Dossier : Climat : la difficile application de l'Accord de Paris

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Les acteurs non-étatiques de plus en plus actifs

Les villes, les territoires, les grandes entreprises, les ONG : autant d’acteurs qui sont de plus en plus actifs sur la scène mondiale pour assurer la mise en œuvre de l’accord de Paris conclu à la COP21 en décembre 2015. Cette intervention croissante de la société civile est reconnue par les États et l’ONU comme un levier essentiel pour le succès de l’action contre le réchauffement climatique.

Image d'une station Autolib' à Paris.
Les grandes villes multiplient les initiatives pour réduire leurs émissions. Ici, le service de voitures électriques en libre service Autolib' à Paris. ©AFP

Trois semaines après la COP23 de Bonn, et pour marquer le 2ème anniversaire de l’Accord de Paris, un sommet d’un nouveau genre, le « One Planet Summit », a été organisé le 12 décembre 2017 à Paris par le président français Emmanuel Macron, la Banque mondiale et l'ONU. Il a confirmé le poids pris par les acteurs non-étatiques, notamment les grandes entreprises et les métropoles mondiales.  Cette tendance devrait s’amplifier puisqu’un « sommet de l'action climatique mondiale » réunira en septembre 2018 à San Francisco des milliers de villes, d’entreprises, de scientifiques et de citoyens.

Les coalitions d’entreprises et investisseurs

Le « One Planet Summit », qui pourrait être reproduit en 2018, s’est concentré sur la question de la « finance verte », c’est-à-dire du soutien des pays riches aux pays émergents. Il a été marqué par l’élargissement de coalitions entre investisseurs et grands groupes industriels pour réorienter les financements vers des projets s’inscrivant dans la transition énergétiqueLa transition énergétique désigne le passage du système actuel de production d'énergie....

La Breakthrough Energy Coalition1 , créée par Bill Gates, le fondateur de Microsoft, s’est engagée à accélérer la commercialisation de nouvelles technologies (stockage de l’énergie, réseaux intelligents, matériaux de construction, géothermieLe terme géothermie désigne à la fois la science qui étudie les phénomènes thermiques internes au globe terrestre..., etc).

Plus de 230 entreprises de 29 pays soutiennent la « task force » TCFD2  lancée par le riche homme d’affaires et ancien maire de New-York Michael Bloomberg. Celle-ci établit des règles de transparence que les groupes industriels s’engagent à respecter pour que les fonds d’investissement et les banques puissent faire des choix pertinents.

Dans le même temps, des initiatives sont engagées pour freiner les investissements dans les énergies fossiles. La Banque mondiale ne les financera plus après 2019, sauf éventuellement quelques projets gaziers dans les pays pauvres. La vingtaine de banques de développement nationales et régionales et les plus grands fonds souverains (ceux de Norvège, des pays du Golfe, de Nouvelle-Zélande) ont décidé de se concerter pour aller dans le même sens. En outre, 225 grands investisseurs institutionnels se sont engagés à faire pression sur les 100 entreprises cotées les plus émettrices de gaz à effet de serre.

85 : c’est le nombre de grandes métropoles mondiales rassemblées par le mouvement C40 

L’organisation des grandes villes 

Les villes se regroupent également au sein d’associations pour harmoniser leurs normes et leurs données relatives aux émissions de gaz à effet de serre (GES)Les gaz à effet de serre sont des gaz dont les propriétés physiques induisent un réchauffement de l’atmosphère de notre planète... , mettre en commun des bonnes pratiques, faire circuler l’information et faire pression sur les gouvernements, les investisseurs et les entreprises.

Le Pacte des maires : en septembre 2014, lors du sommet sur le climat réuni à New York par le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon, les trois plus grands réseaux mondiaux, le C40, le CGLU et l’ICLEI, se sont rapprochés au sein du « Pacte des maires ».

Le C403 : représentatif des grandes métropoles, il avait été fondé en octobre 2005 par le maire travailliste de Londres Ken Livingstone, qui avait alors réuni les représentants de 18 grandes villes. Le mouvement a rassemblé rapidement 40 villes, d’où le nom qui lui est resté même s’il en rassemble aujourd’hui 85. Le C40 affirme que ses membres représentent 650 millions de citoyens qui génèrent 25 % du PIB mondial. La maire de Paris Anne Hidalgo a été nommée en juillet 2016 présidente pour trois ans, après Eduardo Paes, maire de  Rio de Janeiro et Michael Bloomberg, ancien maire de New-York. Le C40 est soutenu financièrement par plusieurs fondations, notamment celles de Michael Bloomberg et de l’ancien président américain Bill Clinton et de sa famille.

Le C40 regroupe en fait 85 villes qui représentent ensemble 650 millions de citoyens.

 

Le CGLU4 (Cités et Gouvernements Locaux Unis), créé en mai 2004, est à l’origine la principale organisation mondiale de villes jumelées. Présente dans 136 pays, elle assure la représentation des autorités locales du monde auprès des institutions internationales. 

L’ICLEI5 (Gouvernements Locaux pour la Durabilité) est un réseau qui représente plus de 1 000 gouvernements locaux dans le monde.

Le Pacte des Maires se propose notamment d’agréger les programmes et les engagements pris à tous les niveaux et d’assurer une information régulière et transparente de la réduction des émissions, à travers un registre commun, le Carbon Climate Registery6 (cCR), une plateforme où les collectivités peuvent inscrire leurs données.

 

 

Sources :

(1) Voir le site Breakthrough Energy (en anglais niquement)

(2) Task Force on Climate-related Financial Disclosures (en anglais uniquement)

(3) Site du C40 (en anglais uniquement)

(4) Site CGLU

(5) Site ICLEI (en anglais uniquement)

(6) Plateforme Carbonn (en anglais uniquement)