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Le premier paquebot de croisière propulsé au GNL prendra la mer en novembre

Le tout premier paquebot de croisière propulsé au gaz naturel liquéfié (GNL) prendra la mer en novembre depuis l'Allemagne, a annoncé jeudi à Paris l'association professionnelle Clia, alors que d'autres navires de ce type sont actuellement en construction.

L'Aida Nova, de la compagnie Aida (marque du groupe Costa Croisières), uniquement destiné au marché allemand et qui compte 2.626 cabines pour une capacité d'accueil de 5.200 passagers, sera livré le 15 novembre pour entamer ses croisières inaugurales le 27 novembre depuis le port de Hambourg.

Il sera suivi en octobre 2019 du Costa Smeralda, lui aussi entièrement propulsé au GNL. Il comptera également quelque 2.600 cabines.

"Le gaz naturel liquéfié est le carburant propulseur le moins +impactant+ et le plus éco-compatible. La préoccupation de l'environnement est au coeur de l'industrie de la croisière, on n'existerait pas sans la mer. Nous pouvons améliorer notre empreinte", a souligné lors d'une conférence de presse Erminio Eschena, président de Clia France, l'association qui regroupe les principales compagnies de croisière.

Il précise qu'un paquebot fonctionnant au GNL "représente un surcoût considérable, aussi bien en termes de conception que pour la remise en état. Cela se chiffre à plusieurs dizaines de millions d'euros" supplémentaires.

"Les coûts de construction sont beaucoup plus élevés. Le Nova comme le Smeralda vont coûter un milliard d'euros, avec une durée d'amortissement de 30 ans. Mais ce sont des paris sur l'avenir que font les armateurs", a complété Georges Azouze, PDG France de Costa Croisières.

Reste maintenant à équiper petit à petit les ports d'escale et d'embarquement pour s'adapter à l'approvisionnement des paquebots fonctionnant au GNL: "il faut que tout l'écosystème soit porté par le mouvement", souligne Erminio Eschena.

"C'est bien joli d'avoir une nouvelle bécane avec un nouveau moteur, mais s'il n'y a pas de pompe, où fait-on le plein?", questionne-t-il. Il indique qu'"il a fallu trouver un fournisseur qui a dû construire des barges pour amener (le GNL) dans les ports où ces bateaux feront escale. Donc il y a un surcoût aussi pour l'industrie".

Selon Costa, le GNL, combustible fossile considéré comme le plus propre au monde, évite presque entièrement l'émission de particules fines et d'oxydes de soufre. Il permet également de réduire les émissions d'oxydes d'azote et de CO2.

"L'industrie de la croisière est régulièrement attaquée sur son impact environnemental, ce qui est injuste. On ne parle jamais de ce qu'on fait, comme le recyclage à bord", a déploré à l'AFP Clément Mousset, responsable en France de la compagnie Celestyal Cruises.