue l'essentiel de sa rémunération totale, a plus que doublé (18,2 millions d'euros), notamment grâce à davantage de paiements reçus en actions Shell.

La rémunération du directeur général représente 143 fois la paie médiane des employés du groupe au Royaume-Uni.

Anticipant des critiques, le comité de rémunération de Shell, qui fixe la paie des principaux dirigeants du groupe, s'est dit "sensible aux discussions dans la société en général à propos du niveau de rémunération des dirigeants et a passé un temps important à discuter en son sein du haut niveau de la rémunération du directeur général en 2018".

Mais il a justifié ce montant en soulignant que lors des trois dernières années, l'impulsion du directeur général avait été "décisive" pour construire et mettre en place la stratégie du groupe, qui a dégagé 23,4 milliards de dollars de bénéfice net l'an passé sur fond de remontée des cours du brut.

Ces trois dernières années, Shell a bouclé l'acquisition géante du groupe gazier BG, vendu 30 milliards de dollars d'actifs jugés non stratégiques, investi dans plusieurs projets de production majeurs notamment dans le Golfe du Mexique et au Canada et dopé sa présence dans les énergies renouvelables et la production d'électricité, a énuméré le comité.

Sur la question de l'électricité, le groupe est d'ailleurs particulièrement ambitieux.

Maarten Wetselaar, son directeur pour l'activité gaz et nouvelles énergies, a déclaré lundi sur Bloomberg TV que Shell pourrait "devenir la plus grande compagnie d'électricité du monde au début des années 2030".

A l'instar de plusieurs concurrents pétroliers, comme BP et Total, Shell a lancé dernièrement une série d'investissements dans l'électricité. Il a notamment acquis la compagnie britannique d'électricité et de gaz First Utility, la société néerlandaise de recharge pour voitures électriques NewMotion et est devenu le premier actionnaire de la société américaine de panneaux solaires Silicon Ranch Corporation.

pn/jbo/mra

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