Dossier : L’efficacité énergétique

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Décryptages

Efficacité énergétique : les progrès du secteur industriel

L’industrie a beaucoup contribué, depuis plus de 40 ans, à l’amélioration de l’efficacité énergétique. Elle y trouve son bénéfice dans la réduction de ses dépenses d’énergie par unité de production. Les innovations technologiques industrielles et de nouvelles approches, comme l’écologie industrielle et l’éco-conception, ont permis ce mouvement.

L'industrie consomme moins d'énergie que les transports et moins que l'habitat, secteur le plus énergivore. Ici, la raffinerie de Port Arthur (Texas) © BARRY STEVEN / TOTAL

Contrairement à une idée reçue, le secteur industriel n’est pas le plus gros consommateur d’énergie dans le monde. En Europe, la part du secteur industriel est estimée à 24 %, derrière les transports (33 %) et l’habitat résidentiel et tertiaire, à près de 40 %1.

Les secteurs industriels ont commencé leurs efforts de réduction de leur consommation au moment du premier choc pétrolierUn choc pétrolier est causé par une pénurie de pétrole réelle, anticipée ou spéculative... de 1973. Avant cet enchérissement des prix du pétrolePétrole non raffiné., l’industrie consommait 45 % de l’énergie européenne. Sa part n’a cessé de baisser même si cette évolution doit être tempérée : l’économie des pays de l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE) s’est réorientée vers le secteur tertiaire et une partie de son industrie a été décentralisée vers d’autres régions du monde.

 

24 % : la part de la consommation énergétique de l’industrie en Europe

L’industrie a un intérêt fondamental à améliorer son efficacité énergétiqueEn économie, l'efficacité énergétique désigne les efforts déployés pour réduire la consommation d'énergie d'un système..., celui de réduire ses coûts, et donc d’augmenter sa marge de profitabilité. L’énergie est une matière première à gérer et un centre de coût à maîtriser. Les secteurs les plus énergivores (cimenteries, aciéries, raffinageEnsemble des opérations industrielles permettant d'élaborer divers produits pétroliers (gaz, essences, fiouls, bitumes…) à partir de pétroles bruts. , pétrochimieLa pétrochimie est la chimie des dérivés du pétrole. Elle permet la fabrication de nombreux produits de notre environnement quotidien. ) ont été les premiers à investir dans l’efficacité énergétique. En raison de l’augmentation des prix de l’énergie, tous les secteurs se sont aujourd’hui investis dans cette recherche d’efficacité. 

Favoriser l’amélioration continue

Un industriel désireux de réduire sa consommation énergétique a trois options à sa disposition :

  • construire une nouvelle usine avec les technologies d’aujourd’hui ; c’est le plus efficace mais cela implique un investissement évidemment très lourd ;
  • remplacer ou modifier tous les 3 ou 4 ans, lors des opérations régulières de maintenance, les unités les plus consommatrices de l’usine ;
  • optimiser en continu ses opérations. Il est possible de faire de l’ordre de 1 à 2 % de progrès d’efficacité énergétique chaque année. Ce principe d’amélioration continue est souvent privilégié, car il est moins gourmand en capitaux et parce qu’on ne peut identifier, une fois pour toutes, la configuration idéale. Il est toujours possible de gagner en efficacité, notamment grâce aux briques technologiques développées par la recherche.

L’écologie industrielle

L’écologie industrielle cherche à organiser les interactions au sein de groupes d’entreprises, de filières, de régions, à l’image des écosystèmes naturels. Le système industriel est considéré dans son ensemble, avec ses flux entrants et sortants de matière, d'énergie et d'information, où tout s’échange et où le minimum se perd. L’écologie industrielle encourage alors une étroite coopération des entreprises (échanges d'informations, transferts d’énergie et d’eau, recyclage des déchets, mutualisation des services, voire des équipes...).

Le secteur industriel consomme moins d’énergie que l’habitat ou les transports.

En France, un exemple souvent cité est celui du bassin de Dunkerque où plus de 200 entreprises sont associées sur divers projets. Les gaz inutilisés dans l’activité sidérurgique de Sollac sont par exemple réutilisés pour produire de l’électricité et de la chaleurAujourd'hui, en thermodynamique statistique, la chaleur désigne un transfert d'agitation thermique des particules composant la matière... qui alimentent le réseau urbain dunkerquois2. Dans le monde, un exemple célèbre est celui de Kalundborg au Danemark3.

Mieux gérer la chaleur 

Une bonne gestion de la chaleur joue un rôle essentiel. (Voir le dossier : « Mieux utiliser la chaleur »).

L’intégration thermique consiste à concevoir des chaînes de production où l’on peut transférer l’énergie calorifique d’un point de la chaîne où elle est inutile, vers un autre point où elle est réemployée.

La récupération des chaleurs perdues, dites fatales, constitue un gisementUn gisement est une accumulation de matière première (pétrole, gaz, charbon, uranium, minerai métallique, substance utile…)... très important d’énergie, notamment dans les industries des métaux, du verre, du ciment, du raffinage ou dans les centrales nucléaires. Dans toutes les installations, il est possible de transformer en énergie ce qui est souvent considéré comme un déchet ou un sous-produit fatal : eaux usées, déchets divers, matières organiques, déperditions de vapeur.

L’éco-conception

En ce qui concerne la fabrication de produits, l’éco-conception est une démarche qui consiste à prendre en compte les enjeux énergétiques et environnementaux à toutes les étapes de la vie d’un produit ou d’un service : fabrication, distribution, utilisation, valorisation finale, notamment par le recyclage.  Cette « analyse du cycle de vie » est encadrée par des normes (normalisation internationale ISO développée à partir de 1994). (Voir le décryptage : « Consommation : l’affichage carbone et environnemental »)

 

Sources :

(1) Toute l'Europe

(2) ECOPAL

(3) Interview de Jorgen Christensen