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Le pétrole porté par l'optimisme sur l'Opep et les risques géopolitiques

Les prix du pétrole ont terminé en forte hausse jeudi, les investisseurs misant sur une position commune des membres de l'Opep et de leurs partenaires sur le niveau de production lors de leur prochaine réunion et par la multiplication des troubles géopolitiques au Moyen-Orient.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier s'est apprécié de 1,57 dollar, ou 2,5%, pour finir à 63,97 dollars.

A New York, le baril américain de WTI pour janvier a gagné 1,57 dollar, ou 2,8%, pour finir à 58,58 dollars.

La veille, le Brent et le WTI étaient déjà montés de 2,4% et de 3,4% respectivement.

"Le WTI et le Brent sont en hausse (jeudi) alors que les principaux producteurs sont disposés à voter une prolongation des restrictions de production" d'or noir lors du prochain sommet de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui doit se tenir les 5 et 6 décembre à Vienne, a estimé David Madden, analyste de CMC Markets.

L'incertitude qui pesait jusqu'à présent sur la position de la Russie, partenaire de l'Opep via la charte de coopération Opep+, semble se dissiper.

"La Russie est un allié de l'Opep et son président, Vladimir Poutine, a déclaré hier (mercredi) que Moscou et l'Opep partageaient un objectif commun, ce qui encourage les investisseurs à l'achat", a ajouté M. Madden.

Le deuxième exportateur mondial de brut avait soufflé le chaud et le froid plus tôt dans la semaine, restant évasif sur sa position.

Par ailleurs, la hausse "plus que modeste" des stocks de brut aux Etats-Unis, annoncée mercredi par l'Agence américaine d'information sur l'Energie (EIA), a également contribué au soutien des cours, selon Craig Erlam, analyste chez Oanda.

D'autres éléments du rapport étaient aussi de nature à faire monter les prix, comme la forte baisse des réserves à Cushing, en Oklahoma, où sont stockés les barils servant de référence au WTI, et le rebond des exportations au-dessus de 3 millions de barils par jour, a souligné John Kilduff d'Again Capital.

Mais pour lui, les courtiers semblent aussi "faire preuve d'une nervosité grandissante face à la montée des troubles au Moyen Orient".

"Entre les manifestations au Liban, en Iran, en Irak, il y a beaucoup de pétrole en jeu", a-t-il souligné.

En Irak en particulier, Bagdad et le sud du pays sont secoués depuis le 1er octobre par un mouvement de contestation inédit et spontané réclamant des réformes et le départ d'une classe politique jugée incompétente et corrompue.