Dossier : Le transport du gaz et le GNL

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Le transport du gaz par voie terrestre

La voie terrestre, par gazoducs, reste le mode de transport privilégié du gaz naturel, même si le gaz naturel liquéfié (GNL) se développe depuis plusieurs années. Réalisée point à point, la liaison terrestre soulève parfois de délicats problèmes géopolitiques. 

Le transport du gaz par voie terrestre
Départ de lignes de gazoducs de la compagnie qatariote Qatargas. © M. LABELLE

Si la part du GNLLe GNL est du gaz naturel liquéfié (LNG en anglais), constitué presque exclusivement de méthane... convoyé par méthanierLes méthaniers sont des navires qui permettent de transporter du gaz naturel liquéfié (GNL). progresse dans le commerce mondial, les échanges du gaz par liaisons fixes sont encore dominants, tout particulièrement dans les échanges intra-régionaux, c’est-à-dire entre pays d’une même zone géographique.

20 km/h : la vitesse à laquelle se déplace le gaz dans un gazoduc.

 

On utilise alors les gazoducs, dont il existe deux types :

Le coût du transport par gazoducCanalisations destinées à transporter du gaz sur de longues distances (sur terre ou au fond de la mer). est 4 ou 5 fois supérieur à celui du transport du pétrolePétrole non raffiné. par pipeline. Les gazoducs sont en effet généralement enterrés pour raisons de sécurité. Le gaz doit en outre être comprimé tous les 120 à 150 km par des stations de compression, afin d’assurer sa circulation le long du réseau à une vitesse de 15 à 20 km/heure.

Dans les transports intra-régionaux, plus des trois quarts des volumes échangés le sont par gazoducs. En revanche, dans les liaisons intercontinentales, la part du GNL et des liaisons fixes (dans le cas de continents proches) sont à peu près égales1.

Contrairement au transport du GNL, qui peut suivre des routes maritimes flexibles (Voir le décryptage : « GNL : le transport par méthanier et la regazéification »), le transport par gazoducs se fait point à point, selon des cheminements fixes. Dans certains cas, la construction de gazoducs est impossible à cause du relief, du climat hostile des zones à traverser, ou de la situation politique de la région.

Le coût du transport par gazoduc est 4 ou 5 fois supérieur à celui du transport du pétrole par pipeline.

 

L’installation de gazoducs et le choix de leurs tracés peuvent alors avoir une forte dimension géopolitique. Les voies d’approvisionnement de l’Europe par le gaz russe en est un exemple. Pendant des décennies, 80 % du gaz russe a transité par l’Ukraine, alors partie intégrante de l’URSS. Mais cette part est tombée à 50 % en 2015 et pourrait atteindre à terme seulement 25 % en raison des crises persistantes entre l’Ukraine et la Russie. Celle-ci a engagé des voies de contournement, par le nord, sous la mer Baltique, et par le sud, via la Turquie (voir le décryptage « Énergie et géopolitique : Le transit du gaz russe » et l'infographie « Gazoducs Russie/CEI vers l'Europe existants et en projets » ).

 

Le transport du gaz a une importance croissante dans la mesure où cette énergie est la seule des énergies fossiles qui devrait connaître une progression dans les années à venir. Selon un scénario de l’AIEL'AIE (IEA en anglais) est une agence autonome au sein de l'OCDE, créée en 1974 lors du premier choc pétrolier..., qui correspondrait à l’augmentation maximale souhaitée de 2 °C de la température du globe, le gaz devrait représenter 23 % du mix énergétiqueLe mix énergétique, ou « bouquet énergétique », décrit la répartition des différentes sources d’énergies utilisées pour la consommation énergétique d’un territoire... mondial en 2035 (contre 19 % en 1990). Dans le même temps, le charbon passerait de 25 % à 16 % du mix mondial et le pétrole de 37 % à 25 %, toujours selon ce scénario idéal.

 

Source :

(1) CEDIGAZ