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Irak/pétrole: des dizaines d'expatriés évacués après des manifestations (responsables)

Plusieurs dizaines de travailleurs expatriés ont été évacués d'Irak après des manifestations sur un site gazier de la province méridionale de Bassora, ont indiqué des responsables du secteur à l'AFP.

Mercredi, cinq avions ont sorti du pays une quarantaine d'expatriés de la compagnie pétrolière Shell --qui assure la gestion du gaz associé de trois champs du sud du pays avec Mitsubishi et la Compagnie gazière de Bassora (publique et majoritaire)--, ont indiqué des sources pétrolières et aéroportuaires.

Un responsable du secteur pétrolier, entièrement public en Irak, a précisé que l'évacuation avait été décidée après plusieurs jours de manifestations à Bassora d'employés accusant les autorités de ne pas payer les salaires dans les temps.

Les expatriés ont été "temporairement relocalisés", a assuré un porte-parole de Shell, sans toutefois préciser leur nombre ou leur destination. Et "la production n'a pas été touchée", a-t-il ajouté.

L'Irak a interdit les vols commerciaux depuis fin mars en raison de la pandémie mondiale de Covid-19, qui a contaminé plus de 3.000 Irakiens et fait plus de 130 morts. Seuls les avions mobilisés pour des évacuations sont autorisés à se poser ou à décoller.

L'Irak, deuxième producteur de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), vit actuellement la pire crise financière de son histoire récente. Son économie de rente repose quasiment uniquement sur le pétrole --plus de 90% des recettes de l'Etat en sont tirées-- alors que le prix des barils est en chute libre.

Cette semaine, le Premier ministre Moustafa al-Kazimi, tout juste nommé, a décrété que les salaires de mai seraient payés dans les temps, sans toutefois expliquer comment il allait trouver les quatre milliards de dollars nécessaires pour payer les huit millions de fonctionnaires et pensionnés du pays.

Fin mars, l'Etat avait déjà demandé six mois de délai supplémentaire pour payer les frais trimestriels qu'il doit aux compagnies pétrolières étrangères opérant dans les champs de Bassora. Il leur a également demandé de réduire leurs coûts d'opération de 30%.