Dossier : L’efficacité énergétique

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Décryptages

Efficacité énergétique : les progrès du secteur industriel

L’industrie a beaucoup contribué, depuis plus de 40 ans, à l’amélioration de l’efficacité énergétique. Elle y trouve son bénéfice dans la réduction de ses dépenses d’énergie par unité de production. Les innovations technologiques industrielles et de nouvelles approches, comme l’écologie industrielle et l’éco-conception, ont permis ce mouvement.

La  raffinerie de Port Arthur au Texas
L'industrie consomme moins d'énergie que les transports et moins que l'habitat, secteur le plus énergivore. Ici, la raffinerie de Port Arthur (Texas) ©BARRY STEVEN / TOTAL

Contrairement à une idée reçue, le secteur industriel n’est pas le plus gros consommateur d’énergie dans le monde. La part du secteur industriel et des mines est estimée à 31 %, derrière les transports (35 %) et l’habitat résidentiel et tertiaire (34 %)1. La hiérarchie est la même en Europe, avec une part plus importante des services1.

Les secteurs industriels ont commencé leurs efforts de réduction de leur consommation au moment du premier choc pétrolierUn choc pétrolier est causé par une pénurie de pétrole réelle, anticipée ou spéculative... de 1973. Avant cet enchérissement des prix du pétrolePétrole non raffiné. , l’industrie consommait 45 % de l’énergie européenne. Sa part n’a cessé de baisser même si cette évolution doit être tempérée : l’économie des pays de l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE) s’est réorientée vers le secteur tertiaire et une partie de son industrie a été décentralisée vers d’autres régions du monde.

24 % : la part de la consommation énergétique de l’industrie en Europe, derrière l'habitat (34 %) et les transports (35 %).

 

L’industrie a un intérêt fondamental à améliorer son efficacité énergétiqueEn économie, l'efficacité énergétique désigne les efforts déployés pour réduire la consommation d'énergie d'un système... , celui de réduire ses coûts, et donc d’augmenter sa marge de profitabilité. L’énergie est une matière première à gérer et un centre de coût à maîtriser. Les secteurs les plus énergivores (cimenteries, aciéries, raffinageEnsemble des opérations industrielles permettant d'élaborer divers produits pétroliers (gaz, essences, fiouls, bitumes…) à partir de pétroles bruts. , pétrochimieLa pétrochimie est la chimie des dérivés du pétrole. Elle permet la fabrication de nombreux produits de notre environnement quotidien. ) ont été les premiers à investir dans l’efficacité énergétique. En raison de l’augmentation des prix de l’énergie, tous les secteurs se sont aujourd’hui investis dans cette recherche d’efficacité. 

 

Favoriser l’amélioration continue

Un industriel désireux de réduire sa consommation énergétique a trois options à sa disposition :

  • construire une nouvelle usine avec les technologies d’aujourd’hui ; c’est le plus efficace mais cela implique un investissement évidemment très lourd ;
  • remplacer ou modifier tous les 3 ou 4 ans, lors des opérations régulières de maintenance, les unités les plus consommatrices de l’usine ;
  • optimiser en continu ses opérations. Il est possible de faire de l’ordre de 1 à 2 % de progrès d’efficacité énergétique chaque année. Ce principe d’amélioration continue est souvent privilégié, car il est moins gourmand en capitaux et parce qu’on ne peut identifier, une fois pour toutes, la configuration idéale. Il est toujours possible de gagner en efficacité, notamment grâce aux briques technologiques développées par la recherche.

L’écologie industrielle

Au cours des vingt dernières années, des progrès substantiels ont été réalisés grâce à la collaboration entre les entreprises, au sein de parcs éco-industriels concourant à des « symbioses industrielles » et à une « écologie industrielle ».

Un parc éco-industriel est une communauté d’entreprises, industrielles et de services, qui cherchent une performance environnementale et économique améliorée grâce à une collaboration dans la gestion de l’énergie, de l’eau, des déchets et à des échanges de services et de produits. (Voir le décryptage « Les parcs éco-industriels, au service de l’économie et de l’environnement »).

L’écologie industrielle encourage donc une étroite coopération entre les entreprises, dont le nombre peut aller de quelques unités à plusieurs milliers comme dans les grands parcs chinois. On estime à 20 000 le nombre de ces parcs qui apparaissent dans toutes les régions du monde, développées ou émergentes.

En France, un exemple souvent cité est celui du bassin de Dunkerque où plus de 200 entreprises sont associées sur divers projets. Les gaz inutilisés dans l’activité sidérurgique du groupe Arcelor-Mittal sont par exemple réutilisés pour produire de l’électricité et de la chaleurAujourd'hui, en thermodynamique statistique, la chaleur désigne un transfert d'agitation thermique des particules composant la matière...  qui alimentent le réseau urbain dunkerquois. Dans le monde, un exemple célèbre est celui de Kalundborg au Danemark2.

Le secteur industriel consomme moins d'énergie que l'habitat ou les transports.

Mieux gérer la chaleur 

Au niveau d’un parc ou d’une entreprise en particulier, une bonne gestion de la chaleur joue un rôle essentiel (Voir le dossier : « Mieux utiliser la chaleur »).

L’intégration thermique consiste à concevoir des chaînes de production où l’on peut transférer l’énergie calorifique d’un point de la chaîne où elle est inutile, vers un autre point où elle est réemployée.

La récupération des chaleurs perdues, dites fatales, constitue un gisementUn gisement est une accumulation de matière première (pétrole, gaz, charbon, uranium, minerai métallique, substance utile…)... très important d’énergie, notamment dans les industries des métaux, du verre, du ciment, du raffinage ou dans les centrales nucléaires. Dans toutes les installations, il est possible de transformer en énergie ce qui est souvent considéré comme un déchet ou un sous-produit fatal : eaux usées, déchets divers, matières organiques, déperditions de vapeur.

L’éco-conception

En ce qui concerne la fabrication de produits, l’éco-conception est une démarche qui consiste à prendre en compte les enjeux énergétiques et environnementaux à toutes les étapes de la vie d’un produit ou d’un service : fabrication, distribution, utilisation, valorisation finale, notamment par le recyclage. Cette « analyse du cycle de vie » est encadrée par des normes (normalisation internationale international organization for standardization (iso)L’ISO, Organisation internationale de normalisation, a un statut d'organisation non gouvernementale... développée à partir de 1994). (Voir le décryptage : « Consommation : l’affichage carbone et environnemental »)

 

 

Sources :

(1) Indicateurs mondiaux AEI

(2) La genèse de Kalundborg