Dossier : La communauté internationale face au réchauffement climatique

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Décryptages

Les institutions et les acteurs de l’action climatique

Depuis la Convention-cadre des Nations unies de 1992 jusqu’au sommet de Paris de décembre 2015, la communauté internationale s’est dotée de différentes institutions et outils pour conduire son action contre le réchauffement climatique. Voici quelques repères sur les mécanismes des négociations mondiales. 

Qu’est-ce que la COP21 ?
La COP20, en décembre 2014 à Lima, au Pérou, s'est efforcée de préparer le terrain pour favoriser le succès du sommet de Paris. © AFP PHOTO - CRIS BOURONCLE

Les « sommets de la Terre »

Créés en 1972 par l’ONU, les « sommets de la Terre » se tiennent tous les dix ans et réunissent les dirigeants du monde avec pour but de définir de grandes orientations en faveur du développement durableIl s’agit d’un « développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». en général. Cénacles très symboliques, ils se sont tenus à Stockholm (1972), Nairobi (1982), Rio de Janeiro (1992), où fut donnée l’impulsion à l’action pour le climat, Johannesburg (2002). Le dernier, appelé aussi « Rio+20 », a eu lieu en 2012, pour la seconde fois au Brésil.

195 : le nombre des États engagés dans l’action pour le climat

Les Conférence des Parties  (COP)

Lors du sommet de Rio en 1992, les Nations unies se sont dotées d’un cadre permettant de lutter contre le changement climatiqueVoir la définition du réchauffement climatique... : la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC)1. Universelle, cette convention réunit 196 « parties », à savoir 195 États plus l’Union européenne, présente aux côtés de ses États membres.

Tous les ans depuis 1995, leurs représentants se rassemblent, par rotation dans les grandes zones continentales, lors de la COP pour faire le point sur l'application de la Convention et négocier de nouveaux engagements. Certaines COP marquent l’histoire :

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC)

Créé en 1988 par les Nations unies, le GIECLe GIEC est le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat..., qui rassemble des centaines d’experts, a pour mission de fournir des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques sur les changements climatiques. Ce n’est donc pas un centre de recherche, mais un lieu d'expertise qui synthétise les travaux menés dans tous les laboratoires du monde. Depuis sa création, le GIEC a publié cinq rapports (divisé en plusieurs volumes). Ils ne prescrivent pas des politiques –qui sont du ressort des États – mais sont des outils d’aide à la décision. En concertation avec les États, le GIEC publie des « résumés pour décideurs » pesés au mot près…

Le GIEC ne définit pas la politique climatique à suivre mais aide à la décision des États.

Le Fonds vert pour le climat

Initié à la COP de Copenhague en 2009, le Fonds vert pour le climat est un mécanisme financier de l'ONU, rattaché à la Convention-cadre. Il a pour objectif de réaliser le transfert de fonds des pays les plus avancés vers les pays les plus vulnérables afin de mettre en place des projets pour combattre les effets des changements climatiques. Une structure a été installée en 2011 à Séoul, en Corée du Sud, avec un conseil d’administration partagé entre pays développés et pays en développement.

Une myriade de réunions

Au fil des années, le nombre de journées symboliques et de réunions rassemblant diverses catégories d’acteurs se sont multipliées.

L’Organisation des Nations unies prend régulièrement l’initiative de sommets, comme en septembre 2014 pour lancer l’« Agenda des solutions », une série d’initiatives décentralisées conduites par les territoires, les entreprises, la société civile. Ces nouveaux acteurs organisent à leurs niveaux de nombreuses réunions.

Depuis le 22 avril 1970, on célèbre le « Jour de la Terre », marqué en 2016 par la signature solennelle de l’Accord de Paris. Le World Wide Fund (WWF) a lancé en 2007 la « Earth Hour » (« Une heure pour la Planète »), tous les derniers samedis du mois de mars, pendant laquelle de nombreuses villes éteignent leurs lumières.

La « Conférence des Parties » (COP) se déroule chaque année dans une capitale choisie par rotation dans un des pays des cinq groupes régionaux de l’ONU (Asie-Pacifique, Europe de l’Est, Amérique Latine-Caraïbes, Europe de l’Ouest élargie et Afrique).
1995 : conférence de Berlin (COP1) ;
1996 : conférence de Genève (COP2). Pour la petite histoire, elle fut ouverte par Angela Merkel, ministre allemand de l’environnement ;
1997 : conférence de Kyoto (COP3). Elle voit l’adoption du protocole de Kyoto ;
1998 : conférence de Buenos Aires (COP4) ;
1999 : conférence de Bonn (COP5) ;
2000 : conférence de la Haye (COP6). Lieu, en novembre 2000, de vifs affrontements avec les États-Unis, elle est interrompue et reprend à Bonn en juillet 2001 ;
2001 : conférence de Marrakech (COP7) ;
2002 : conférence de Delhi (COP8) ;
2003 : conférence de Milan (COP9) ;
2004 : conférence de Buenos-Aires (COP10) ;
2005 : conférence de Montréal (COP11) ;
2006 : conférence de Nairobi (COP12) ;
2007 : conférence de Bali (COP13). Elle ouvre les négociations pour donner une suite au protocole de Kyoto ;
2008 : conférence de Poznań (COP14) ;
2009 : conférence de Copenhague (COP15). En présence de nombreux chefs d’État, le sommet fixe la limite de 2 °C à l’augmentation de température supportable, mais ne dit pas comment le faire ;
2010 : conférence de Cancun (COP16). Elle formalise le « Fonds vert pour le climat » ;
2011 : conférence de Durban (COP17). Elle lance le processus qui doit conduire au sommet de Paris en 2015 ;
2012 : conférence de Doha (COP18) ;
2013 : conférence de Varsovie (COP19) ;
2014 : conférence de Lima (COP20) ;
2015 : conférence de Paris (COP21).

Source :

(1) Site CCNUCC