Dossier : Le Japon et l'énergie

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Japon : la dynamique des « communautés intelligentes »

Le sens profond de la « communauté » qui marque la société japonaise aux différents niveaux de la famille, de l’entreprise ou de la nation, a un impact fort sur la façon de gérer l’énergie. Cette spécificité permet une intégration poussée des nouvelles technologies innovantes dans la vie quotidienne des citoyens.  Les maisons et les quartiers « intelligents », et plus intimement les « communautés intelligentes », sont une marque de fabrique du Japon.

La tradition japonaise de solidarité et de standardisation (ici les maisons identiques d'une nouvelle banlieue) permet une gestion efficace de l'énergie. ©SHUTTERSTOCK

Un nouveau système social

La société japonaise est établie sur des traditions et des caractéristiques qui présentent des différences majeures avec celles des pays européens ou nord-américains. La gestion de l’énergie et de l’environnement en général a donc pris une dimension originale, fondée sur des innovations très délocalisées au niveau de la maison, du quartier ou de la ville.

Les associations de quartier (chōnaikai) sont une institution séculaire. L’organisation du groupe familial, comme celui de l’entreprise, est très hiérarchisé. L'individu s’efface souvent au profit du groupe. La société met en valeur la notion de solidarité collective.

 

5,3 millions : le nombre de piles à hydrogène statiques qui pourraient alimenter en électricité et chauffer les maisons individuelles d’ici 2035, selon le plan gouvernemental.

 

Le respect des « anciens » est d’autant plus marqué que la population a beaucoup vieilli et diminue globalement en chiffres absolus. Un quart des Japonais a plus de 65 ans et en 2035, cette proportion sera d’un tiers, selon les prévisions de l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques). Le vieillissement est accentué par la très faible immigration, même si elle a tendance à augmenter dans les dernières années. Cette situation a de multiples effets économiques, que ce soit sur les dépenses de santé, l’organisation des transports ou l’urbanisme.

Dans ce contexte, le Japon a forgé le mot de « communauté intelligente » (smart community)1. Les experts du METI, le puissant Ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie, l’ont définie comme « une communauté de taille variable à laquelle différents types de consommateurs participent et qui crée un nouveau système social ». « Ce système social » est notamment fondé sur toutes les technologies nées du mariage de l’énergie et du numérique, afin de réduire la consommation et d’assurer la sécurité de l’alimentation énergétique dans un pays menacé par les catastrophes naturelles. Ce « système social » inclut la domotiqueLa domotique représente l'ensemble des procédés d'automatisation et de programmation applicables aux domiciles... pour aider à la vie de tous les jours, incluant la fourniture de soins aux personnes âgées. Les Jeux Olympiques d’été de 2020 devraient être une vitrine de ces technologies2.

Des nouvelles technologies au plus près du citoyen

Parmi ces technologies :

L’espace est un problème majeur au Japon qui freine le développement des grands parcs solaires et éoliens.

Des quartiers laboratoires

Ce développement des « maisons intelligentes » s’intègre dans le développement d’éco-quartiers et de villes (réseaux de transports publics électriques, utilisation du big data, connexions aux parcs solaires et éoliens périphériques, etc…). Le quartier de Kashiwanoha, dans la banlieue de Tokyo, propose une vision de cette ville de demain, intégrant des  nouvelles technologies mais aussi des solutions aux défis sociaux : intégration des personnes âgées, services de soins de proximité, éco-mobilité partagé, comité de quartier proposant des activités communautaires, etc3.

 

 

Sources :

(1) Smart Communities Summit – Juin 2017 (en anglais uniquement)

(2) Dossier de la CRE sur le Japon

(3) Voir le site de Kashiwanoha (en anglais uniquement)