Dossier : Les enjeux de la production des hydrocarbures

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Décryptages

L’exploitation du gisement d’hydrocarbures

Après les différentes phases de l’exploration (Voir le décryptage : « L’exploration, un processus en plusieurs étapes »), de nouvelles études déterminent la rentabilité du gisement au cours du temps, le nombre et le type de forages souhaitables, les installations les plus adaptées. L’extraction commence ensuite, soit par déplétion naturelle, soit en mettant en jeu des techniques de récupération assistée.

© Les hydrocarbures peuvent être enfouis à des milliers de km sous terre. Ici, l'exploitation du gaz à 6000 mètres sous les Andes, à Incahuasi, en Bolivie. - GONZALEZ THIERRY - TOTAL

Des puits de production verticaux ou horizontaux

Comme les gisementsUn gisement est une accumulation de matière première (pétrole, gaz, charbon, uranium, minerai métallique, substance utile…)... sont très vastes (de plusieurs kilomètres carrés à plus de 100 kilomètres carrés), il faut forer des puitsDésigne la cavité cylindrique creusée dans le sous-sol par un forage... de façon à récupérer le maximum d’hydrocarburesLes hydrocarbures sont des composés chimiques dont les molécules sont constituées d'atomes de carbone et d'hydrogène.... On distingue deux grandes familles de puits, les puits traditionnels et les puits horizontaux.  

  • Le puits traditionnel, qui existe depuis le XIXe siècle, est creusé à la verticale du réservoir. La connexion entre ce puits et le gisement est réduite, puisqu'elle se limite à la hauteur imprégnée en hydrocarbures, en général de l'ordre de quelques dizaines de mètres. Pour pouvoir récupérer tous les hydrocarbures présents dans le gisement, il faut donc forer beaucoup de puits verticaux.
  • Le puits horizontal fait appel à des techniques plus récentes. Ce puits a une surface de contact avec le réservoir bien plus importante. Il en faut donc beaucoup moins pour exploiter un gisement, ce qui permet une réduction des coûts de production. Ainsi, ces puits horizontaux sont préférés par les pétroliers chaque fois que la forme, la profondeur et l'emplacement du gisement le permettent.

Le puits creusé est consolidé à l’intérieur par un tubageLa paroi d'un trou de forage est fondamentalement instable du fait du différentiel de pression... inamovible, doublé d’un tube de production, qui peut être changé en cas d'encrassement ou de corrosionAltération d'un matériau sous l'effet de facteurs physiques ou physico-chimiques....
 

Une remontée des hydrocarbures naturelle ou assistée

Pour que les hydrocarbures puissent remonter à la surface, la pression des fluides dans le puits doit être nettement inférieure à celle dans le réservoir :

Les pompes installées à la surface d’un puits vont accélérer la montée du pétrole. Pour obtenir le même effet, on peut aussi alléger la colonne fluide dans le puits par injection d'azote (lifting).

L'injection d'eau ou de gaz à la base de l'accumulation d'hydrocarbures aura pour effet de faire remonter la pression du gisement. Dans certains cas de gisement de pétrole très visqueux, l’injection de vapeur d'eau ou de certains solvants va fluidifier le pétrole et le rendre plus mobile.
 

Les besoins en eau lors de la production

Il faut de 1 à 3 barils d’eau pour produire un baril de pétrole.

Dans les exploitations pétrolières classiques assistées par injection d’eau, on estime généralement qu’il faut de 1 à 3 barils d’eau par barilUnité de mesure de volume de pétrole brut qui équivaut à environ 159 litres (0,159 m3)... de pétrole produit.
 
L’eau utilisée pour les besoins de la production peut provenir… des puits eux-mêmes. Les réservoirs de pétrole contiennent en effet beaucoup d’eau : en moyenne, 3 à 5 barils d’eau pour 1 baril de pétrole, donc généralement plus que nécessaire. Cette eau, naturellement mélangée au pétrole, est appelée « eau de production ». Lors des opérations d’extraction, elle est alors réinjectée dans le puits selon les besoins. Si ce recyclage n’est pas possible, l’eau de production est traitée et filtrée avant d’être restituée au milieu naturel. Des tests éco-toxicologiques permettent de vérifier que sa composition (huile, sel, chlorures, métaux, sulfates, carbonates, produits de traitement, etc.) respecte les seuils réglementaires.

Mais l’eau nécessaire peut venir aussi de sources extérieures :

 

Source

(1)    IFP-EN – L’eau dans la production de carburant