Les dépêches dans le monde

Corse: manifestation contre un projet de centre d'enfouissement de déchets

Après une énième validation du projet par la justice, un collectif de riverains, appuyé par des personnalités, s'est mobilisé samedi pour contester le projet de créer un 3e centre d'enfouissement de déchets en Corse.

Quelque 400 personnes selon les organisateurs - 150 selon la préfecture - se sont rassemblées sur la route territoriale 50, à proximité de Giuncaggio (Haute-Corse) où est prévu ce centre d'enfouissement technique de déchets (CET).

Le collectif Tavignanu Vivu (Tavignano vivant) voulait alerter sur ce projet qui mettrait "sciemment en danger la population, l'économie et l'environnement" de toute une région. Il avait saisi Emmanuel Macron à ce sujet fin 2019.

Il pointe en particulier les répercussions désastreuses potentielles sur le Tavignano, deuxième fleuve de Corse, situé à quelques encablures.

Et il a indiqué sa volonté de saisir prochainement le Conseil d'Etat. "Nous avons déjà entamé des démarches auprès de l'Europe, elles sont en bonne voie et soutenues par des députés européens", a-t-il annoncé dans un communiqué.

Plusieurs politiques insulaires, à l'instar du député Jean-Félix Acquaviva, et membres d'associations d'Extinction Rebellion, Global Earth Keeper ou encore du collectif anti-mafia "A maffia no, a vita ié" ("non à la mafia, oui à la vie") étaient également présents.

Parmi eux, le chanteur du groupe I Muvrini, Jean-François Bernardini. "Partout sur la planète entière on s'inquiète des ressources en eau. Face à ces réalités alarmantes, nous ne sommes pas prêts à assister passivement au spectacle révoltant et scandaleux de tribunaux qui donnent leur aval pour injecter dans le 2e fleuve de Corse des milliers de tonnes de déchets et poison pendant 30 ans", a-t-il tancé dans un live vidéo.

Le projet de CET de Giuncaggio, porté par l'opérateur privé Oriente Environnement, prévoit une capacité annuelle de 70.000 tonnes pendant 30 ans. Il avait d'abord été bloqué par un arrêté préfectoral, suite à sa contestation par des associations de défense de l'environnement, des riverains et la collectivité territoriale de Corse.

Mais le tribunal administratif de Bastia avait annulé cet arrêté le 3 octobre 2019, en pleine crise des déchets sur l'Ile de Beauté. Et le 3 juillet, la cour administrative d'appel de Marseille a "confirmé le bien-fondé de ce jugement" et rejeté le recours dont elle avait été saisie.

Sans incinérateur sur son territoire et dotée de seulement deux centres d'enfouissement, à Prunelli (Haute-Corse) et Viggianello (Corse-du-Sud), la Corse vit une crise des déchets depuis une vingtaine d'années. En 2018, l'île a produit plus de 236.000 tonnes de déchets ménagers. Elle en a trié 73.000 tonnes (en hausse de 24% par rapport à 2017) et enfoui 163.000 tonnes.