Dossier : Le raffinage : un secteur en pleine mutation

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Décryptages

Le raffinage, entre contraintes techniques et économiques

Le raffinage permet de transformer le pétrole brut en produits pétroliers consommables, par les particuliers et par les industriels. (Voir le dossier « Les techniques du raffinage »). Il s’agit donc d’appliquer les meilleures techniques possibles mais aussi d’ajuster la production à la demande. Une demande qui s’est diversifiée et déplacée au cours des dernières années et qui requière à la filière du raffinage de se moderniser. (Voir le dossier«  Le raffinage : un secteur en pleine mutation »).

Vue d'ensemble de la raffinerie Total à Anvers, en Belgique. © M.LABELLE / TOTAL

Une demande en évolution

Le raffinageEnsemble des opérations industrielles permettant d'élaborer divers produits pétroliers (gaz, essences, fiouls, bitumes…) à partir de pétroles bruts. n’est pas qu’une opération technique. Il est soumis à une contrainte économique forte, celle de répondre aux besoins du marché (Voir le décryptage « Le raffinage : contexte en enjeux »).

Les besoins en produits pétroliers ont évolué depuis le milieu du XXe siècle. Dans les pays industrialisés, la demande en produits légers, comme les carburantsUn carburant est un combustible liquide (comme l'essence), gazeux (comme le GPLc) ou solide (comme un propergol)..., s’est accélérée tandis que la consommation de fioul lourdLes fiouls lourds sont des combustibles liquides à haute viscosité, utilisés comme carburants des gros moteurs diesel de navires..., pour le chauffage ou la production d’électricité, a baissé. La demande s’est aussi déplacée géographiquement : dans les pays émergents, comme la Chine et l’Inde, la consommation augmente fortement tandis qu’elle ne cesse de baisser en Europe, où les pouvoirs publics encouragent les économies d’énergie. Du coup, les capacités de raffinage ne cessent de croître dans le monde émergent alors qu’en Europe des surcapacités apparaissent.

La diésélisation du parc européen

D’autres phénomènes pèsent sur la filière du raffinage. En Europe, et tout particulièrement en France, le parc automobile s’est « diésélisé », les particuliers et les professionnels du transport routier étant attirés par le moindre prix du gazoleSynonyme de diesel et de gasoil. , assuré notamment par la fiscalité (Voir le décryptage « Le raffinage en France : l'analyse de l’expert »). Résultat : les raffineries européennes produisent aujourd’hui trop d’essence et pas assez de gazole, et l’Europe doit importer ce dernier. Quant aux exportations d’essence, le marché américain est devenu moins favorable au fil des années.

Les raffineries européennes produisent aujourd’hui trop d’essence et pas assez de gazole

Par ailleurs, face à la raréfaction de la ressource, les pétroliers doivent s’orienter vers de nouveaux types de pétrolePétrole non raffiné., notamment des pétroles lourds. Les opérations de raffinage en sont alourdies.

Une filière en mutation

Confronté à ces évolutions, avec des marges qui se rétrécissent, le raffinage en Europe devient de moins en moins rentable et des raffineries ont déjà dû cesser leur activité. Pour éviter de nouvelles fermetures, les raffineurs accélèrent actuellement la modernisation de leurs installations (Voir le décryptage « Le raffinage, un outil en pleine mutation »).

Pour gagner en compétitivité, les raffineurs ont commencé à installer des plateformes industrielles, qui concentrent les activités de raffinage et de pétrochimieLa pétrochimie est la chimie des dérivés du pétrole. Elle permet la fabrication de nombreux produits de notre environnement quotidien. sur un même site. Esso à Anvers, Shell aux Pays-Bas, Total en Normandie ont déjà créé de vastes ensembles intégrés.