Dossier : Climat : la difficile application de l'Accord de Paris

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COP22/COP23 : des réunions d'attente, des émissions de CO2 en hausse

Après l’Accord de Paris sur le climat conclu à la COP21, deux autres « conférences des parties » se sont tenues : la COP22, en novembre 2016 à Marrakech (Maroc) et la COP23 en novembre à Bonn (Allemagne). Elles ont confirmé tous les grands axes de l'Accord de Paris mais ont repoussé les nouvelles décisions indispensables à la COP24 de 2018, qui se tiendra en Pologne.

Conférence dite du "One Planet Summit", organisée à Paris en décembre 2017, avec 50 dirigeants mondiaux.
Les représentants des principaux pays à la COP23, le 15 novembre 2017, à Bonn (Allemagne), sous la présidence des îles Fidji. ©PATRIK STOLLARZ / AFP

L’état des ratifications

L’Accord de Paris avait été formellement ratifié un mois avant la réunion de Marrakech, le seuil de « 55 États responsables d’au moins 55 % des émissions de gaz à effet de serrePhénomène naturel permettant un accroissement de la température de l'atmosphère d'une planète grâce à la présence de certains gaz... (GES) » ayant été atteint. Au moment de la réunion de Bonn, 171 pays1 avaient ratifié l’accord (sur les 193 qui l’ont signé). Parmi les pays manquants, la Russie, qui attend des « précisions techniques », la Turquie, l’Iran, le Koweit, Oman. Manquent aussi quelques pays en guerre ou en difficulté économique. Mais depuis Marrakech, une sérieuse incertitude est apparue :  le président Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, qui ne pourra être formellement acté avant fin 2020.

Les résultats de la COP22

La COP22 a pris une initiative en avançant à 2018 la mise au point du « mode d’emploi » de l’Accord de Paris. L’Accord entre juridiquement en vigueur en 2020 mais il faut préparer un certain nombre de mécanismes complexes : par exemple, comment mesurer de la même façon dans tous les pays les émissions dans l’industrie, l’habitat, les transports, l’énergie, l’agriculture ? Comment vérifie-t-on ? Comment transmet-on aux organismes internationaux ?

Avec ce mode d’emploi, les pays pourront commencer à appliquer leurs « contributions nationales » et à les améliorer. L’une des innovations de la COP21 avait été d’inviter les États à présenter des objectifs de réduction de GES, résultant d’une démarche volontaire. La quasi-totalité des États ont joué le jeu mais dans leur état actuel, ces contributions sont insuffisantes pour maintenir le réchauffement en dessous de 2°C, puisqu’elles ne couvrent qu’un tiers des réductions de GES que les experts du climat jugent nécessaires.

30 % : la part de la Chine dans les émissions mondiales de CO2

Les résultats de la COP23

La COP 23 a été présidée par les îles Fidji, un des États insulaires les plus menacés par le réchauffement climatiqueLe réchauffement climatique, appelé aussi réchauffement planétaire ou réchauffement global, est un phénomène d'augmentation de la température moyenne des océans..., mais s’est tenue en Allemagne pour des raisons logistiques.

La conférence s’est contentée de confirmer l’importance de la réunion de 2018, à Katowice en Pologne, qui devra tirer le « bilan collectif » des contributions nationales. Un nouveau rapport du GIECLe GIEC est le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat... (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) sera publié en 2018 pour préciser les efforts à faire.

Lors de la COP23, les pays développés et les pays en voie de développement ne sont toujours pas tombés d’accord sur la difficile question des financements climatiques assurés par les pays riches, qui devraient s’élever à 100 milliards de dollars par an d'ici 2020.

Les émissions mondiales de CO2 issues des énergies fossiles sont reparties à la hausse en 2017, après trois années quasiment stables.

Des émissions de CO2 qui repartent à la hausse

Publié en marge de la conférence de Bonn, un rapport du Global Carbon Project2 a jeté un froid… Les émissions mondiales de CO2Dioxyde de carbone. Avec la vapeur d'eau, c’est le principal gaz à effet de serre (GES) de l'atmosphère terrestre... qui sont issues spécifiquement de l’industrie et des énergies fossiles sont reparties à la hausse en 2017 (autour de +2 %), après trois années quasiment stables. La Chine, qui est le plus gros émetteur en valeur absolue, a vu ses émissions croître de 3,5 % en raison des hausses de ses consommations de charbon (+3 %), de pétrolePétrole non raffiné. (+5 %), de gaz (+12 %), toutes dues à la poursuite de sa croissance économique (+6,5 % en 2017).

La baisse des émissions de GES aux États-Unis, provoquée par le recul du charbon face au gaz de schisteLes gaz de schiste (ou shale gas) sont situés dans des roches sédimentaires argileuses enfouies à de grandes profondeurs..., s’est poursuivie, mais à un rythme moins élevé. L’administration américaine a engagé une politique plus favorable à la filière charbonnière.

Globalement, 30 % des émissions mondiales de CO2 sont dues à la Chine (10,2 Gigatonnes). Viennent ensuite les États-Unis (5,3 GtCO2), l’Union européenne (3,5 GtCO2), l'Inde (2,4 GtCO2), la Russie (1,6 GtCO2), le Japon (1,2 GtCO2), l’Allemagne (0,8 GtCO2). La France est à la 19e place mondiale, derrière le Royaume-Uni et l’Italie.

Les énergies renouvelablesOn appelle énergie renouvelable une source d'énergie dont le renouvellement naturel est immédiat ou très rapide... se développent à un rythme soutenu (+14 % par an en moyenne depuis 2012), mais, selon l’étude, il faut encore quelques années pour qu'elles aient un impact significatif sur les émissions mondiales de CO2.

 

 

Sources :

(1) Voir la liste des pays (en anglais uniquement)

(2) Voir le rapport (en anglais uniquement)