Dossier : Habitat : réduire la consommation énergétique

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Décryptages

Habitat : rénover et construire les maisons du futur

Les parcs immobiliers ont la double particularité d’être rigides et considérablement diversifiés. Agir sur leur efficacité énergétique implique d’agir sur les constructions neuves, en fixant des réglementations et en améliorant les technologies, mais aussi sur les constructions déjà existantes, en les rénovant. Un processus long et coûteux.   

Habitat : rénover et construire les maisons du futur
La rénovation des bâtiments anciens est un processus lent et coûteux. Ici, un vieux quartier de Prague. ©THINKSTOCK

En 2003, l’habitat résidentiel ou occupé par les activités du secteur tertiaire absorbe autour de 30 % de l’énergie consommée dans le monde.

L’évaluation est difficile dans les pays en développement mais on considère que la quasi-totalité de la biomasseDans le domaine de l'énergie, la biomasse se définit par l'ensemble des matières organiques d'origine végétale ou animale... est brûlée dans les maisons, en particulier pour la cuisson, le chauffage et l’éclairage.

En France, 58 % des logements ont été construits avant 1975 

En Europe, avec près de 40 %, l’habitat est le secteur économique le plus consommateur d’énergie, devant les transports. En France, malgré les politiques d’efficacité énergétiqueEn économie, l'efficacité énergétique désigne les efforts déployés pour réduire la consommation d'énergie d'un système... engagées depuis le premier choc pétrolierUn choc pétrolier est causé par une pénurie de pétrole réelle, anticipée ou spéculative... de 1973, la consommation du secteur a augmenté de 20 % en 30 ans.1 Cette consommation se répercute directement sur le pouvoir d’achat des citoyens, d’autant plus en période de renchérissement des coûts de l’énergie.  

La rénovation des parcs immobiliers

La difficulté réside dans la grande rigidité des parcs immobiliers. La durée de vie moyenne d’un bâtiment est supérieure à un siècle. En France, 58 % des logements (près de 20 millions) ont été construits avant 1975 et consomment 2 à 3 fois plus d’énergie que les logements récents.

En France comme en Allemagne, pays pourtant très en pointe, le taux de rénovation énergétique du parc immobilier est d’environ 1 % chaque année et, même avec des politiques très volontaristes, les deux pays ne prévoient que de doubler leur objectif d’ici 2020.2

Les anciens bâtiments consomment 2 à 3 fois plus d’énergie que les logements récents.

En outre, la plupart des travaux de rénovation ne réalisent actuellement qu'une modeste économie d'énergie, de l’ordre de 20 à 30 %. Il faut promouvoir des rénovations « lourdes » d'au moins 60 % - donc évidemment plus chères - pour atteindre la totalité du potentiel économique et écologique.3

En France, le Grenelle de l'environnement avait fixé un objectif de 400 000 rénovations par an à partir de 2013. Un objectif qui n’a pas été atteint : on estime entre 100 000 et 200 000 le nombre de rénovations lourdes par an en France. Mais un nouvel objectif de 500 000 rénovations d’ici 2017 a été relancé dans la loi de transition énergétiqueLa transition énergétique désigne le passage du système actuel de production d'énergie... (Voir le décryptage : "Loi française sur la transition énergétique")

Un levier pour des progrès plus rapides serait de conférer une « valeur verte » à l’immeuble, fondée sur sa performance énergétique (Voir le décryptage : « Le diagnostic de performance énergétique »). Cette « valeur » est de plus en plus souvent prise en compte sur le marché immobilier lors de la vente et de l’achat du bien, au même titre que la surface, le standing ou la situation.

Les constructions neuves : le cas de la France

C’est dans les bâtiments neufs que l’on peut espérer faire des progrès rapides, grâce aux nouvelles technologies de la construction. La nouvelle réglementation thermique (RT2012), qui s’applique aux permis de construire à partir de janvier 2013, a introduit un plafond moyen de 50 kWh(ep)/(m2 par an) (ep pour énergie primaireL’énergie primaire désigne l’ensemble des sources d’énergie non transformées, c’est-à-dire à l’état naturel...), à comparer avec la norme de 2005 de 150 kWh(ep)/(m2 par an). 4

Ce plafond varie selon divers facteurs, comme la région ou l’altitude et s’applique aux cinq usages réglementés : chauffage, refroidissement, ventilation, eau chaude sanitaire, éclairage. Notons que l’énergie destinée au chauffage a diminué de 10 % entre 1990 et 2011 grâce à une meilleure efficacité énergétique des bâtiments. Mais la consommation électrique dans l’habitat a augmenté de 80 % dans la même période en raison de la progression des appareils ménagers et équipements informatiques.

Quant à la prochaine réglementation française, en cours d’élaboration pour 2020, la Réglementation Bâtiment Responsable (RBR),  elle visera le concept de bâtiment à énergie positive ou BEPOS. Les permis de construire déposés à partir de janvier 2021 devront présenter une consommation d’énergie inférieure à la quantité d’énergie qui sera produite à partir de sources renouvelables. 

 

Sources :

(1) ADEME

(2) Comparaison France-Allemagne réalisée par l’IDDRI

(3) Etude du Plan Bâtiment Durable

(4) Ministère du développement durable