Dossier : L’essor de l’offshore pétrolier et gazier

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Décryptages

L’offshore : une part grandissante dans l’exploitation pétrolière et gazière

L’exploitation pétrolière et gazière à partir de plateformes fixes, dans des eaux peu profondes, reste majoritaire mais les nouvelles technologies permettent d’aller de plus en plus loin des côtes et dans des profondeurs d’eau croissantes, jusqu’à 3 000 mètres en dessous du niveau de la mer. Là se trouvent les réserves les plus importantes. Les coûts d’exploitation sont élevés mais restent compétitifs avec les autres hydrocarbures non conventionnels.

Le "Pride of Africa", du groupe Total, a participé à la mise en place du projet géant Pazflor, à 150 kilomètres des côtes angolaises. © PASCAL LAURENT - TOTAL

Une longue histoire technologique

L’exploitation en mer (offshoreTerme anglais désignant les zones et les opérations d'exploration ou d'exploitation pétrolières en mer...) a véritablement commencé dans les années 1950 avec des puitsDésigne la cavité cylindrique creusée dans le sous-sol par un forage... par faible profondeur d’eau, notamment dans le golfe du Mexique, au large du Texas. Après la crise pétrolière de 1973, les pays européens, désireux de renforcer leur autonomie par rapport aux producteurs du Moyen-Orient, ont entrepris de développer les champs pétroliers et gaziers de la mer du Nord. Un premier saut technologique permet alors de concevoir des plateformes flottantes et capables d’opérer dans un environnement difficile.

Dans les années 1990, des technologies de plus en plus sophistiquées, à la fois dans l’exploration et dans les techniques de forageUn forage consiste à creuser un trou dans le sous-sol grâce à une machine adaptée..., ouvrent la voie à l’« offshore profond », au-delà de 500 mètres. Au fil des années, des profondeurs de 1 500 mètres sont devenues courantes et le niveau de 3 000 mètres a été dépassé.

Au début des années 2010, l'offshore dans son ensemble représente 30 % de la production de pétrolePétrole non raffiné. et 27 % de la production de gaz dans le monde. Plus de 17 000 plateformes sont installées, dont la moitié de fixes, c’est-à-dire reposant sur le fond de la mer. Mais la plupart des zones peu profondes étant déjà en exploitation, c’est l’offshore profond qui progresse aujourd’hui et qui est à la source des découvertes de gisementsUn gisement est une accumulation de matière première (pétrole, gaz, charbon, uranium, minerai métallique, substance utile…)... les plus intéressantes.

En 2013, les hydrocarburesLes hydrocarbures sont des composés chimiques dont les molécules sont constituées d'atomes de carbone et d'hydrogène... liquides de l’offshore profond ont contribué à hauteur de 6 % à la production mondiale de pétrole et de gaz. D’ici 2035, leur production devrait atteindre près de 9 millions de barils par jour, soit près de 11 % de la production mondiale conventionnelle de liquides. En termes de réserves, on estime que l'offshore représente 20 % des réserves mondiales de pétrole et 30 % de celles de gaz1.

17 000 : le nombre approximatif de plateformes pétrolières et gazières offshore.

De vastes bassins sédimentaires  

Comme sur terre, les hydrocarbures en mer reposent dans les bassins sédimentaires, en bordure des continents, souvent au débouché de grands fleuves ou de systèmes alluviaux. Les couches de sédimentsDépôts de particules de tailles variables provenant de l'érosion de roches anciennes, de résidus d'activités organiques (coquilles de mollusques...)..., poussées par des « avalanches » successives, se répandent en éventails sur des centaines de kilomètres, dépassant la « marge » continentale pour se déposer dans les grands fonds de la plaine océanique.

On estime que ces bassins sédimentaires par grande profondeur s'étendent sur 55 millions de km2 dans le monde, soit cent fois la surface de la France. Et seulement 3 % ont fait l'objet d'une exploration pétrolièreEnsemble des méthodes mises en œuvre pour découvrir de nouveaux gisements d'hydrocarbures. , ce qui rend probables des découvertes majeures2.

Ils sont quelquefois recouverts d’énormes amas de sel, appelés « dômes », qui font écran aux ondes sismiques utilisées pour imager le sous-sol. Ce sont les progrès dans l’imagerie 3D qui ont permis de progresser dans ces zones.

Les recherches se concentrent aujourd’hui au large du Brésil, dans le golfe du Mexique, l'Atlantique nord-est (Écosse), le golfe de Guinée, le sud de l’Afrique. Les perspectives gazières sont importantes au Moyen-Orient et en Méditerranée.

L'offshore représente 30 % de la production de pétrole et 27 % de la production du gaz dans le monde.

Un coût économique élevé mais compétitif

Le coût de production offshore des hydrocarbures liquides varie considérablement selon la nature des champs, les lieux et les conditions d’exploitation. Mais si l’on compare les points moyens, ce coût est compétitif avec les pétroles non conventionnels ou ceux extraits dans des régions difficiles. En 2014 :

Ces points moyens peuvent s’ajuster selon les variations des marchés et sont au centre de larges plages de variation. Mais ils expliquent que les pétroles offshore peuvent faire face à la chute des cours du baril.

 

Sources :

(1) Total  et IFP Énergies nouvelles

(2) IFREMER