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Réacteur Iter : les premiers composants arrivés en France, les prochains d'ici 2021

"Tous les grands composants" du réacteur Iter, un immense chantier international visant à maîtriser la fusion nucléaire, "seront sur place en 2021", a assuré mercredi le directeur général d'Iter Organization, Bertrand Bigot, au cours d'une visite de ce site implanté dans le sud-est de la France.

"Un certain nombre des composants du réacteur comme les grands réservoirs qui sont nécessaires pour assurer la sûreté de l'installation sont arrivés - les uns de Chine, les autres des Etats-Unis - et ont été positionnés dans les bâtiments", a dit M. Bigot au cours d'une conférence de presse.

"Nous sommes dans le calendrier planifié il y a deux ans", a poursuivi le directeur général qui, au moment de sa reprise en main du projet en 2015, avait repoussé la date des premiers tests à 2025 au lieu de 2020.

Objet d'un traité international signé à l'automne 2006, Iter a pour ambition de reproduire l'énergie illimitée qui alimente le soleil et les étoiles. Grâce au "tokamak", une immense chambre de confinement magnétique entourée d'aimants où se produira l'expérience de fusion nucléaire, les promoteurs du projet espèrent faire de la fusion nucléaire l'une des énergies de demain.

"Tous les grands composants pour la construction de l'immense cage magnétique de 20 m de diamètre et de 20 m de haut qui vont servir à confiner le plasma (gaz chaud électriquement chargé) en même temps qu'à assurer l'accélération des noyaux d'hydrogène qui rentrent en collision et fusionnent, seront sur place en 2021", a poursuivi M. Bigot.

Le bâtiment qui doit accueillir tous ces équipements est quant à lui attendu au printemps 2020, a-t-il ajouté.

Le projet Iter est financé par sept partenaires (Union européenne, Etats-Unis, Russie, Japon, Chine, Inde, Corée du Sud), essentiellement en "nature" (fournitures des équipements et pièces nécessaires à la construction), mais son coût a flambé avec le retard, passant de cinq à 18,6 milliards d'euros .

"Si les sept partenaires Iter apportent les contributions telles qu'elles sont planifiées, nous tiendrons le budget. Aujourd'hui tous les pays ont tenu leur promesses, les Etats-Unis ont un certain retard de paiement, mais j'ai bon espoir qu'ils seront au rendez-vous", a commenté le directeur général.