Dossier : COP22 : les résultats de l’Accord de Paris

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Décryptages

Les acteurs non-étatiques s’organisent au fil des ans

Les villes, les territoires, les grandes entreprises, les ONG : autant d’acteurs qui seront de nouveau très actifs lors de la COP22 de Marrakech, du 7 au 18 novembre 2016. Cette intervention croissante d’organisations de la société civile est reconnue par les États et l’ONU comme un levier essentiel pour le succès de l’action contre le réchauffement climatique.

Les grandes villes multiplient les initiatives pour réduire leurs émissions. Ici, le service de voitures électriques en libre service Autolib' à Paris. ©AFP

La tendance des villes à rechercher une solidarité et échanger avec leurs semblables dans d’autres pays, voire d’autres continents, est très ancienne. On en trouve des traces au Moyen-Âge. Le mouvement des « jumelages » a pris son essor dans les années 1950, après le traumatisme de la deuxième guerre mondiale. L’urbanisation du monde accélère aujourd’hui le mouvement.  

La prise de conscience de l’impact des activités humaines sur le réchauffement climatiqueLe réchauffement climatique, appelé aussi réchauffement planétaire ou réchauffement global, est un phénomène d'augmentation de la température moyenne des océans... a conduit de nombreux réseaux existants à inscrire à leur agenda les dimensions environnementales et énergétiques et a amené la création de nouvelles organisations mondiales ou régionales dédiées à ces thématiques. L’heure est aujourd’hui à les rapprocher pour assurer la meilleure synergie possible entre leurs activités, à savoir : l’harmonisation des normes et des données relatives aux émissions de gaz à effet de serre (GES)Les gaz à effet de serre sont des gaz dont les propriétés physiques induisent un réchauffement de l’atmosphère de notre planète..., la mise en commun des bonnes pratiques, la circulation de l’information et la pression sur les gouvernements, les investisseurs et les entreprises pour qu’ils s’engagent davantage dans l’action pour le climat.

85 : c’est le nombre de grandes métropoles mondiales rassemblées par le mouvement C40 

Le Pacte des maires

En septembre 2014, lors du sommet sur le climat réuni à New York par le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon, les trois plus grands réseaux mondiaux, le C40, le CGLU et l’ICLEI, se sont rapprochés au sein du « Pacte des maires ».

Le C401 : représentatif des grandes métropoles, il avait été fondé en octobre 2005 par le maire travailliste de Londres Ken Livingstone, qui avait alors réuni les représentants de 18 grandes villes. Le mouvement a rassemblé rapidement 40 villes, d’où le nom qui lui est resté même s’il en rassemble aujourd’hui 85. Le C40 affirme que ses membres représentent 650 millions de citoyens qui génèrent 25 % du PIB mondial. La maire de Paris Anne Hidalgo a été nommée en juillet 2016 présidente pour trois ans, après Eduardo Paes, maire de Rio de Janeiro et Michael Bloomberg, ancien maire de New-York.  Le C40 est soutenu financièrement par plusieurs fondations, notamment celles de Michael Bloomberg et de l’ancien président américain Bill Clinton et de sa famille.

Le CGLU2 (Cités et Gouvernements Locaux Unis), créé en mai 2004, est à l’origine la principale organisation mondiale de villes jumelées. Présente dans 136 pays, elle assure la représentation des autorités locales du monde auprès des institutions internationales. 

L’ICLEI3 (Gouvernements Locaux pour la Durabilité) est un réseau qui représente plus de 1 000 gouvernements locaux dans le monde.

Le Pacte des Maires se propose notamment d’agréger les programmes et les engagements pris à tous les niveaux et d’assurer une information régulière et transparente de la réduction des émissions, à travers un registre commun, le Carbonn Climate Registery4 (cCR), une plateforme où les collectivités peuvent inscrire leurs données.

Le climat est devenu un sujet majeur de coopération entre les grandes villes du monde.

Les réseaux régionaux

Il existe aussi de nombreuses organisations régionales qui visent souvent à élargir leurs frontières.

En Europe, la Convention des Maires5 a été lancée par la Commission européenne en 2008, après l’adoption du Paquet Energie-ClimatLe Paquet énergie-climat est un ensemble de mesures communes de l'Union européenne dans le domaine de l'énergie... de l’Union européenne (UE) à l’horizon 2020, rassemblant aussi bien des petites villes que des grandes métropoles. En 2015, elle a défini de nouvelles ambitions, poussant l’UE à adopter des objectifs à plus long terme. Elle a ouvert le champ de ses adhérents à des pays en dehors de l’UE, notamment du pourtour méditerranéen, du Proche-Orient et de l’Asie centrale.

D’autres organisations existent aussi aux États-Unis, en Amérique latine, et dans la région Asie-Pacifique avec Citynet6. Un mouvement comme CityProtocol7 travaille prioritairement via internet et rapproche des villes, des universités et des entreprises mondiales.

L’engagement des entreprises

En mai 2015, en prévision de la COP21, le Business & Climate Summit8 avait réuni à Paris 25 associations patronales, regroupant six millions d’entreprises dans 130 pays, pour débattre des solutions possibles.

Une deuxième édition du sommet s’est réunie en juin 2016 à Londres. Elle a été l’occasion de publier une étude montrant la contribution possible du secteur privé à la lutte contre le changement climatiqueVoir la définition du réchauffement climatique... (The business end of climate change)9. Les autorités marocaines ont souhaité que les multinationales des pays du Sud s’impliquent davantage, soulignant qu’elles représentent le quart de l'économie mondiale.

 

Sources :

(1) Site du C40 (en anglais uniquement)

(2) Site CGLU

(3) Site ICLEI (en anglais uniquement)

(4) Plateforme Carbonn (en anglais uniquement)

(5) Site Convention des Maires

(6) Site de Citynet (en anglais uniquement)

(7) Site CityProtocol (en anglais uniquement)

(8) Site de BCS (en anglais uniquement)

(9) Voir l’étude (en anglais uniquement)