Dossier : Les enjeux de la production des hydrocarbures

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Décryptages

Le cycle de vie du gisement d’hydrocarbures

La durée de vie d'un gisement, c’est-à-dire la période durant laquelle on extrait les hydrocarbures qu’il renferme, varie généralement de 15 à 30 ans. Pour les très gros gisements, elle peut se prolonger jusqu'à 50 ans et plus. Les gisements situés en mer profonde sont exploités durant 5 à 10 ans seulement, en raison de coûts d'extraction très élevés. 

© Plate-forme AGM-N et rig de forage SETTY au large de Port Gentil, Gabon - PASCAL LAURENT - TOTAL

La phase préparatoire

La phase d’exploration a permis de localiser et d’évaluer les hydrocarburesLes hydrocarbures sont des composés chimiques dont les molécules sont constituées d'atomes de carbone et d'hydrogène... présents dans le gisementUn gisement est une accumulation de matière première (pétrole, gaz, charbon, uranium, minerai métallique, substance utile…)... (Voir le dossier : « L’exploration des gisements de pétrole et de gaz »). Avant de commencer l’exploitation elle-même, les pétroliers établissent le plan de développement du gisement :

  • ils effectuent des calculs de rentabilité, pour déterminer si les ventes futures du pétrolePétrole non raffiné. et du gaz couvriront les coûts engendrés pendant toute la durée de vie de l’exploitation ;
  • ils évaluent le nombre de forages nécessaires et choisissent les installations les plus adaptées pour les différentes étapes de la production (méthodes d’extraction, traitement des produits ramenés à la surface, stockage provisoire, expédition) ; 
  • ils définissent le profil de production, c’est-à-dire une simulation qui prévoit les volumes de production du gisement, année par année, du début à la fin de l'exploitation. 
     

15 à 30 ans : la durée de vie moyenne d’un gisement pétrolier sur terre
 

Il faudra enfin préparer le site, l’aplanir, le déboiser, construire les routes servant à acheminer le matériel nécessaire, construire les locaux techniques et d’habitation. En offshoreTerme anglais désignant les zones et les opérations d'exploration ou d'exploitation pétrolières en mer..., il faut acheminer ou construire la plateforme. 

Le cycle de vie du gisement de pétrole comprend trois phases : 

Le taux de récupération du gaz (60 à 80 %) est meilleur que celui du pétrole (5 à 50 %).

Les aléas de la production

Il arrive que la production ne se déroule pas comme prévu. Le réservoir peut produire plus (jusqu’à 10 ou 20 % de pétrole supplémentaire par rapport aux estimations réalisées) ou, à l'inverse, la productivité des puits peut être très inférieure aux prévisions.

Les causes de cette incertitude sont diverses. Tous les gisements contiennent de l'eau résiduelle qui remonte à travers le puits en même temps que les hydrocarbures. Après un certain temps, il peut y avoir davantage d'eau et moins d'hydrocarbures. Le coût de l'extraction et de la séparation de l'eau peut alors rendre l'exploitation déficitaire. Sur certains sites, le gaz naturel extrait n'est pas destiné à la commercialisation. Or, la production du gaz augmente parfois brutalement sur ces gisements, au détriment de la production pétrolière.

Le contexte économique international entre également en jeu : si le cours du barilUnité de mesure de volume de pétrole brut qui équivaut à environ 159 litres (0,159 m3)... de pétrole chute durablement, certains gisements peuvent être abandonnés plus tôt que prévu ; à l’inverse, si ce cours augmente, les gisements pourront être exploités plus longtemps.
 
Ces aléas compromettent la rentabilité finale et il arrive alors que la compagnie soit obligée de stopper prématurément la production. Dans ce cas, elle perd presque entièrement les sommes considérables investies au départ. C'est pourquoi, pendant toute la vie du gisement pétrolier, les ingénieurs effectuent des réévaluations régulières. 

La fin de l’exploitation

Lorsque les compagnies pétrolières abandonnent l’exploitation du gisement, celui-ci peut être racheté par une autre société privée, plus petite, dont les frais de production moindres demandent une rentabilité inférieure. Il peut aussi être repris par la compagnie d'État du pays où il se trouve.