Dossier : COP22 : les résultats de l’Accord de Paris

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Décryptages

La COP22 a confirmé l’Accord de Paris et avancé le calendrier

La COP22, réunie du 7 au 18 novembre 2016 à Marrakech (Maroc), n’a pas pris de décision spectaculaire mais a confirmé tous les grands axes de l'Accord de Paris, adopté un an plus tôt à la COP21. La COP23 aura lieu en décembre 2017 sous la présidence des îles Fidji, mais se déroulera à Bonn (Allemagne) pour raisons financières et logistiques.
La COP24 se déroulera en Pologne.

La transition énergétique est essentielle pour lutter contre le réchauffement climatique. Le Maroc a investi massivement dans les parcs solaires
(ici Noor 1 à Ouazazate) ©AFP

L’état des ratifications 

L’Accord de Paris avait été formellement ratifié un mois avant la réunion de Marrakech, car le seuil de « 55 États responsables d’au moins 55 % des émissions de gaz à effet de serre (GES)Les gaz à effet de serre sont des gaz dont les propriétés physiques induisent un réchauffement de l’atmosphère de notre planète... » avait été atteint. Fin novembre 2016, 114 pays ont ratifié (sur 193 qui ont signé l’Accord de Paris)1. Parmi les pays manquants, la Russie, plusieurs pays d’Afrique, d’Europe de l’est et du Golfe (sauf l’Arabie Saoudite qui a ratifié juste avant Marrakech).

La COP22 a avancé le calendrier pour que l’Accord de Paris sur le climat soit opérationnel sans retard, dès 2020.

Avancement de dates 

La COP22 a pris une initiative en avançant à 2018 la mise au point du « mode d’emploi » de l’Accord de Paris. L’Accord entre juridiquement en vigueur en 2020 mais il faut préparer un certain nombre de mécanismes complexes : par exemple, comment mesurer de la même façon dans tous les pays les émissions dans l’industrie, l’habitat, les transports, l’énergie, l’agriculture ? Comment vérifie-t-on ? Comment transmet-on aux organismes internationaux ? En commençant ce travail plus tôt, l’Accord devrait pouvoir être opérationnel sans retard, dès 2020.

Les plans climat nationaux 

Avec ce mode d’emploi, les pays pourront commencer à appliquer leurs « plans climat » nationaux et à les améliorer. L’une des innovations de la COP21 avait été d’inviter les États à présenter des objectifs de réduction de GES, résultant d’une démarche volontaire. La quasi-totalité des États ont joué le jeu mais la résultante globale des efforts nationaux reste insuffisante. Il faut donc qu’ils réévaluent ces plans. Un nouveau rapport du GIECLe GIEC est le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat... (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) sera publié en 2018 pour préciser les efforts à faire pour contenir l’augmentation de la température moyenne de la Planète bien en dessous de 2°C.

Le fonds vert pour le climat

Décidé sur le principe au sommet de Copenhague, en 2009, ce fonds prévu de 100 milliards par an est destiné à aider les pays du Sud à développer les énergies moins émettrices de GES et à s’adapter aux effets du changement climatiqueVoir la définition du réchauffement climatique.... Sa nécessité a été réaffirmée à Marrakech et figure même en conclusion de la "Proclamation de Marrakech". Le problème est moins son abondement par les pays industrialisés que la façon de distribuer les aides. Symboliquement, deux plans nationaux d’adaptation (au Népal et au Libéria) ont été retenus et une vingtaine d’autres sont dans les tuyaux, pour un montant de 2,5 milliards de dollars. La COP22 a poursuivi la mise en place d’outils pour vérifier que les projets engagés (agriculture, habitat, transports, etc) répondent bien aux nécessités de l’action contre le réchauffement climatiqueLe réchauffement climatique, appelé aussi réchauffement planétaire ou réchauffement global, est un phénomène d'augmentation de la température moyenne des océans... et ses effets.

2017 : la date de la COP23, présidée par les îles Fidji, mais organisée à Bonn (Allemagne) 

Peu de résultats spécifiques pour l’Afrique

Le Maroc, dont la diplomatie est très active en Afrique, avait souhaité que la COP22 prenne des initiatives spécifiques en faveur de l’agriculture africaine et des mesures d’adaptation aux phénomènes climatiques extrêmes. Le Maroc a présenté le plan AAA (adaptation de l’agriculture africaine) et l’initiative « Ceinture bleue » pour une pêche durable. La France a défendu une agriculture propre à stocker plus de carbone. Les discussions ont été repoussées à 2017.

Les acteurs non étatiques

Le rôle des entreprises, des territoires, de la société civile a été de nouveau mis en avant, au point que certaines ONG suspectent les États de vouloir se décharger de leurs responsabilités… Une coalition de plus de 650 grandes entreprises, "We Mean Business"2, s’est formée pour manifester leur engagement en faveur du climat. Une plateforme, "2050 pathways", regroupera des pays, des villes et des entreprises qui s'engagent à ne plus émettre de GES d'ici 2050. La Fondation Solar Impulse3, qui a organisé le premier tour du monde en avion solaire, a lancé l'Alliance mondiale pour les technologies propres.

 
 

 

Sources :

(1) Suivre l'état des ratifications (en anglais uniquement)

(2) Site de We Mean Business 

(3) Site de la Fondation Solar Impulse