Dossier : Habitat : réduire la consommation énergétique

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Décryptages

Habitat : rénover et construire les maisons du futur

Les parcs immobiliers ont la double particularité d’être rigides et considérablement diversifiés. Agir sur leur efficacité énergétique implique d’agir sur les constructions neuves, en fixant des réglementations et en améliorant les technologies, mais aussi sur les constructions déjà existantes, en les rénovant. Un processus long et coûteux.   

Habitat : rénover et construire les maisons du futur
La rénovation des bâtiments anciens est un processus lent et coûteux. Ici, un vieux quartier de Prague. ©THINKSTOCK

En 2014, dans le monde, l’habitat résidentiel et les activités du tertiaire absorbent respectivement 23 % et 8 % de l’énergie finale consommée, soit une part totale légèrement supérieure à celles de l’industrie (29 %) et du transport (28 %), selon les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie (agence internationale de l'énergie (aie)L'AIE (IEA en anglais) est une agence autonome au sein de l'OCDE, créée en 1974 lors du premier choc pétrolier...)1. L’évaluation est cependant difficile dans les pays en développement, où une quantité considérable de biomasseDans le domaine de l'énergie, la biomasse se définit par l'ensemble des matières organiques d'origine végétale ou animale... est utilisée pour la cuisson des aliments et le chauffage.

En Europe, l’habitat, avec une part de plus de 38 % en 2014 (24,8 % pour les ménages et 13,3 % pour les services), est le secteur économique le plus consommateur d’énergie, devant les transports2. En France, la part du résidentiel et tertiaire dans la consommation finale a atteint 42,6 % en 2015. La consommation se maintient ainsi à son niveau du début des années 2000, alors qu’elle avait régulièrement augmenté dans les années 1990 (+ 1,1 % par an en moyenne)3.

En France, 58 % des logements ont été construits avant 1975   

La rénovation des parcs immobiliers

La difficulté réside dans la grande rigidité des parcs immobiliers. La durée de vie moyenne d’un bâtiment est supérieure à un siècle. En France, 58 % des logements (près de 20 millions) ont été construits avant 1975 et consomment 2 à 3 fois plus d’énergie que les logements récents.

En France comme en Allemagne, pays pourtant très en pointe, le taux de rénovation énergétique du parc immobilier est d’environ 1 % chaque année et, même avec des politiques très volontaristes, les deux pays ne prévoient que de doubler leur objectif d’ici 2020.

Les anciens bâtiments consomment 2 à 3 fois plus d’énergie que les logements récents.

En outre, la plupart des travaux de rénovation ne réalisent actuellement qu'une modeste économie d'énergie, de l’ordre de 20 à 30 %. Il faut promouvoir des rénovations « lourdes » d'au moins 60 % - donc évidemment plus chères - pour atteindre la totalité du potentiel économique et écologique.

En France, un plan de rénovation énergétique de l’habitat (PREH), lancé en 2013, a fixé des objectifs annuels de rénovation (à compter de 2017, 380 000 logements privés et 120 000 logements sociaux). 

Un levier pour des progrès plus rapides serait de conférer une « valeur verte » à l’immeuble, fondée sur sa performance énergétique (Voir le décryptage : « Le diagnostic de performance énergétique »). Cette « valeur » est de plus en plus souvent prise en compte sur le marché immobilier lors de la vente et de l’achat du bien, au même titre que la surface, le standing ou la situation.

Les constructions neuves : le cas de la France

C’est dans les bâtiments neufs que l’on peut espérer faire des progrès rapides, grâce aux nouvelles technologies de la construction. La réglementation thermique (RT 2012), qui s’applique aux permis de construire à partir de janvier 2013, a introduit un plafond moyen de 50 kWh(ep)/(m2 par an) (ep pour energie primaireL’énergie primaire désigne l’ensemble des sources d’énergie non transformées, c’est-à-dire à l’état naturel...), à comparer avec la norme de 2005 de 150 kWh(ep)/(m2 par an)4.

Ce plafond varie selon divers facteurs, comme la région ou l’altitude et s’applique aux cinq usages réglementés : chauffage, refroidissement, ventilation, eau chaude sanitaire, éclairage. Notons que l’énergie destinée au chauffage a diminué de 10 % entre 1990 et 2011 grâce à une meilleure efficacité énergétiqueEn économie, l'efficacité énergétique désigne les efforts déployés pour réduire la consommation d'énergie d'un système... des bâtiments. Mais la consommation électrique dans l’habitat a augmenté de 80 % dans la même période en raison de la progression des appareils ménagers et équipements informatiques.

La prochaine réglementation française, RT 2020, introduira le concept de bâtiment à énergie positive ou BEPOS. Les permis de construire déposés à partir de janvier 2021 devront présenter une consommation d’énergie inférieure à la quantité d’énergie qui sera produite à partir de sources renouvelables. 

 

Sources :

(1) Statistiques AIE 

(2) Statistiques Europa 

(3) Chiffres clés de l'énergie, Édition 2016 - Ministère de l'énergie, du développement et de la mer

(4) Ministère de la transition écologique