Dossier : L’essor du solaire photovoltaïque

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Le développement du photovoltaïque dans le monde

Porté en Asie par la Chine et le Japon, en Amérique du nord par les États-Unis, en Europe par l’Allemagne, le solaire photovoltaïque est promis à un vigoureux développement mondial. Certaines projections estiment qu’il pourrait répondre dans 50 ans à près d’un tiers de la demande électrique mondiale.

Le solaire photovoltaïque se développe partout dans le monde. Ici le parc de Jeonju, en Corée du Sud. © COURTESY OF SUNPOWER CORP

Deux évènements indépendants l’un de l’autre ont donné une formidable poussée au solaire photovoltaïque : la volonté de l’Allemagne de sortir du nucléaire après la catastrophe de Fukushima, en mars 2011, a conduit le pays à devenir à marches forcées le premier pays solaire du monde ; la décision du pouvoir central à Pékin de faire du solaire un axe essentiel de son avenir énergétique, au-delà du charbon, a conduit  la Chine à subventionner massivement sa nouvelle filière et à dominer l’offre mondiale.

Cette brusque expansion s’est faite dans la douleur… Le monde s’est trouvé en situation de surcapacité de modules, forçant à la fermeture de nombreuses unités de production allemandes, mais aussi chinoises. Mais la situation s’est stabilisée : les entreprises productrices de modules se sont restructurées et l’aval de la filière (c’est-à-dire la mise en place des installations photovoltaïques) s’est industrialisé et rationnalisé.

Un trio de tête : Allemagne, Chine, Japon

Fin 2013, la capacité totale installée dans le monde atteint 134 GW. L’Allemagne est en tête (36 GW), devant la Chine et le Japon. La France est au 6e rang mondial, avec 4,6 GW. Ce chiffre de 134 GW doit être apprécié par rapport aux autres sources : c’est environ 2 % de la capacité électrique installée, et seulement 0,5 % de la génération électrique mondiale, compte tenu des taux de rendement du photovoltaïque.

6e : c’est le rang de la France dans le monde pour le solaire photovoltaïque fin 2013

Cette part est très faible, mais il faut prendre en compte le taux de progression : chaque année, la capacité photovoltaïque augmente de 35 %. Les nouvelles capacités installées dans le monde au cours de l’année 2013 se sont élevées à près de 36 GW, après 30 GW en 2012 et 26 GW en 2011.

La progression s’est ralentie en Europe, notamment en Allemagne, qui n’a installé que 3,3 GW en 2013 (contre 8 GW en 2012), et en France, qui n’a installé que 0,6 GW en 2013. Mais le relais a été pris par la Chine, le Japon, les États-Unis et par une myriade de pays plus petits, répartis sur toute la planète (Chili, Afrique du Sud, Asie du Sud-Est). 

500 GW prévus en 2020

Dans ces conditions, tous les analystes prédisent une poursuite du développement jusqu’en 2020. À cet horizon, le parc installé devrait être de 500 GW (contre 134 GW fin 2013), ce qui

L’Allemagne est le pays le plus « solaire » du monde, mais la Chine la rattrape.

assurerait 2,2 % de la production électrique mondiale. Toujours à cet horizon 2020, la Chine sera largement en tête (sans doute avec quelque 100 GW), devant un trio entre 50 et 60 GW, constitué de l’Allemagne, du Japon et des États-Unis. La France devrait alors être 9 ou 10e dans le classement mondial.

Les projections au-delà de 20 ans sont toujours fragiles. Certains analystes tablent cependant sur 2000 GW avant 2035 et 12000 GW dans 50 ans (vers 2060-2075). À de tels niveaux, la part du solaire photovoltaïque dans la production électrique mondiale passerait respectivement à 8 % puis 30 %.

L’amont et l’aval de la filière

Ce développement général est porté par de grandes entreprises mondiales. Dans le secteur amont, c’est-à-dire la production des modules, trois grands acteurs se sont imposés si l’on considère les chiffres d’affaires : les Américains First Solar et SunPower (ce dernier étant détenu majoritairement par le groupe Total), et le chinois Yingli. Cinq autres groupes chinois viennent ensuite, confirmant la formidable implication du pays dans l’énergie solaire.

Le secteur aval, dans lequel ces mêmes groupes s’investissent également, est celui qui connaîtra sans doute la plus forte croissance. Il s’agit d’intégrer le solaire dans les nouveaux usages et notamment de réussir la convergence du monde du numérique et de l’électricité. C’est un secteur très ouvert à l’innovation, à la gestion de systèmes complexes, inscrit dans le tissu régional de chaque pays. Il implique de nouveaux métiers et constituera sans doute le plus grand réservoir d’emplois à l’avenir.

 

Source :

AIE