Dossier : Imaginer la ville du futur

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Réalité et utopie : l’avenir vu par les urbanistes

Comme à chaque époque de l’Humanité, des architectes et des urbanistes dessinent ce qu’ils pensent devoir être la ville du futur. Il est d’ailleurs amusant de revoir comment les urbanistes des années 60 imaginaient la ville de l’an 2000 ; la réalité d’aujourd’hui est souvent plus étonnante que ce qu’ils avaient prévu alors ! Certains projets pour le XXIe siècle relèvent de la science-fiction et de l’utopie, voire du rêve, tandis que d’autres incluent des éléments qui commencent à être mis en œuvre dans des métropoles mondiales. Voici quelques exemples parmi des centaines de visions de l’avenir urbain1.

Maquette d'un projet de ville sous-marine en forme de spirale imaginée par un groupe de construction japonais
La ville sous-marine « Ocean Spiral », à laquelle réfléchit le groupe de construction japonais Shimizu, pourrait accueillir plusieurs milliers de personnes et s’auto-alimenter en énergie et en nourriture. © FLICKR / SHIMIZU CORPORATION

Paris en 2050 ?

L’architecte belge Vincent Callebaut a présenté à l’Hôtel de Ville de Paris un projet complet pour transformer la capitale française en « Smart city 2050 ». Deux idées fondamentales dominent ses maquettes : densifier le nombre de logements en élevant de plusieurs étages les immeubles, même les plus historiques, et « rapatrier la nature » dans la ville. Les arbres envahissent tous les espaces libres et poussent le long des façades pour réduire la température et contribuer à une réduction de 75 % des émissions de gaz à effet de serrePhénomène naturel permettant un accroissement de la température de l'atmosphère d'une planète grâce à la présence de certains gaz.... L’architecte se défend d’être un utopiste et a conçu à Taïwan une tour qui va dans ce sens et devrait être inaugurée en 2018. La Tao Zhu Yin Yuan (ou Agora Garden) est une tour d'habitation de 25 étages torsadée, avec 10.000 m2 de balcons végétalisés, une pergola photovoltaïque de 1.500 m2 et des lagunes de phyto-épuration pour recycler les eaux usées. Voir les projets.

Le pont-jardin de Londres

Nombre d’architectes prévoient de gagner de l’espace sur les quais des ports ou les fleuves des grandes villes. Le designer Thomas Heatherwick, sur une idée d’une actrice anglaise célèbre, Joanna Lumley, a failli réussir un projet spectaculaire : un pont jardin suspendu pour piétons qui aurait traversé la Tamise en plein cœur de Londres, sur une longueur de 367 mètres. Mais le dépassement de budget et des désaccords sur la prise en charge très coûteuse de l’entretien de la couverture végétale a coulé le « Garden Bridge »… Voir les images.

Habiter la mer : Ocean Spiral

 Vivre sur la mer ou au fond de la mer est un rêve qui habite l’Homme depuis le mythe de l’Atlantide. Un groupe de construction japonais, Shimizu, réfléchit depuis des années à une « ville globale flottante » pouvant accueillir jusqu’à 5 000 habitants. Une sphère de 500 mètres de diamètre serait immergée aux neuf dixièmes et pourrait descendre le long d’un axe hélicoïdal plongeant jusqu’à 4 000 mètres de profondeur. Elle échapperait ainsi aux tempêtes de la surface, comme le faisait le Nautilus du capitaine Nemo de Jules Verne. L’ensemble de la surface, comme le faisait le Nautilus du capitaine Nemo de Jules Verne. L’ensemble de la structure, appelée Ocean Spiral, serait capable de produire toute l’énergie et l’alimentation nécessaires et abriterait des commerces, des logements, des bureaux, des laboratoires de recherche. Elle permettrait d’exploiter des métaux rares dans les fonds sous-marins. Voir le projet (en anglais uniquement).

Des fermes marines dépolluantes

Vincent Callebaut envisage quant à lui des fermes marines, cultivant des algues vertes qui biodégraderont les matières plastiques des océans. Elles produiront de l’hydrogèneL'hydrogène est l'atome le plus simple et le plus léger. C'est l'élément de très loin le plus abondant de l’univers. utilisé par des flottes de zeppelins, que l’architecte considère comme un élément de la mobilité aérienne du futur. Voir le projet (en anglais uniquement).

Des îles autonomes

L’Institut Seasteading, lancé par deux entrepreneurs de la Silicon Valley, a l’ambition de créer des îles flottantes, totalement autonomes et qui pourraient recueillir des populations de terres menacées par la montée des eaux consécutive au réchauffement climatiqueLe réchauffement climatique, appelé aussi réchauffement planétaire ou réchauffement global, est un phénomène d'augmentation de la température moyenne des océans.... Il étudie un projet en Polynésie française, pour une plate-forme de 7 500 m2, pour 200 résidents. Les polluants déversés en mer seraient récupérés par la ville flottante et recyclés en biocarburantsUn biocarburant est un carburant produit à partir de matières végétales ou animales.... Leur projet a une dimension « libertaire » : ces îles échapperaient au contrôle des États, préfigurant ainsi une nouvelle organisation du territoire mondial. Voir le projet (en anglais uniquement).

Conquérir le ciel

Certains architectes donnent une dimension onirique à leurs projets. Le bulgare Tsvetan Toshkov, qui travaille à Londres, rêve d’une « ville dans le ciel », construite au-dessus des métropoles actuelles. La dimension utopique est revendiquée : la ville aurait une forme de fleur de lotus, symbole de vie chanté par le poète japonais Kobayashi Issa. Voir la vidéo.

Des capsules aériennes à la demande

Des ingénieurs de l'Ames Research Center de la Nasa ont imaginé un réseau de transport individualisé. Des capsules, suspendues à quelques mètres du sol par effet magnétique, parcourent la ville le long d’un réseau ramifié à des vitesses jusqu'à 100 km/h. À partir de micro-stations, l’usager peut commander le véhicule depuis une application avec son téléphone portable. La consommation d’énergie et le coût d’installation seraient faibles. Voir la vidéo.

Les expérimentations de Paris

Plus modestement mais plus concrètement, la ville de Paris teste une série de nouveaux moyens de déplacement.

Prévues pour naviguer sur la Seine, les sea-bubbles sont des hydroptères (hydrofoils) électriques. Dès la vitesse de 10 km/h, ils s’élèvent au-dessus de l’eau, évitant ainsi l’inconfort du roulis. Les utilisateurs pourront aussi les réserver via l’application par téléphone. Voir le projet (en anglais uniquement). 

Les transports parisiens testent déjà de petits autobus autonomes, sans conducteur, par exemple entre deux gares proche, dans les espaces verts de la capitale ou sur des campus universitaires. Voir l'expérience à Paris-Saclay.

 

 

Sources :

(1) Voir notamment les conférences de la Cité des Sciences et les dossiers de Futura Sciences