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Nigeria: budget record pour l'année 2020 malgré les risques de récession

Le président nigérian Muhammadu Buhari a donné son accord final pour un budget 2020 record de 10.810 milliards de nairas (28,38 milliards de dollars), malgré les risques de récession en raison de la chute des cours du pétrole.

Le budget annuel pour l'année 2020 n'a finalement pas été sabré comme le gouvernement l'avait annoncé au début de la crise du coronavirus, craignant une chute de ses revenus pétroliers. Il est même supérieur au budget initialement établi en décembre.

"Je viens juste de promulguer un budget de dépenses de 10.810 milliards de nairas, ce qui représente une augmentation de 216 milliards de nairas (environ 557 millions de dollars, NDLR) par rapport à ce qui avait été proposé", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une cérémonie à Abuja.

M. Buhari a expliqué que cette hausse était due notamment aux dépenses supplémentaires provoquées par la crise sanitaire.

Ce n'est pas la première fois que son administration adopte un budget ambitieux, mais elle peine généralement à trouver les fonds pour le financer.

Le Nigeria, premier producteur de pétrole et une des deux plus importantes économies du continent avec l'Afrique du Sud, se remettait déjà difficilement de la récession de 2016-2017, et fin mai, la ministre des Finances avait annoncé que son Produit intérieur brut pourrait cette fois se contracter de 8,9% en 2020.

Soumis au contrecoup de la baisse des cours du pétrole, dont l'exportation représente environ 90% des recettes en devises étrangères du pays, et près des deux tiers du budget national, il devra emprunter aux institutions financières internationales s'il veut tenir son budget.

Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment approuvé un plan de financement d'urgence pour soutenir la lutte contre la pandémie à hauteur de 3,4 milliards de dollars.

En février déjà, un rapport du cabinet financier Moody's indiquait que "le Nigeria figure parmi les pays dont la situation apparaît la plus préoccupante en termes de soutenabilité de la dette" dans la zone ouest-africaine.