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Shell promet d'accélérer sa transition énergétique après un revers en justice

Le géant pétrolier Shell a promis mercredi d'accélérer sa stratégie climatique en réduisant davantage ses émissions carbone, à la suite d'une décision de justice défavorable aux Pays-Bas, mais sans toutefois dévoiler de mesures concrètes ni de calendrier précis.

Ce verdict, dont le groupe prévoit de faire appel, "ne signifie pas un changement mais plutôt une accélération de notre stratégie", écrit le directeur général Ben van Beurden dans un texte publié sur le site internet du groupe anglo-néerlandais.

"Désormais, nous allons chercher les moyens de réduire davantage encore nos émissions d'une manière réfléchie et rentable", complète le dirigeant.

Il précise que "cela signifiera probablement de prendre des mesures ambitieuses mais dosées dans les années à venir", sans donner aucun détail.

Fin mai, le tribunal de La Haye, saisi par des ONG, avait ordonné à Shell plus d'efforts pour abaisser ses "énormes" émissions de CO2, en lui demandant de les réduire de 45% en net d'ici fin 2030 par rapport à 2019.

Le groupe avait lui annoncé en février qu'il prévoyait de réduire - comparé à 2016 - son intensité carbone nette de 20% d'ici 2030, 45% d'ici 2035 et totalement (100%) d'ici 2050.

Shell avait annoncé alors qu'il s'attendait à faire appel, ce qu'a confirmé son patron mercredi.

"Deux semaines après, je suis toujours déçu" par la décision, souligne M. van Beurden, rappelant qu'elle s'applique "immédiatement" et ne sera pas pas suspendue pendant l'appel.

Mais pas question selon lui d'abandonner les hydrocarbures, pétrole et gaz, qui représentent l'écrasante majorité des profits du groupe, et doivent financer la transition énergétique.

"Pour une longue période, nous nous attendons à continuer à fournir de l'énergie sous forme de produits pétroliers et gaziers pour répondre à la demande des clients et pour maintenir la solidité financière de l'entreprise", écrit le dirigeant.

Il se justifie en expliquant que si Shell arrêtait de vendre de l'essence ou du diesel, "cela réduirait certainement les émissions", mais "la demande pour le carburant ne changerait pas".

"Les gens feraient le plein de leurs voitures ou des camions dans d'autres stations-service", selon lui.

Shell avait réussi à obtenir un soutien très majoritaire de ses actionnaires en mai en faveur de sa stratégie "verte" consistant à réduire sa dépendance au pétrole et au gaz et à devenir neutre en carbone d'ici 2050.

Mais une proposition dissidente par des défenseurs de l'environnement poussant Shell à en faire plus avait reçu un soutien important, de près de 21% des votes, signe de la pression accrue des actionnaires sur les groupes pétroliers.