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Électricité: la vigilance reste de mise pour cet hiver

La vigilance reste de mise concernant l'approvisionnement électrique de la France cet hiver en cas de vague de froid, a estimé vendredi le président de RTE, mais une éventuelle baisse de la consommation liée notamment au couvre-feu permettrait de dégager des marges.

"Aujourd'hui avec les efforts d'EDF et les gigawatts supplémentaires de nucléaire mis à disposition, nous conservons malgré tout cette vigilance particulière, cela reste compliqué en cas de vague de froid", a estimé Xavier Piechaczyk, le président du gestionnaire du réseau à haute tension.

EDF s'était dit jeudi "relativement confiant" dans sa capacité à produire suffisamment d'électricité cet hiver. Le producteur espère approcher 42 ou 43 réacteurs nucléaires en fonctionnement au mois de novembre, sur les 56 du parc.

La pandémie de Covid-19 a bousculé le planning de maintenance des réacteurs nucléaires. RTE avait averti RTE mi-septembre que la saison hivernale serait notamment marquée par "une probabilité de tension élevée fin novembre - début décembre en cas de froid précoce".

"Il ne faut pas totalement exclure la possibilité d'avoir recours à des moyens post-marché", a indiqué vendredi Xavier Piechaczyk. Ces mesures peuvent être l'interruption de grands consommateurs industriels rémunérés à cet effet, une diminution de la tension sur le réseau voire des coupures ciblées et tournantes.

Mais "si demain la consommation française baisse, cela crée des marges", a-t-il aussi remarqué lors d'une rencontre avec l'Association des journalistes de l'énergie.

RTE devra ainsi évaluer l'impact sur la consommation d'électricité des mesures de couvre-feu qui ont été annoncées par le gouvernement pour lutter contre la propagation du Covid-19.

Paris, ainsi que huit autres métropoles, soit un total de vingt millions de Français, seront en effet soumises à partir de samedi à un couvre-feu nocturne entre 21H00 et 06H00.

"En septembre, on était toujours à moins 3 ou 4% (par rapport à la normale) mais si l'on constate que d'ici Noël la consommation, du fait du couvre-feu ou du Covid, baisse davantage cela voudra dire qu'on aura plus de marge", a noté M. Piechaczyk.