Dossier : Habitat : réduire la consommation énergétique

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Décryptages

Habitat : le rôle décisif de l’usager

L’amélioration de l’efficacité énergétique d’un bâtiment passe à la fois par des « méthodes passives », qui accroissent ses qualités intrinsèques, notamment au moment de sa conception et de sa construction. Il existe aussi des « méthodes actives », qui sont du ressort de l’usager
lui-même, et qui visent à mieux gérer les équipements et les flux d’électricité et de chaleur.

Habitat : le rôle décisif de l’usager
Le comportement de l'usager est essentiel pour gérer les flux d'électricité et de chaleur dans une maison ©THINKSTOCK

Les méthodes passives prennent du temps, nécessitent une approche globale et sont très coûteuses. Les méthodes actives sont moins onéreuses, voire sans coûts, et permettent des gains immédiats. 

L’usager au centre des « méthodes actives »

L’originalité des méthodes actives est d’impliquer de façon directe l’occupant du bâtiment.1 Cette participation décisive de l’usager répond à un triptyque de base :

  • la mesure de la consommation. Alors que la tradition est d’avoir un relevé global de sa consommation électrique, avec un compteur central, la tendance est maintenant de distinguer la part du chauffage, de l’eau chaude sanitaire, de la climatisation, de l’éclairage, des équipements, etc. dans la consommation énergétique du logement. En France, le compteur Linky est une brique de base à partir de laquelle des start-ups mettent à disposition des systèmes d’analyse et de « sous-comptage » des dépenses énergétiques du logement. Ces outils  permettent  in fine  d’identifier les économies possibles.
  • la régulation et la programmation. En matière de chauffage, la régulation permet de maintenir la température ambiante à une valeur choisie en prenant en compte les évolutions de la température extérieure et les apports gratuits de chaleurAujourd'hui, en thermodynamique statistique, la chaleur désigne un transfert d'agitation thermique des particules composant la matière... (soleil, équipements électriques, éclairage, etc.). La programmation complète la régulation : elle permet de piloter le chauffage de chaque secteur du logement (chambres, salon, salle de bains) en fonction des activités et des heures de présence. Elle s’applique aussi à l’éclairage ou à la mise en veille des appareils électroniques.
  • le comportement de l’usager. Accepter un degré de moins dans les pièces en hiver et un degré de plus en été réduit la consommation de 5 à 10 %, selon les chiffres de l’ADEME. Le choix des équipements pèse également très lourd. L’électroménager de 2013 consomme en moyenne 40 % de moins que celui de 2000. La consommation des réfrigérateurs et des congélateurs a même été divisée par trois sur la même période, même si l’économie réalisée a été compensée par la généralisation et la sophistication accrue de ces derniers. Des lampes à économie d’énergie ont permis de diviser la consommation par deux par rapport aux lampes à incandescence, et les lampes LED permettront une division par quatre (Voir le décryptage : « Les gestes du quotidien »)

5 à 10 % :l’économie de chauffage si l’on accepte un degré de moins dans les pièces en hiver 

La rénovation et les normes de construction : les méthodes dites passives

L’amélioration des qualités intrinsèques du parc immobilier passe par l’édiction de règles pour les nouvelles constructionset la rénovation thermique de l’existant.3

Quelques axes généraux sont aujourd’hui privilégiés (Voir le jeu : « Ma maison pour mon futur ») :

  • la bonne orientation du bâtiment par rapport au soleil, une surface minimale de baies vitrées mais une maîtrise de la pénétration du rayonnement solaire. En dehors des brise-soleil adaptables aux façades, les industriels travaillent sur des vitrages électro-chromes qui adaptent leur teinte selon l’ensoleillement et la température extérieure.
  • le couple aération-ventilation est essentiel. Pour la première fois en France, la RT2012 impose pour toute construction neuve un test d’étanchéité à l’air, pour limiter aussi bien les fuites que les infiltrations. Mais dans le même temps, elle insiste sur l’importance d’assurer une ventilation performante pour éviter l’humidité et assurer l’hygiène. Celle-ci doit être une ventilation mécanique contrôlée (VMC) à double flux : elle récupère la chaleur de l’air vicié extrait de la maison et l’utilise pour réchauffer l’air venant de l’extérieur.

La ventilation d’une maison est essentielle pour réduire ses besoins en chauffage. 

  • le troisième axe est celui de l’isolation thermique, indispensable à assurer avant le choix d’un chauffage plus performant.4 La RT2012 française prévoit le traitement des ponts thermiques, c’est-à-dire la continuité de l’isolant à la jonction plancher-mur dans le cas d’une isolation par l’intérieur. L’isolation thermique par l’extérieur, c’est-à-dire la mise en place d’un manteau isolant de polystyrèneLe polystyrène est une matière plastique répondant à de nombreux usages, le plus commun étant le polystyrène expansé... devant des points sensibles, une sorte de « seconde peau », a une très grande efficacité. L’isolation repose sur la conception de matériaux plus performants, avec des porosités très petites qui empêchent le mouvement des molécules. Des matériaux à changement de phase sont aussi capables de stocker la chaleur le jour, en passant de l’état solide à l’état liquide puis de la restituer le soir en retournant à l’état solide.

 

Sources :

(1) « Être écocitoyen à la maison » par l’ADEME

(2) La RT2012 pour les maisons individuelles et pour les bâtiments neufs

(3) Dossier « Rénovation » de l’ADEME 

(4) « Se chauffer sans gaspiller » par l’ADEME