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Exercice de crise à Flamanville: réponse "pas efficace" (sûreté nucléaire)

La centrale nucléaire de Flamanville (Manche) n'a pas répondu "de manière efficace et rapide à une situation d'urgence" simulée lors d'un exercice organisé de façon inopinée, a-t-on appris jeudi auprès de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

"L'organisation actuelle du site ne permet pas de répondre de manière efficace et rapide à une situation d'urgence similaire au scénario joué lors de l'inspection", écrit le gendarme du nucléaire dans une "lettre de suite" disponible sur son site internet.

Lors de cette inspection non programmée survenue dans la nuit du 11 au 12 janvier, un exercice de crise a été mené de façon inopinée.

Les inspecteurs ont alors notamment "constaté un délai tardif d'alerte des autorités". La préfecture n'a ainsi été prévenue qu'à 1H25 qu'un plan d'urgence interne avait été déclenché à 23H31, selon la lettre. L'astreinte locale de l'ASN l'a été plus tard encore (à 1H43).

L'alerte "sans délai" des autorités est pourtant "essentielle" pour protéger la population, a déploré la vice-présidente DVD du conseil départemental de la Manche Valérie Nouvel qui préside la commission locale d'information de la centrale, lors d'une réunion jeudi à Saint-Lô.

L'agent de direction de l'organisation de crise a en outre "délivré des informations incomplètes aux autorités", ajoute le gendarme du nucléaire: "Ni l'ASN, ni la préfecture n'ont été informées (...) d'une augmentation de la radioactivité détectée par une balise de surveillance de l'environnement".

Par ailleurs, le chef d'exploitation au poste de commandement "ne savait pas se connecter au système d'information collaboratif de crise" et il a attendu "près de deux heures après le déclenchement de l'alerte" pour commencer à pouvoir utiliser ce système, selon l'ASN.

De plus, "les postes informatiques portables sont difficilement transportables, ce qui ne permet pas de disposer de toutes les informations utiles pendant la crise".

Un équipier n'a pu emporter à une réunion de crise un poste informatique portable "du fait de la présence d'un câble de protection antivol à code qu'il ne connaissait pas", témoigne encore l'ASN. "L'équipier a dû prendre des notes manuscrites et les retranscrire informatiquement, ce qui est source d'erreur et de perte de temps", déplore le gendarme du nucléaire.

Le scénario prévoyait de fortes chutes de neiges dégradant les dispositifs de refroidissement des réacteurs et isolant partiellement le site. En 2013, l'usine nucléaire de la Hague (Manche) est restée coupée du monde pendant deux jours à cause de la neige avant que l'armée ne dégage la route.