Dossier : Mix et transition énergétique

3 contenus dans ce dossier

J'approfondis
Imprimer

Décryptages

Les enjeux de la transition énergétique

La perception que les énergies fossiles constituent une ressource limitée, quel que soit le délai, et qu’elles influent négativement sur le climat de la planète ont conduit nombre de pays à réfléchir à une « transition énergétique ». Mais comment faire ?

Eoliennes à Rio Vista en Californie : les énergies renouvelables sont en progression partout dans le monde. © FOTOLIA

La « transition énergétiqueLa transition énergétique désigne le passage du système actuel de production d'énergie... » désigne le passage d’un système de production et de consommation d'énergie, aujourd’hui axé sur des énergies non renouvelables (pétrolePétrole non raffiné., gaz, charbon), à un autre mix énergétiqueLe mix énergétique, ou « bouquet énergétique », décrit la répartition des différentes sources d’énergies utilisées pour la consommation énergétique d’un territoire... plus efficace et plus décarboné. Ce type de « transition » n’est pas un phénomène sans précédent. Le charbon au milieu du XIXe siècle, le pétrole au milieu du XXe, le nucléaire civil dans les années 1970 ont introduit des évolutions majeures dans les mix énergétiques, même si ces différentes sources ne se sont pas substituées les unes aux autres mais plutôt additionnées.

Pas de mix énergétique idéal et universel

67 % : la part des énergies fossiles dans le scénario le plus ambitieux de l’AIE

La plupart des experts se retrouvent sur un certain nombre de constats :

  • il n’y a pas de mix idéal qui s’imposerait partout dans le monde. La transition énergétique est propre à chaque pays ou groupe de pays, même si l’adoption de grands objectifs mondiaux est recherchée lors de sommets climatiques internationaux ;
  • les systèmes énergétiques présentent une grande inertie, les transitions énergétiques sont lentes ;
  • les transitions énergétiques ne pourront pas être réussies sans ruptures technologiques et sans modifications profondes des usages de l’énergie par les consommateurs. (Voir le décryptage : « Ruptures technologiques et nouveaux usages de l'énergie »).

Le « trilemme énergétique »

Le Conseil Mondial de l’Énergie, une organisation qui rassemble des dirigeants du secteur énergétique de près de 100 pays, a résumé les enjeux en un concept : le « trilemme énergétique », qui consiste à trouver un équilibre entre trois propositions apparemment contradictoires :

Les scénarios de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE)

En 2000, la Chine consommait moitié moins que les Etats-Unis, aujourd’hui elle consomme un peu plus qu’eux.

Les experts de l'AIEL'AIE (IEA en anglais) est une agence autonome au sein de l'OCDE, créée en 1974 lors du premier choc pétrolier... ont quant à eux échafaudé des scénarios possibles d'évolution du mix énergétique à l’horizon 2035. Ils tiennent compte des constats établis par le GIECLe GIEC est le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat... (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat)2. Un scénario « Politiques actuelles » table sur un maintien du fonctionnement économique présent. Un scénario « Nouvelles Politiques » tient compte des engagements en matière de réduction des gaz à effet de serre (GES)Les gaz à effet de serre sont des gaz dont les propriétés physiques induisent un réchauffement de l’atmosphère de notre planète... suite au Protocole de KyotoLe Protocole de Kyoto est un traité international organisé dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques... de 1997. Enfin un scénario plus ambitieux, mais peu probable, appelé « 450 ppmC'est un quotient sans dimension représentant un rapport de 10-6 (1 pour 1 million)... », qui réduise les émissions de GES afin de limiter le réchauffement climatique à + 2 °C en 2100. Il s’appuie notamment sur des progrès importants en matière d’efficacité énergétique, un fort développement des énergies renouvelables et un développement mesuré du nucléaire.

Dans les trois scénarios, la demande en énergie continue de croître, plus ou moins d’un tiers d’ici à 2035, la courbe s’infléchissant seulement dans le scénario « 450 ppm ». Dans les trois scénarios aussi, la part des énergies fossiles reste dominante. Dans le scénario « Nouvelles Politiques », elle passe de 81 % en 2011 à 76 % en 2035, le charbon et le pétrole reculant de 4 points, le gaz progressant de 3 points. Cette permanence des énergies fossiles fait que la question de la transition ne se résume pas au passage des énergies fossiles aux énergies renouvelables. 

 

Sources :

(1) 5e rapport du GIEC