Dossier : Les "Sagas des énergies"

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Saga des énergies

Maroc, les enjeux énergétiques d’une nation émergente

En partenariat avec L'Histoire et La Recherche

La situation de l’énergie au Maroc est liée à la singularité du contexte local. Le Maroc est un pays confronté à la quasi-absence de ressources énergétiques fossiles identifiées (hydrocarbures, charbon) et à une lourde dépendance des importations qui couvrent plus de 90 % des besoins énergétiques.

Pays en développement, le Maroc a connu depuis le début du 20e siècle une croissance continue de la demande d’énergie, liée à l’industrialisation, au développement global de l’économie et à l’augmentation du niveau de vie. Au cours des vingt-cinq dernières années, la progression de la demande a été de 6-7 % par an en moyenne. Parallèlement, une nouvelle menace a fait son apparition : le dérèglement climatique, dont l’impact peut être potentiellement catastrophique, dans un pays où l’eau joue un rôle central.

Les autorités marocaines ont mis en place une stratégie volontariste et ambitieuse, dont le principal pilier est le développement des énergies renouvelables. Le Maroc s’est véritablement donné les moyens de réussir ses ambitions et commence à engranger les premiers fruits de cette stratégie.


  • Histoire de l'énergie
    au Maroc
  • Les choix énergétiques
  • Le maroc aujourd'hui
  • Les enjeux du futur

Jalons pour une histoire de l’énergie au Maroc

  • XIXe
  • XXe
  • XXIe
 
Fin 19e-début 20e siècle : les premières concessions
Premières concessions
© casa-lesroches.com - Jo Garcia (ancien salarié EEM)

Dans la partie du Maroc administrée par la France dans le cadre du protectorat, des concessions sont octroyées pour la production (petites usines hydroélectriques, chaudières à vapeur ou moteur dieselLe diesel est avant tout le nom d'un moteur à combustion interne fonctionnant par allumage spontané... et la distribution à des sociétés privées dans les principales villes du pays. La Société marocaine de distribution d’eau, de gaz et d’électricité (SMD) est créée en 1914.

1924 : la création de l’Énergie Électrique du Maroc (EEM)

La situation change pendant les années 1920. L’exploitation à grande échelle des gisementsUn gisement est une accumulation de matière première (pétrole, gaz, charbon, uranium, minerai métallique, substance utile…)... de phosphates, les plus importants de la planète, nécessite la mise en place d’un réseau ferroviaire pour écouler la production vers le port de Casablanca. L’insuffisance et la faible qualité du charbon local incite à utiliser l’électricité pour la traction, ce qui va donner une impulsion décisive à la production d’énergie élecrique. C’est la mise en valeur du potentiel hydroélectrique du Maroc qui retient l‘attention des ingénieurs français. Il s’agit d’exploiter la pluviométrie élevée des montagnes de l’Atlas, qui peut atteindre jusqu’à 1 500 mm/an, soit un volume identique à celui des zones les plus humides du Pays basque, alors que la pluviométrie moyenne du Maroc (346 mm/an) est inférieure de plus de la moitié à celle de la France (836 mm/an). Cette mise en valeur est rendue possible grâce à la « pacification » complète de l’Atlas qui est traversé par les principaux cours d’eau utilisables pour les grands travaux hydrauliques. La société Énergie électrique du Maroc (EEM) est créée en 1924 : elle sera dédiée à la production et au transport de l’électricité.

1929 : l’inauguration de la première usine hydroélectrique du Maroc
Usine hydrolique Maroc
© casa-lesroches.com - Jo Garcia (ancien salarié EEM)

Les travaux de la première centrale hydroélectrique, celle de Sidi Machou (4 x 5,5 MW) construite sur l’Oum Errabia, situé dans la zone du moyen Atlas marocain, commencent en 1925 et s’achèvent en 1929. Celles d’El Kansera (14 MW) et de Kasba Zidania (7 MW), sont mises en service respectivement en 1934 et 1936. En 1953, le projet de Bine el Ouidane, un barrage et une usine hydroélectrique (40 MW initialement, 135 MW actuellement) sur l’oued el-Abid, principal affluent de l’Oum Errabia, est mis en service. Le barrage a une hauteur de 132 mètres et demeurera longtemps le plus élevé d’Afrique. L’hydroélectricité est la source d’énergie privilégiée mais celle-ci a des limites : l’eau n’est pas toujours disponible en quantité souhaitable, au moment voulu. L’hydraulique sera complété par le thermique (fioul et charbon). En 1954, la puissance installéeLa puissance électrique installée représente la capacité de production électrique d'un équipement... atteint 249 MW dont 144 MW d’origine hydraulique (58 %) et 105 MW d’origine thermique (42 %).

1963 : la naissance de l’Office National de l’Électricité (ONE)

L’indépendance, en 1956, entraîne une nouvelle organisation du secteur électrique. L’État met fin progressivement aux concessions et prend le contrôle du secteur de l’électricité, considéré comme stratégique. L’Office National de l’Électricité (ONE) est créé en janvier 1963. Il est chargé du « service public, de la production, du transport et de la distribution de l'énergie électrique » selon le Dahir (décret royal) n° 1-63-226 du 5 août 1963 portant création de cet organisme. Il est par la suite devenu l’Office National de l’Électricité et de l’Eau Potable (ONEE). Cet organisme est placé sous la tutelle administrative du Ministère de l’Énergie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement (MEMEE).

1974 : Hassan II accélère la construction des barrages
Moyen Age
© MOROCCAN TV / AFP

Après l’indépendance, un coup d’accélérateur est donné à la construction des barrages. Hassan II, qui règne de 1961 à 1999, annonce en 1974 l’objectif d’atteindre le million d’hectares irrigués. Un effort financier conséquent accompagne cette stratégie qui vise à construire des grands barrages. L’eau est essentiellement destinée à l’agriculture et à l’alimentation en eau des villes.

1981 : l’impact du deuxième choc pétrolier

Entre la mi-78 et 1981, le prix du brut de référence (« Arabian Light ») est multiplié par 2,7 (de moins de 13 à 34 USD/barilUnité de mesure de volume de pétrole brut qui équivaut à environ 159 litres (0,159 m3)...). Ce deuxième choc, venant après celui de 1973, coïncide avec une détérioration des indicateurs macro-économiques (augmentation du déficit budgétaire et de la balance des paiements, endettement accru, etc.) et une baisse du prix des phosphates. A cela s’ajoute, en 1981, la sécheresse qui affecte l’agriculture et, par ricochet, l’économie marocaine. Pour faire face à cette situation, le gouvernement met en place un programme d’ajustement structurel (PAS), recommandé par les organismes internationaux (FMI et Banque mondiale), qui allie ajustement économique et réformes structurelles qui se poursuivront pendant la décennie 90 (privatisations, libéralisation du commerce extérieur, etc.). Un nouveau cap économique est engagé.

1994 : la libéralisation de l’électricité
Liberalisation de l'éléctricité
© AFP PHOTO / ABDELHAK SENNA

En 1994, le Décret Loi n° 2-94-503 permet le développement de la production électrique indépendante au-dessus de 10 MW sous contrat avec l’ONEE. Cette mesure permet l’émergence des producteurs privés, et notamment des premiers parcs éoliens du pays. En 2008, la loi 16-08 augmente de 10 MW à 50 MW le seuil d’autoproduction. Les auto-producteurs industriels (exploitations minières, usines de traitement des phosphates, sucreries et cimenteries) représentent actuellement moins de 1 % de la production d’électricité. Les producteurs privés en fournissent plus de 40 %, le reste étant assuré par l’ONEE (40 %) et les importations en provenance d’Espagne (un peu moins de 20 %).

1995 : l’électrification rurale, une vraie « success story »
Éléctrification rural
© ©THINKSTOCK

Cette année-là, le gouvernement marocain lance le Programme d’électrification rurale global (PERG), une initiative cruciale compte tenu du poids de la population rurale (48 % de la population totale en 1995). Le succès est au rendez-vous puisque le taux d’électrification en milieu rural passe de 14 % en 1990 à 98 % actuellement. Ce résultat a été salué par les économistes et les organismes internationaux. Corollaire de cette réussite : le PERG a contribué au dynamisme de la demande d’électricité au Maroc (+7 % par an entre 2002 et 2012).

2002 : la ratification du Protocole de Kyoto

Le Maroc est fortement engagé dans la lutte contre le dérèglement climatique. En 1995, la Convention-Cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) est ratifiée et, en 2002, c’est le tour du Protocole de KyotoLe Protocole de Kyoto est un traité international organisé dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.... En 1996, un Comité National sur les Changements Climatiques est mis en place.

2004 : l’électrification des bidonvilles de Casablanca
Éléctricité dans les bidonvilles
© ABDELHAK SENNA / AFP

La grande vague de privatisations du secteur énergétique des années 90 touche également le Maroc. Dans la région du Grand Casablanca (4,2 millions d’habitants), un schéma original de concession est mis en place puisque les services de distribution d’eau potable et d’électricité, la collecte des eaux pluviales et usées et l’éclairage public sont attribués en 1997 à un exploitant unique : la Lyonnaise des Eaux Casablanca (Lydec), filiale de Lyonnaise des Eaux (aujourd’hui : Suez Environnement). C’est la première délégation de service public depuis l’indépendance. À l’époque, ce contrat est vu comme une sorte de laboratoire de la gestion des services publics dans les grandes métropoles des pays émergents. La Lydec va être confrontée au problème des réseaux informels et du piratage du courant dans les bidonvilles. Non sans difficultés, la Lydec va aboutir à l’électrification officielle des trois quarts des bidonvilles de l’agglomération entre 2001 et 2004.

2009 : le grand tournant
2009 : Le grand tournant
© AFP PHOTO / FADEL SENNA

En 2009, le Maroc présente la Stratégie Énergétique Nationale à horizon 2020 qui comporte cinq axes principaux : l’optimisation du bouquet énergétique dans le secteur de l’électricité ; l’accélération du développement des énergies renouvelablesOn appelle énergie renouvelable une source d'énergie dont le renouvellement naturel est immédiat ou très rapide..., particulièrement éolienne, solaire et hydraulique ; le choix de l’efficacité énergétiqueEn économie, l'efficacité énergétique désigne les efforts déployés pour réduire la consommation d'énergie d'un système... en priorité nationale ; l’attraction des investissements de capitaux étrangers dans le pétrolePétrole non raffiné. et le gaz en amont ; et la promotion d’une intégration régionale plus poussée. L’objectif principal est de faire en sorte que les énergies renouvelables (hydraulique, solaire et éolien) représentent 42 % de la capacité installée en 2020. La même année, le Plan marocain de l’énergie solaire est lancé. Cinq sites sont identifiés et l’objectif est d’atteindre une capacité de 2 000 MW en 2020. En 2009, également, le Plan National de Lutte contre le Réchauffement ClimatiqueLe réchauffement climatique, appelé aussi réchauffement planétaire ou réchauffement global, est un phénomène d'augmentation de la température moyenne des océans... est présenté : il fixe les premiers objectifs de réduction des gaz à effet de serre (GES)Les gaz à effet de serre sont des gaz dont les propriétés physiques induisent un réchauffement de l’atmosphère de notre planète... dans les secteurs de l’énergie et de l’industrie.

2010 : la mise en place d’un cadre juridique et institutionnel des énergies renouvelables
Mise en place du cadre juridique des energies renouvelables
© ABDELHAK SENNA

Les autorités marocaines mettent en place l’ensemble des outils nécessaires à la réalisation des objectifs annoncés en matière d’énergies renouvelables. En 2010, la loi 13-09 relative aux énergies renouvelables est promulguée. La même année voit la création de l’Agence Nationale de Développement des Énergies Renouvelables et de l’Efficacité Énergétique (ADEREE) et de l’Agence Marocaine pour l’Énergie Solaire (MASEN), une société anonyme chargée de promouvoir et de participer aux projets d’énergies renouvelables. L’Institut de Recherche en Énergie Solaire et Énergies Nouvelles (IREEN) voit le jour en 2011. Le Maroc fait figure de pays pionnier au sein des pays en développement pour ce qui est de la promotion des énergies renouvelables.

2015 : l’élimination des subventions aux produits pétroliers

Dans le cadre de la poursuite des réformes structurelles, le Maroc franchit une étape décisive, en éliminant une série de subventions qui pèsent sur les finances publiques du pays. En 2014, les subventions du supercarburant et du fioul sont supprimées. Le 1er janvier 2015, c’est le tour du gazoleSynonyme de diesel et de gasoil. . Désormais tous les produits pétroliers, à l’exception du butane, ne bénéficient plus de subventions. Le gouvernement s’est engagé à poursuivre la réforme par le biais de la libéralisation complète du mécanisme de fixation des prix des produits pétroliers.

Les énergies, un mix en perpétuelle évolution

Le Maroc demeure confronté à une forte dépendance de l’étranger pour couvrir ses besoins énergétiques. Les importations (pétrole brut, produits pétroliers, charbon, gaz algérien, électricité en provenance d’Espagne via un double câble d’interconnexion) assurent 91 % des besoins nationaux. Malgré une politique active d’exploration terrestre et maritime, les quantités d’hydrocarburesLes hydrocarbures sont des composés chimiques dont les molécules sont constituées d'atomes de carbone et d'hydrogène... découvertes ont été faibles jusqu’ici. L’objectif du Maroc est d’assurer un approvisionnement en énergie qui soit à la fois fiable, durable et le meilleur marché possible.

Accélérer l’optimisation du bouquet électrique

L’optimisation du bouquet électrique est l’un des cinq axes de la Stratégie Énergétique Nationale. Le principal pilier est le développement des énergies renouvelables (hydraulique, éolien et solaire), dont la production a atteint 3 950 millions de KWh en 2014, soit 11,8 % de la production totale. L’hydraulique (2 033 KWh) et l’éolien (1 917 KWh) ont un poids similaire.

 

Le Maroc dispose d’une capacité hydraulique de 1 400 MW qui peut encore être accrue avec de nouveaux projets hydroélectriques (El Menzel, au sud de la ville de Fès : 125 MW), le programme de mini-centrales hydrauliques (3 MW) et la réalisation de Stations de transfert d’énergie par pompageLe pompage est une technique de récupération assistée du pétrole et du gaz... (STEP), comme le projet Abdelmoumem (350 MW) près d’Agadir. Les STEP sont des centrales hydroélectriques particulières, qui possèdent deux bassins situés à des altitudes différentes. En période creuse, l'eau est pompée vers le réservoir supérieur. Puis, en période de pic de consommation, on turbine pour produire de l'électricité. Au total, la capacité hydraulique du Maroc doit être portée à 2 000 MW en 2020 soit un chiffre identique à ceux prévus pour l’éolien et le solaire.

 

Le charbon, qui assure plus de 40 % de la production d’électricité du Maroc, demeure le pilier de l’approvisionnement du pays. Le gouvernement a décidé de continuer à parier sur cette source d’énergie. Faute de production locale, tout le charbon utilisé au Maroc est importé. La capacité totale de production d’électricité à partir du charbon devrait augmenter de 170 % entre 2013 et 2017 (nouvelle centrale de Safi, extensions de Jorf Lasfar et de Jeralda).

 

La prochaine étape est le développement de la production d’électricité à partir de gaz naturel liquéfié (GNLLe GNL est du gaz naturel liquéfié (LNG en anglais), constitué presque exclusivement de méthane...) importé. En matière de gaz, l’approvisionnement actuel se fait grâce aux royalties versées au titre du passage du gaz algérien sur le territoire marocain (522 km), via le gazoducCanalisations destinées à transporter du gaz sur de longues distances (sur terre ou au fond de la mer). Maghreb-Europe (1620 km). Le Maroc ne souhaite pas dépendre exclusivement de l’Algérie, pays avec lequel les relations sont tendues, principalement en raison du différend relatif au sort des provinces sahariennes du Maroc : l’Algérie appuie le Front Polisario qui revendique l’indépendance de ce territoire. Le gouvernement marocain a opté pour le développement des importations de GNL en vue de la regazéification puis de la commercialisation pour la production d’électricité. Le projet Gas to Power est très ambitieux. Il prévoit la construction d’un terminal de regazéification de GNL au port de Safi, de plusieurs centrales à cycles combinés fonctionnant au gaz naturel (puissanceEn physique, la puissance représente la quantité d'énergie fournie par un système par unité de temps... : 2 400 MW), d’un gazoduc et des équipements annexes. En 2025, le gaz naturel devrait représenter 30 % du mix énergétiqueLe mix énergétique, ou « bouquet énergétique », décrit la répartition des différentes sources d’énergies utilisées pour la consommation énergétique d’un territoire...

 

Enfin, le Maroc table à terme sur l’énergie nucléaire. Le ministre de l’Énergie, Abdelkader Amara, a déclaré en octobre 2015 que le Maroc envisageait de produire de l’électricité nucléaire « à partir de 2030 ». Actuellement, le pays ne dispose que d’un réacteur expérimental de 2 MW, dédié à la recherche en médecine nucléaire. Le 3 septembre 2015, le Conseil de gouvernement a adopté un décret sur la création de l'Agence marocaine de sûreté et de sécurité nucléaires et radiologiques.

Éolien et solaire : des paroles aux actes

Le Maroc a une vraie carte à jouer dans le domaine des énergies renouvelables. Les profils de vent, c’est-à-dire la force et la direction de celui-ci, dans le nord et le sud du pays sont particulièrement favorables au développement de l’énergie éolienne. Par ailleurs, le Maroc dispose d’un ensoleillement excellent. Le gouvernement a profité de ces « avantages comparatifs » pour stimuler le développement de l’éolien et du solaire, avec des objectifs de capacité installée de 2 000 MW pour chacune de ces deux sources d’énergie.

 

Les premiers résultats sont au rendez-vous. L’éolien a démarré au début des années 2000. Le Maroc dispose déjà d’installations en fonctionnement (280 MW) et celles en construction devraient ajouter 720 MW supplémentaires. Le « Programme intégré de l’énergie éolienne » est en cours, avec deux phases : Taza en construction (150 MW) et cinq autres parcs (850 MW) pour lesquels un appel d’offres global est en cours (ouverture des offres techniques réalisée le 30 octobre 2015). L’objectif des 2 000 MW sera probablement atteint.

 

En matière d’énergie solaire, la situation est différente car le Maroc démarre de zéro, si on excepte l’unité de 20 MW de la centrale gaz/solaire d’Aïn Beni Mathar (470 MW en tout). La première grande centrale, Noor 1 (160 MW) près de Ouarzazate, doit être mise en service prochainement. Deux autres centrales (Noor 2 : 200 MW ; et Noor 3 : 150 MW) sont prévues. Le Maroc a choisi la technologie solaire thermique à concentration mais il pourrait s’orienter à l’avenir vers le photovoltaïque, une technologie sélectionnée par l’ONEE (branche électricité) pour un programme d’installation de trois centrales (400 MW), dans les régions dites « en bout de ligne ». Il convient de mentionner également le programme d’installation de chauffe-eau solaires (PROMASOL).

 

Les inconnues ne sont pas levées, notamment en matière de choix technologiques (solaire) et de délais de réalisation des projets. Mais le programme marocain affiche déjà ses premières réalisations concrètes et fait figure d’exemple pour le monde en développement, notamment en Afrique.

L’efficacité énergétique : une priorité nationale

Selon les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie (AIEL'AIE (IEA en anglais) est une agence autonome au sein de l'OCDE, créée en 1974 lors du premier choc pétrolier...), la consommation d’énergie primaireL’énergie primaire désigne l’ensemble des sources d’énergie non transformées, c’est-à-dire à l’état naturel... du Maroc a augmenté de 80 % entre 2002 et 2014, faisant passer la facture des importations de produits énergétiques de 5,1 % à 10 % du PIB sur la même période. Le volume des importations énergétiques a crû de 59 %. L’AIE considère que « des progrès considérables sont à faire pour se hisser au niveau d’efficacité énergétique observé dans les pays de l’OCDE ».

 

Les autorités marocaines ont pleinement pris conscience de l’enjeu. La nouvelle Stratégie Énergétique Nationale érige l’efficacité énergétique en priorité nationale. Une loi sur l’efficacité énergétique (nº 47-09) a été promulguée en 2011 : elle vise à agir dans les principaux secteurs de l’économie.

 

Une batterie de mesures ont été mises en place : tarification incitative (exemple : « modèle -20/-20 » : rabais de 20 % en cas de baisse de 20 % de la consommation des ménages), adoption de la réglementation thermique (RT), destinée à fixer une limite maximale à la consommation énergétique des bâtiments neufs, programme d’audit dans les bâtiments existants, généralisation de l’usage des lampes basse consommationUne lampe basse consommation (ou fluocompacte) est une lampe qui consomme peu d’électricité, jusqu’à cinq fois moins... (LBC) avec 7 millions de lampes distribuées, développement des tramways, interdiction de l’importation de véhicules de plus de cinq ans, etc.

 

Même s’il reste beaucoup à faire, les experts internationaux saluent le programme marocain d’efficacité énergétique. L’objectif est d’économiser 12 % d’énergie à l’horizon 2020 et 15 % à l’horizon 2030.

Accélérer l’optimisation du bouquet électrique

L’optimisation du bouquet électrique est l’un des cinq axes de la Stratégie Énergétique Nationale. Le principal pilier est le développement des énergies renouvelables (hydraulique, éolien et solaire), dont la production a atteint 3 950 millions de KWh en 2014, soit 11,8 % de la production totale. L’hydraulique (2 033 KWh) et l’éolien (1 917 KWh) ont un poids similaire.

 

Le Maroc dispose d’une capacité hydraulique de 1 400 MW qui peut encore être accrue avec de nouveaux projets hydroélectriques (El Menzel, au sud de la ville de Fès : 125 MW), le programme de mini-centrales hydrauliques (3 MW) et la réalisation de Stations de transfert d’énergie par pompage (STEP), comme le projet Abdelmoumem (350 MW) près d’Agadir. Les STEP sont des centrales hydroélectriques particulières, qui possèdent deux bassins situés à des altitudes différentes. En période creuse, l'eau est pompée vers le réservoir supérieur. Puis, en période de pic de consommation, on turbine pour produire de l'électricité. Au total, la capacité hydraulique du Maroc doit être portée à 2 000 MW en 2020 soit un chiffre identique à ceux prévus pour l’éolien et le solaire.

 

Le charbon, qui assure plus de 40 % de la production d’électricité du Maroc, demeure le pilier de l’approvisionnement du pays. Le gouvernement a décidé de continuer à parier sur cette source d’énergie. Faute de production locale, tout le charbon utilisé au Maroc est importé. La capacité totale de production d’électricité à partir du charbon devrait augmenter de 170 % entre 2013 et 2017 (nouvelle centrale de Safi, extensions de Jorf Lasfar et de Jeralda).

 

La prochaine étape est le développement de la production d’électricité à partir de gaz naturel liquéfié (GNL) importé. En matière de gaz, l’approvisionnement actuel se fait grâce aux royalties versées au titre du passage du gaz algérien sur le territoire marocain (522 km), via le gazoduc Maghreb-Europe (1620 km). Le Maroc ne souhaite pas dépendre exclusivement de l’Algérie, pays avec lequel les relations sont tendues, principalement en raison du différend relatif au sort des provinces sahariennes du Maroc : l’Algérie appuie le Front Polisario qui revendique l’indépendance de ce territoire. Le gouvernement marocain a opté pour le développement des importations de GNL en vue de la regazéification puis de la commercialisation pour la production d’électricité. Le projet Gas to Power est très ambitieux. Il prévoit la construction d’un terminal de regazéification de GNL au port de Safi, de plusieurs centrales à cycles combinés fonctionnant au gaz naturel (puissance : 2 400 MW), d’un gazoduc et des équipements annexes. En 2025, le gaz naturel devrait représenter 30 % du mix énergétique

 

Enfin, le Maroc table à terme sur l’énergie nucléaire. Le ministre de l’Énergie, Abdelkader Amara, a déclaré en octobre 2015 que le Maroc envisageait de produire de l’électricité nucléaire « à partir de 2030 ». Actuellement, le pays ne dispose que d’un réacteur expérimental de 2 MW, dédié à la recherche en médecine nucléaire. Le 3 septembre 2015, le Conseil de gouvernement a adopté un décret sur la création de l'Agence marocaine de sûreté et de sécurité nucléaires et radiologiques.

Éolien et solaire : des paroles aux actes

Le Maroc a une vraie carte à jouer dans le domaine des énergies renouvelables. Les profils de vent, c’est-à-dire la force et la direction de celui-ci, dans le nord et le sud du pays sont particulièrement favorables au développement de l’énergie éolienne. Par ailleurs, le Maroc dispose d’un ensoleillement excellent. Le gouvernement a profité de ces « avantages comparatifs » pour stimuler le développement de l’éolien et du solaire, avec des objectifs de capacité installée de 2 000 MW pour chacune de ces deux sources d’énergie.

 

Les premiers résultats sont au rendez-vous. L’éolien a démarré au début des années 2000. Le Maroc dispose déjà d’installations en fonctionnement (280 MW) et celles en construction devraient ajouter 720 MW supplémentaires. Le « Programme intégré de l’énergie éolienne » est en cours, avec deux phases : Taza en construction (150 MW) et cinq autres parcs (850 MW) pour lesquels un appel d’offres global est en cours (ouverture des offres techniques réalisée le 30 octobre 2015). L’objectif des 2 000 MW sera probablement atteint.

 

En matière d’énergie solaire, la situation est différente car le Maroc démarre de zéro, si on excepte l’unité de 20 MW de la centrale gaz/solaire d’Aïn Beni Mathar (470 MW en tout). La première grande centrale, Noor 1 (160 MW) près de Ouarzazate, doit être mise en service prochainement. Deux autres centrales (Noor 2 : 200 MW ; et Noor 3 : 150 MW) sont prévues. Le Maroc a choisi la technologie solaire thermique à concentration mais il pourrait s’orienter à l’avenir vers le photovoltaïque, une technologie sélectionnée par l’ONEE (branche électricité) pour un programme d’installation de trois centrales (400 MW), dans les régions dites « en bout de ligne ». Il convient de mentionner également le programme d’installation de chauffe-eau solaires (PROMASOL).

 

Les inconnues ne sont pas levées, notamment en matière de choix technologiques (solaire) et de délais de réalisation des projets. Mais le programme marocain affiche déjà ses premières réalisations concrètes et fait figure d’exemple pour le monde en développement, notamment en Afrique.

L’efficacité énergétique : une priorité nationale

Selon les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la consommation d’énergie primaire du Maroc a augmenté de 80 % entre 2002 et 2014, faisant passer la facture des importations de produits énergétiques de 5,1 % à 10 % du PIB sur la même période. Le volume des importations énergétiques a crû de 59 %. L’AIE considère que « des progrès considérables sont à faire pour se hisser au niveau d’efficacité énergétique observé dans les pays de l’OCDE ».

 

Les autorités marocaines ont pleinement pris conscience de l’enjeu. La nouvelle Stratégie Énergétique Nationale érige l’efficacité énergétique en priorité nationale. Une loi sur l’efficacité énergétique (nº 47-09) a été promulguée en 2011 : elle vise à agir dans les principaux secteurs de l’économie.

 

Une batterie de mesures ont été mises en place : tarification incitative (exemple : « modèle -20/-20 » : rabais de 20 % en cas de baisse de 20 % de la consommation des ménages), adoption de la réglementation thermique (RT), destinée à fixer une limite maximale à la consommation énergétique des bâtiments neufs, programme d’audit dans les bâtiments existants, généralisation de l’usage des lampes basse consommation (LBC) avec 7 millions de lampes distribuées, développement des tramways, interdiction de l’importation de véhicules de plus de cinq ans, etc.

 

Même s’il reste beaucoup à faire, les experts internationaux saluent le programme marocain d’efficacité énergétique. L’objectif est d’économiser 12 % d’énergie à l’horizon 2020 et 15 % à l’horizon 2030.

Le mix électriqueLe mix électrique représente les proportions de chacune des filières de production électrique : nucléaire, thermique... marocain en 2013

Le mix électrique définit la part des différentes sources dans la production d’électricité. La situation du Maroc se caractérise par le poids du charbon et plus généralement de l’ensemble des sources fossiles et la faiblesse des énergies renouvelables malgré la percée de l’énergie éolienne.

Source: AIE, année 2013

Le mix énergétique en 2013

Le mix énergétique désigne la répartition des différentes sources d’énergie primaire dans la consommation énergétique finale d’une zone géographique donnée. Le pétrole, entièrement importé, représente les deux tiers de la consommation, d’où l’importance de la diversification et du développement des énergies renouvelables.

Source: AIE, année 2013

Comparer l’évolution du mix énergétique
entre 2009 et 2020

Source: AIE, année 2013

QUELQUES CHIFFRES

 

Sources : Banque mondiale, Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et division de la population de l’Organisation des Nations unies (ONU).

QUELQUES CHIFFRES

  • SUPERFICIE

  • POPULATION

  • CROISSANCE DE
    LA POPULATION

  • MORTALITÉ INFANTILE
    (MOINS DE 5 ANS)

  • PIB

  • PIB PAR HABITANT

  • INDICE DE DÉVELOPPEMENT HUMAIN (IDH)

  • ÉMISSIONS DE CO2

Sources : Banque mondiale, Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et division de la population de l’Organisation des Nations unies (ONU).

Installations et projets énergétiques du Maroc

Filtres  
 

Les types d'énergie

    •  
    •  
    •  
    •  
    •  
    •  
    •  
    •  

Les statuts des installations
et des projets

 

Dakhla

16,6 MW

Prévu

 

Laâyoune

72 MW

Prévu

 

Boujdour

100 MW

Prévu

 

Sebkhat Tah

500 MW

Prévu

 

Foun Al ouad

500 MW

Prévu

 

Noor1

160 MW

En activité

Noor 2

200 MW

Prévu

Noor 3

150 MW

Prévu

 

Ain Beni Mathar

400 MW

Prévu

 

Boujdour

100 MW

Prévu

 

Tiskrad

300 MW

Prévu

 

Tarfaya

300 MW

En activité

 

Akhfenir 1

100 MW

En activité

Akhfenir 2

100 MW

En construction

 

Amogdoul

60 MW

En activité

 

Jbel lahdid

200 MW

Prévu

 

Midelt

150 MW

Prévu

 

Taza

150 MW

En construction

 

Tanger 1

140 MW

En activité

Tanger 2

140 MW

Prévu

 

Khalladi

120 MW

Prévu

 

Lafarge

30 MW

En activité

 

Abdelkhalek Torres

50 MW

En activité

 

El Menzel

125 MW

Prévu

 

Abdelmoumen

350 MW

Prévu

 

Safi

2x693 MW

En construction

 

Jorf Lasfar

2056 MW

En activité

 

Jerada

318 MW

En activité

Extension de Jerada

318 MW

En construction

 

Jorf Lasfar

 

Prévu

 

Tahaddart

384 MW

Prévu

 

Ain Beni Mathar

472 MW

Prévu

 

Dakhla

16,6 MW

Prévu

 
 

Laâyoune

72 MW

Prévu

 
 

Boujdour

100 MW

Prévu

 
 

Sebkhat Tah

500 MW

Prévu

 
 

Foun Al ouad

500 MW

Prévu

 
 

Noor1

160 MW

En construction

Noor 2

200 MW

Prévu

Noor 3

150 MW

Prévu

 
 

Ain Beni Mathar

400 MW

Prévu

 
 

Boujdour

100 MW

Prévu

 
 

Tiskrad

300 MW

Prévu

 
 

Tarfaya

300 MW

En activité

 
 

Akhfenir 1

100 MW

En activité

Akhfenir 2

100 MW

En construction

 
 

Amogdoul

60 MW

En activité

 
 

Jbel lahdid

200 MW

Prévu

 
 

Midelt

150 MW

Prévu

 
 

Taza

150 MW

En construction

 
 

Tanger 1

140 MW

En activité

Tanger 2

140 MW

Prévu

 
 

Khalladi

120 MW

Prévu

 
 

Lafarge

30 MW

En activité

 
 

Abdelkhalek Torres

50 MW

En activité

 
 

El Menzel

125 MW

Prévu

 
 

Abdelmoumen

350 MW

Prévu

 
 

Safi

2x693 MW

En construction

 
 

Jorf Lasfar

2056 MW

En activité

 
 

Extension de Jerada

318 MW

En construction

 
 

Jerada

318 MW

En activité

 
 

Jorf Lasfar

 

Prévu

 
 

Tahaddart

384 MW

Prévu

 
 

Ain Beni Mathar

472 MW

Prévu

 

Quels sont les choix énergétiques pour les générations de demain ?

Une demande d’énergie qui va continuer à croître

Port de Tanger-Med
© AFP PHOTO/FADEL SENNA

Le Maroc connaît une croissance économique régulière (4,7 % par an en moyenne en 2000-2011) qui s’est maintenue en 2012-2014 (+3,3 %) malgré un contexte mondial défavorable. Cette dynamique traduit une profonde transformation économique et sociale qui influe sur la consommation d’énergie.

 

La longueur du réseau routier asphalté est passée de 32 000 km en 2001 à 42 600 km en 2014 et le parc automobile a doublé (de 1,7 million à 3,4 millions). L’électrification rurale quasi-complète (98 %), l’augmentation du taux d‘urbanisation (60 % en 2014 contre 42 % en 1981), l’augmentation du pouvoir d’achat, l’industrialisation et le développement du tissu économique (aéronautique, nouvelle usine Renault de Tanger, port de Tanger-Med, etc.) stimulent la consommation d’électricité. Cette dynamique devrait se poursuivre au cours des années à venir.

L’inconnue des hydrocarbures non-conventionnels

Poteau electrique
© THINKSTOCK

Les études réalisées ont mis en évidence le potentiel des schistes bitumineux, avec des ressources estimées à 57 milliards de barils. Trois gisements ont été identifiés : Tarfaya, à ciel ouvert, le plus intéressant, situé à 890 km au sud-ouest de Rabat ; Timhadit, dans le Moyen-Atlas ; et Tanger. Plusieurs accords de partenariat ont été signés avec des compagnies étrangères. Des tests pilotes sont en cours mais aucune exploitation industrielle n’a été lancée.

 

Le Maroc a également un potentiel en gaz de schisteLes gaz de schiste (ou shale gas) sont situés dans des roches sédimentaires argileuses enfouies à de grandes profondeurs... dans la région de l’Anti-Atlas (sud-ouest du Maroc). De l’avis des experts, les conditions géologiques sont très favorables même si l’évaluation des réserves dépend de la réalisation de forages. D’après l’United States Energy Information Administration, le Maroc possèderait 340 milliards de m3 de ressources de gaz de schiste techniquement récupérables dans les bassins de Tindouf et de Tadla. Ces chiffres, qui doivent encore être validés, sont à rapporter au niveau actuel de la consommation de gaz du Maroc : 1 milliard de m3 par an environ. Cependant, l’exploitation éventuelle du gaz de schiste se heurte à deux obstacles majeurs : l’absence de ressources en eau dans la région concernée et le niveau actuel du prix du gaz.

Le changement climatiqueVoir la définition du réchauffement climatique... : une vraie menace pour l’économie marocaine

Secheresse Maroc
© ABDELHAK SENNA / AFP

Compte tenu de l’importance de l’eau pour l’agriculture et la production d’électricité, l’impact du changement climatique est pris très au sérieux par les autorités marocaines. Car le phénomène semble déjà faire sentir ses effets : la pluviométrie aurait baissé en moyenne de 13 % au cours des trente dernières années. Le phénomène est cependant difficile à mesurer car la pluviométrie est fluctuante dans le temps. De plus, celle-ci ne semble pas évoluer de la même façon partout dans le pays. Enfin, il n’est pas acquis que la baisse de la pluviométrie soit liée exclusivement au réchauffement climatique.

 

Si rien n’est fait, la prolongation des tendances actuelles pourrait induire une baisse des rendements de 10 % en agriculture pluviale, c’est-à-dire celle qui dépend uniquement des précipitations pour l’approvisionnement en eau, selon les estimations du ministère de l’Agriculture. L’agriculture (10 % du PIB) emploie encore 40 % de la population active. Le tourisme, autre secteur stratégique de l’économie marocaine, pourrait également être touché. Le développement des énergies renouvelables et l’amélioration de l’efficacité énergétique devraient contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serrePhénomène naturel permettant un accroissement de la température de l'atmosphère d'une planète grâce à la présence de certains gaz.... Différents programmes ont été lancés avec des organismes internationaux (Banque mondiale, PNUD, etc.) ou des États (Danemark, France, etc.).

 

Preuve de cet engagement, le Maroc accueillera la COP22 en 2016. Le royaume avait déjà accueilli en 2001 la COP7 à Marrakech. Le pays se veut un modèle en matière de lutte contre le dérèglement climatique, aussi bien en participant activement à toutes les initiatives internationales, qu’en agissant concrètement sur le terrain.

Les enjeux internationaux : un futur hub énergétique ?

Le Maroc occupe une position géostratégique majeure. C’est le seul pays du continent africain qui dispose de deux façades maritimes, sur l’océan Atlantique et la mer Méditerranée, avec en particulier une présence sur le détroit de Gibraltar, franchi chaque année par plus de 100 000 navires. Le Maroc, par le biais de plusieurs accords commerciaux et d’une diplomatie économique active, se positionne comme plateforme économique et commerciale vers l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient.

 

En matière énergétique, le Maroc fait figure de pays carrefour. La liaison de 220 kV entre la Tunisie, l'Algérie et le Maroc fonctionne en synchronisation avec le système européen UCTE (Union pour la coordination de la transmission d’électricité) grâce à la connexion sous-marine avec l’Espagne, opérationnelle depuis 1997, et renforcée en 2006 (1 400 MW contre 700 MW). Le Maroc est un pays de passage du gazoduc Maghreb-Europe. Dans ces conditions, la question se pose de savoir si le Maroc peut être aussi une sorte de « hub énergétique ».

Cette saga vous a-t-elle intéressée ?

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