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Le gouvernement russe place le GNL au coeur de sa stratégie maritime arctique

Le gaz naturel liquéfié russe (GNL) doit représenter l'essentiel du fret sur la route maritime arctique qui doit exploser dans les prochaines années, selon une stratégie élaborée par le gouvernement citée vendredi dans la presse russe.

Le fret maritime doit être multiplié par huit de 2018 à 2035, passant de 20,2 à 160 millions de tonnes, et sera composé à 80% de GNL, selon une copie du projet de stratégie de développement de l'Arctique obtenue par le quotidien économique Vedomosti.

La production et le transport de gaz naturel liquéfié doivent aussi être multipliés par dix d'ici là, passant de 10,6 à 120 millions de tonnes.

La voie reliant l'océan Atlantique au Pacifique, appelée passage du nord-est ou route maritime du nord, devient de plus en plus praticable du fait de la fonte des glaces, due selon les scientifiques au changement climatique.

Beaucoup plus courte que la route traditionnelle par le Canal de Suez, elle devrait ouvrir de nouvelles liaisons commerciales et simplifier pour la Russie la livraison d'hydrocarbures, notamment en Asie.

La Russie a fait une priorité stratégique du développement de l'Arctique, où elle espère devenir la première puissance économique et militaire notamment grâce à ses réserves de pétrole et de gaz.

Le groupe privé Novatek est un des acteurs principaux de cette stratégie, notamment depuis le démarrage fin 2017 de sa gigantesque usine de GNL avec le français Total, qui l'a propulsé sur le devant de la scène.

Le gaz produit dans cette usine est transporté en méthanier brise-glace le long de la route maritime du nord. Une deuxième usine de ce calibre est en préparation à proximité.